Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior> [Hrsg.]; Callistratus <Sophista> [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

Seite: 276
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276 V E N V s

Pà'VSANIAS.

AlbRi cvs.

LVc I AN.
Description
de Venus
Gniclienne.

sorte & rude tourmente> quc le Patrm des marimers ne fcauoitplus ou ils eftoient. Au moycn dequoy chacun
recourutaux oraïsons enuers la Deejse, laquelle meue de leursfrieres> aufti qu'eltc auoit accouftuméÂestresa-
norahle aux Naucratiens, conuertitfoudain tout ce qui estoit aupres d'e/le en de heaux Myrtes verdoyans> &
remplit la harque d’vne fo'üesue & sragrante odcur :preferua quand&quandde danger tout ce quiyeftoit.
Dont Heroftrate eftant arriué enfinpays defdia cette image au tewple de Venus.auectcs Myrtes qui s'eftoient
apparussifoudatn. Et ayantconuié a vn hanqnet fes amü> les couronna du mefmèMyrte ; tellement que de-
puis l’on auroitappettécette manieredechapcau, Naucraùqne. A ce mcsme propos, les Histoires de
Saxc portcnt>qùity fouloitauoir'Vneftatue dela mefme Deeffe>touie nuè dansvn heau chariot,attelé
de deux cignes & autant de colomhes > couronnée de Myrte, ayant vn ssamheau aïrdant entre les deux mam+
meltes: enla main droitte leglohe duMonde > en lagauche troispommes d’or: & à fes espanlesles trois Gra~
ces nnès austi> s’entrctenanspartes snains en vn rond> auec dcspommes ès mains,& tesvsagesretournez*
tout au rchours l’vne delèautre. Ce quiconuient à lafaçonde son effigie, qui estoit selon qu’il
suit puis-apres au texte du present tableau, saitedeplustieurs ÿiecesdjuoirelointes enfemhle. Pau-
sanias à ce propos és Eliaques, dit cecy d’vne statuë de Venus sarnommée celeste. der-
rierede la portique qui fut hastïe emprès le rnarchè des Eléens> du hntin & desiouilles apportèes autresois
de Corfou> fe void le temptede Venus> auec vn hosquct non gueres loing feparéd’iceluy> àuquel eft l’cffîgie
de la Dcejfe, partie sitite d’yuoire, partie d’or> de ta proprc main de i’excdlcnt ouurier Phidius: ayantïvrt
dcspieds plantèJur vne tortuè. cMu dedansde ce bosquetdà> qut est enuironnè d’vne forte hayeviue ftur
vnpiedestal cft vne autre image de Vemts à cheual fur vn houc de Bronae ,• ouurage de Scopas> laquelie ort
nomme Pandemon> ou lapopulaire. Surquoy il s’expliquevn peu mieux dans les Bœotiques, oà
il dit. Lcsftattiès de Venus à Thebes font tenuèspour fiantiques> qu’on pense que ce Joient celtes mefines
qùojsrit& desdia Harmonie, qui les ftt saire du hois des vaïffeanx de Cadmus, fin rnary. Elle leurdonna
quand &quand à chacunedcstrois finpropre nom. lapremicreVranie ou Celeste ,à cauft de sion chaste
& pudique amour> ahhorrant de toute compagnie charnelie : i’antre Panderne; vulgaire & communc> què
tend aux œuuresde la chair: la troisiesinc vApoftrophie> comme diucrtijsante le genre hnmain de l’orde&
vilaine conctipifcence> & des ejsecis d’icelle> contre les loix de nature. Albricvs au trai&é des
Images des Dieux,ladepeint en cette sorte. Vnc sort helle creature toute nùè depms lespïeds iuf-
qn’à ta tefte, nagcantc cn la mcr > qui ticnt en sa main droite vne coquitie : te ches tout ornéde houquets de
rofes hlanches& incarnates> &àl’entcur d’elle force colomhes votctantes> qui s accompagnent. Vulcan est
là aupres à fa rnain droite > d’vne mine ruftique & dijforme > à qui elle eft constgncepour fion eJJoufe : & à
l’autre coftè trois hellcs damoiselics nùês ausii> & debout >comme pourluy faire feruice : ce font les trois Gra-
ces>dont les deuxont la sace tournèe en fà dcuers nous > la troisiefine efttoutau rebours> monstrantle dosa
Cupidon quand & quand luy asiîste son hien-aimè sils >aueugle & empennè d’aijles > tirant contre t_Apol-
lon sorce cotips de sicfchesqùil tient enlamain auec t’arc : dequoy tesDieux s’indignans contre luy >il s’cn~
fuit de la peurqùil a>pourfe mcttre àgaranâ entre lcs hras de Mars, aueclcquel fa mere a fortpriuèe ac-
cointance.

M a i s à quel propos s*arrestcr dauantage apres cettc menuaille,quc nous nc donnons plusà
tost de pleine arriuée à ce qui est le plus rare èc exquis ? Car deux chefs-d’œuure touchant ce
subjet se racontent, tres-memorables sur tous ceux qui oncques furent. L’vn de plate-pein-
ture, l’autre de plein-relief : à sçauoir la tant renommée Venus d’Apelles sortantde lamer, &:
pour cette raison appellée adctJboftfir > ôc la statuë de la mesme Deeste, faite de marbre Parica
parle tres-excellent sculpteur Praxiteles,laquelieencore pourlciourd’huy, selon au moins
le bruit commun, est toute entiere à Rome,dans le iardin de Bel-veder>• & de bronze cn ceux de
Fontaine-bleau,faiteictter lur l’antiqueen moule,pariegtand Roy François premierde
ce nom,pere 8c restaurateur des bonnes lettres. La peinte s’estant perduë 8c consumée par l’in-
iure Sc longueur du temps, comme sontausti toutes les autres de l’ancien heureux siecle, &:les
statuës exposées aux mesmes accidens &c dangers, tantde belles &:precieuses besongnes se-
roient peries dedans l’immortel gouphre de l’oubliancc,sans nous en rester plus autre marquc,
reliqua, ne vestigc, si ce n’estoient les laborieux escrits des gens do&es, qui ont pris peine èc se
lont parforcez d’eterniser à la posterité, ce que l’impitoyable deuorateur dc toutes choses luy
eust peu engîoutir &c estcindre. Ainsi qu’a fait nostre Autheur de tant de tableaux, Sc Lucian
de cette admirable effigie,auec toutesses appartenances&: dependances, lors qu’elle estoit en
sa pius grande vogue Ôc credit en la cité de Gnidos; où si grandnombre de peuple est autrefois
abordé de tousles endroits de latCrre expressementpourlavoir,plustostque pardeuotion.
Car quelle deuotion croyoit-on pouuoir estre en vne chose si mondaine &c lasciue ? Luciait
doncques la descrit ainsi au Dialogue des Amours.

D e l a premiere entrèe du hoficage > foudain notss nous fentïsmes ie ne feay comment halcnez d’vn
doux & Joiief vent Vènerien ,• car cette ferenitè & lumicre celefte ne Je venoit pas accueiltir en vn ter-
roùcr du tout fterile & pierreux, ains eftoit, ( commc pour vn fi sainB-heureux lien que te tempte de U
Dcejfe d’Amour) tres-fertilement reucftu de heaux arbres fiuictiers ,• qui de leurs verdoyans &fueillm ra-
meaux ejjanchez cà & là au iomg > Imhrijfikrttpnsqnc i’air dc coftè & d’autre: & te OlEyrte tousu

prouenant
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