Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior>   [Hrsg.]; Callistratus <Sophista>   [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas   [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

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ARRICHION.

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iour blesse à l’escrime des coups de poings, outre ies loix des sacrez combats, il fuc condamne
en douze cens escus d’amende ; dont de despit îl ne voulut és deux Olympiades subsequentes
venir sur les rangs: cequi donna moyenà Euthymusd’ernporterla vidoire. Cettui-cy toutes*
fois ne l-aiisoitpas d’estrcvn tres-valeureuxChampion,&: degrand cœur 6c entreprise, comme
il Ie monstraassez en vne telle occasion.Le bruit commun porce,que Troye ayanteflé destrui-
te par les Grecs, Vlysses fut pousse par fortunede mer en diuers endroits çà 6c là: 6c entr’autres
en la ville de Themesse en Italiessà où i’vn de ses gens ayant pris vne ieune filie à force les ha-
bitansse ietterentdessiis, &; i’assbmmerentàcoups de pierre. Vlysses dessoeea de làsans faire
autre deuoir au defFun(fl}respritduquelfitdelà en auant sans cesse ny intertnission aucune
beaucoup de maux& outrages en la contréessusques à mettre les personnes à mort,& se ietter
à tous propos sur ceux qu il trouuoittantsoitpeu à l’escart. Mais finalement comme le peupie
fust sur le poind de quitter le pays, la Prophetisse d’Apollon ordonna de dedier à cét Heroë
vnsacrébosquetauecquesvntemple,&touslesans luyexposerla plus belle fille vicrge qui
fust en Themesse.Celaaccomply Fesprit s’appaisa sans lesplus molester.Quelque temps apre«
Euthymusestantdauanturearriuéencesquartiers-là, lorsqu’on venoit deliurer lafille,euc
enuie de voir ce mystere, & s’enferma dans le temple auecques elle pour la picié qu’il eneut*
aussi qu’elle luy promit & iura de le prendre à mary, s’il la pouuoit garantir de ce danger. Ce
qu’il fit; car ayant de nuid longuement combatu contre l’esprit,&: iceluy vaincu à la fin, il s’e£
uanouyt,& se submergea en la mer,que depuis il n’enfutnouuelles;& Euthymus espousa lafiL
le, duquel Pline liurey.chapitre qy.parle encettesorte : Consecmmestviuw.fentitnjqueoraculi
eiusdem iujfu,& Iouis Deorumjummi aftipulatu Eutbymus Piffafèmper Olympia ruicior& femelvicim. Pa-
tria ei hocri in Itaüa: ibiimaginem eiw,&c. Mais ceseroit s’engoulpher en vne mer sans riuage, qui
voudroit parcourirtous lesbeauxfai&s de ces valeureuxChampions; parquoy ilest temps de
venirau tableau.

V o v s eftes arriuez, aux ieux Olympiques, & à cequïJejaisoit deplw beau en Folympie. Strabon(ce
me semble ) au 8. liure, descrit ce lieu en la sorte.

Av territoire de Piséey a vnfemple distant de quelques dix lieues de l’Elide, & au deuant Stradon.
d'iceluy vn petit bois d’Oliuierssauuages, auecques des IJfes tout contre. La riuiere d’i^dlphéepajse le longja-
quelle venant d’Arcadie,s’en va rendreftnalement en la mer Tripbyliaque, entre Midy & Soleilcouchant. Or
L’Olympie commencapremierement d'auoir bruitpourles Oracles que IupiterOlympien y rendoit. Mais apres
moir duré longuement, &pris sin aufti bien que les autres, qui de main en main en ont sait tout de mejmep
letemple ne laijsa paspour cela de contimer en fa reputation accoustumée :&si vint encores a en auoir da~
nantagepourraisôndelaftlemnelleajfembléequife saisoitla de tottslesendroitsdelaGrece, aubout de cba-
que cinquantiejme mois ,pour voir les ieux deprix & sacrez, combats, qui estoient temcspour lesplus grands
de tow autres: aufti les vainqueurs estoient couronnez, sort magnistquement. Au temple y auoit insinies
richejses ,prouenans des dons & ojftandes qui s’y saifeient detous les endroits de la Grece i & entr’au-
tres vœux vn Iupiterd’ormajùs, que Cypfilus feignturde Corinthey auoit donné. Plus ce tant admirable
ColoJJe d’or& d’yuoire, sait de la main dufeuueram ouurier Pbidtas Athemen, sils de charminus > de hau-
teur telle, qu’encores que le temple soït merueilleufimentgrand& fort efleué, il jèmbk toutessocs que Phi-
dius sutbien aduiséd’auoir fait cette ftatue astise envnthrosne > car nonobstant tout cela ,la tefte arriuebien
prés de la voute, de forte quesi elle venoita fe drejfierdebout, elleperceroitle comble à trauers. Et neantmoins
envne ftdejmefùréemajse,iln’y arienqtùnefoit tres-exacLement recherché, iujques aux moindres enri-
chijsemens.

Arrichion quitrejpajsaenlaviftoireeftcouronné.IIsemblequecemotcyd’Arrichionsoic
deriué de apstxroç, inuwcible,serme, robufte,&inexpugnable. Etaureste, ourre ce Creugas men-
tionné en Pargument du present tableau,Ælianau neufiestne hure dela Diuerse Histoire par-
lc d’vn autre Champion natisde Crotonejeqnel ayant vaincu és teux folemnels de l’Olympie, ainst qu’il s’en
alloitdeuers les lugespouresi-e couronné Juiuant la couftume, tomba roide mort deuant eux ,des coups qu’il
auoit receus au combat. Et Pausaniasés Laconiques fait mention d’vn Pentathleappelle Æne-
tusjlequelauoitpareülementgaignéleprix, &desiareceuiechapeau de la main des Iuges»
mais il expira tout à l’heure. De maniere que ces esbatemens estoient quelquefois bien rudes 6c
dangereux. Quant à la couronne,elle estoit, comme nous auons dessaditcy dessus, d’Oliuier
sauuage, dequoy ily a vn fort beau trai&enl’Vranie d’Herodote. Là où Xerxes ,lors qu’ilamena Herodots-
cettegrojsie nuée deplus de deux millions d’hommes fur les bras de ja Grece,& quily auoit desiapnspicd, s’en-
querantde ceux quise venoientrendre àluy,quefaïfoientles Grecs à celle heure : ils luy sirent rejjonfe qu’ils
estoientapres à celt brer les Olympies, & regarder lepajfe-ternps de ceux qui y combatoient. CMais quel loyer
(demanda-illors) ontceux qaivawquent î Vne courome d’Oliuier, Sire, ( cevont-ilsrejpondn ) & rien au-
trecbefe que la reputationquileurendemeure. 0 Dieaxsteficria àdefiùsTritatechmessils d*Artabanus)con-
tre queliesgens nous as-tu amenez, Mardrnie,qui ne combatentpaspour l’argent,ne pour les richcjsfs ,maisseu-
lementpourlavntuà£x Plutarque és Symposiaques z.5.6c en lavie de Lycurgus,ditqüe ceuxqui
auoient vne fois esté ainsi couronnez, cobatoietit de là en auant tousiours auprés de la person-

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