Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior> [Hrsg.]; Callistratus <Sophista> [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

Seite: 356
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P A N T H E E.

plus mignons 5C plaisans|car pour raison de la douleur, elle n a rien changé
de sa beauté, comme ceïlequi ne monstre dauoir esté touchéede malau-
cunencet endroit: au contraire elleest decedéetoute ioyeuse ôtconten-
te, puis quelle meurt de son bon gré. Defaiû, elle sen va non commela
femme de Protefîlaüs, enlequipage dVne insenséesemblableauxBacchan-
tes : ny comme celle de Capaneus 3 qu’on enleua du sacrifice 3 mais garde sa

beauté non fardée, tout ainfî qu'elle souloit estre du viuant d’Abradatas:
&C semporte auecques soy : espandant au long des espaules sa cheueleure
ainfî brune &C efpoisse j &C monstrant au deisousvn col plusblailc qualba-
stre 5 lequel elle a bien de vray deschiré > toutesfois non en sorte qu il en soic

demeuré enlaidy ne difforme : car voyez combien delicates sont peintes les
marquesdesongles. Lmcarnat mesmequi souloit assisteraux ioües,oùIa
beauté l’imprimoit & Ia vergôngneuse crainte^n’abandonne point ladef-
funâre. Voyez outre-plus ses narines, qui nonobstant qu elles soient vn
peu retirées, ne laissent pas dedonnervne agreable proportion aunez, &C
luy seruir comme de pied-destal: duquel,àguisededeuxpetitsrameaux
courbes,sespandentau bas du frontblanc &poly5dessourcilsnoirscom-
me Ebene. Mais ne nous arrestons pas aux yeux, ne pour leur grandeur, ne
pour estre ainfî noirs; plustost prenons garde combiende sens &C de pru-
dencey est enclose : voire de quantes 6C de quelles perfe6iions, 6c dons de
grace ils furent imbeuz: piteusement certes affligez pour cette heure, SC
neantmoins non encores priuez delaviuacitéqu’ilssouloient auoir:auda-
cieux aucunement,mais plustost dedans les termes de raison,que d’inso-
lence &C temerité : &C combien qu îls sentr entendent auecques la mort, si né
sont-ils du toüt expirez pourtant:fîfortarrousezaurestedVnseruiableSc
amoureux defîr, qu*ils le degoutent tout apertement. Cupidon quand &C
quand est peint en cette histoire : SC la Lydie aussi, laquelle comme vous

pouuez voir, reçoit le sang dedaiis son giron doré.

ANNOTATION,

E v res ent tableau ess: pris la plus grande part de laCyropedie deXenô-
phonjdont nousamenerons cy-apres le lieu entier, tant pour rexquiseelegan-
ce dontcela est elabouré,pathetiquemcnt au polhble,pourtirer lescœursdes
escoutans à vne compassîcn pitoyable de l’accident &: infortune de ces deux
pauuresieunesgens, quieurent sipeude moyen deiouyrde leurs tant honne-
stes &: legitimes amoursj que pourvne plus grande elucidationde cette pein-

ture, qui ne fait que sommairement passer par dessus les poinds principaux de saffaire, lequel
elle taschede nous representer auvif. Mais auantqued’envenirlà,ilnefautpasoutre-pas-
ser cctte maniere icy de parler, sans dire là-dessus quelque chose : dtpccjufyj dytiv rè, é ai-

p«v. Laijsons cmmcner& emportertoutccla aux Perfts. Les Latins disent, Agere &serre, qui efl: vne
espece de prouerbe, quand on veut exprimer le total saccagement de quelqueville oupays,
où l’onnclaisse rien que laterre. Homereau y.de l’Iliade,introduisant Sarpedonquianime
Hedoraucombat, commeceluyàquilaffairetouchedessprés.
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