Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior>   [Hrsg.]; Callistratus <Sophista>   [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas   [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

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A V BERCEAV.

d’horreur, suiuant ce qui a eiïé cy-deuant amené du 33. de Iob : Inhorrore visiomsnoBwnœ. Elle:
deuoit donc estre icy reprcsentée, mais l’Authcur le laisse à penser aux autres en forme de
quelque vieilie dagorne chassieuse,borgneJ&: demy aueugle,ayant de grandes aisses d’vn inde
obicur, ielon le Poëte Maniie : Etmentita ckern, nigrasnox contrahit alas, iemées d’estoiles, auec
vncroiüànt, haue &seicheaureste,quantàsacharneure, maislaroupicluypendant au nez
Eoute moittc&surbaignée d’humiditez&de sereins, enfumée, brune &: termc, enueloppée
d’vne mallotruë houppelande de treillisnoir,&: elle more tout àfait, comme l’insere ceste de-
scription du coflre de Cypsele és Eliaques de Pausanias : En l’autre sace ily auoitvnestmme en-
taillee a demy boJJe,fortant en fa main droicie haut efeuée/un enfantde blanche charneure endormy: & de la
gaucheen tcnoitvn autre notrayair d’vnEtbiopien, lequelmonsiroitdefommeiller, tous deuxayans lesiam-
hcs tortués : les injcnytionsles declaroient essre ,& qnandbieml n’y eust point eu d'efcriture, on n’eusspas
laiscde l’imaginer, que ceftoient le fimmetl,&lamort, dontla nuiklestmerenourrijse, à l’imitation de-
quoy Staceau 10. desaThebaïde,auroitmislanui£tpourledormir: Taliavociseransnoffemex-
turbabat. Mais Catulle plusproprementlciourpourla vic, & lanuidpourlamort.

Nobücumsimel occtdcrit breuis lux,

Noxesi omnibus vna dormienda.

Et Virgileapresluy auio.de l’Eneide,Inaternamclaudüturluminanossem. LemesmePausanias
és Attiques met que la nuid auoit vnT emple appellé du deuinemët,à cause que lcs reuelations
se font mieux la nui£t,où les esprits sont plus recueiilis, mesmemét à l’obscurité,&: en dormât^
&selon le Philosophe Straton, pluspenecrans &esueillezàappeter lacognoissance, quenon
pas de iour à la lumiere du Soleil qui les dissipe & escarte, parquoy on auroit appellé la nuid
sage &: prudëte selon Phurnute,& le Poëce Epicharme,qui disoit les cogications de la
nuid cstre plus studieuses & apprehéiiues que celles du iour. Et Plutarque au 8. des Sympossa-
ques quest.3. dispute forc dodemëtjl’air de lanuidestre plusposé,tranquiile & moins bruyant
tempestatif, que celuy duiour, tant à cause que toutes choses sont lors en vn coy repos & sile-
ce,dont la voix se peut enuoyer plus entiere,& trop moins entre-rompuë & affoiblie ànos sen*=>
dmens, que pour le bruit que charrie ordinairementaucc soy le Soleil,qui à son apparoissance
temuë, excite & resueille de nouueau iusques aux moindres choses, à cause que l’air où se for~
mc ia voix est lors plus agité & esmeu dcs rays du Soleil, que non pas en l’absence d’iceux, se-
lon mesme Anaxagoras, auec aütresraisons qu'il deduit là: car côme dit Democritesse Soleil
messant les adions des hommes qui sont appellez de luy à nouucau trauaisauec sa lumiere,par
consequent tant plus fort il debilice les meditations, àquoy l’obscurité est plus propre queies
tenebres, ce que Nostradame n’apasignoré enses Quatrains centuriez:

Estant afiis de nuist fecret ejhtde
Seul reposé fur la felle d’airain,

Flambe exigué Jortant de filitude,

Fait proferer qui ricft a croire en vain.

Et pourtant les Egiises sont communement sombres & obscures} afin que par ce moyen la,
pensée soit plus tenduë à vne deuote & profonde contemplation. Non seulement doncques
ondressoitdurantle tempsdu PaganismedesTemples à la nuid, ainssqu’aux autres Deitez,
mais Athenée raconte qu’Anthioque Epiphanée luy fit par mesme moyen dresser des images,
cnsembleauiour, &aumidy, car Chrysippe au 3.deses questionsnaturellesluy attribuoit vn
corps: & Ouide és Fastes dit qu’on luy sacrifioit vn coq, pource qu’ü annonce le iour qui
chasse la nui£t, & la depossede de nostre hemisphere,

Nosse Bex noliis crstatus cxditurales,

JJuod tepidum vigilprouocet ore diem.

Stace au 1. de sa Theba'ïde,où il luy addresse vn hymne, dit que c’estoient des vidimes noires
qu’on luy immoloit, conformément à sa couleur noire.

- Nigrastibi nigra litabunt
Eleftits ceruice greges, luftralidque exta,

Mais la nuid n’est aucre chose en efled que Tombre de la terrc qui nous priue de la lumiere dil
Soleiscomme metPline liurez.chap.io. apresEmpedocle,& Speusippe,&Ciceronau z.dc
la nature desDieux, Ip/a vmbra terrx foh cssictens noctem esficit : làou parcemot d’offtciens nui-
sant, il fait allusion à l’ethimologie de nox qu’on deriue de noceo. C’est pourquoy Heraclite
souloit dire que s’il n’y auoit point de Soleil, il n’y auroit par consequent point de nui£t,parc©
quelalumiere dont lasource est le Soleil, par l’interposscion d'vncorpsopaque commeestla
terrc causant l’ombre, l’obscurité en vient aussi : aumoyen dequoy les Postes auroient feint la
nuid estre la filie de la terre, &: la mere des Parques ou destinées, à cause de leur obscurité.
Ainsi lanui£t par le moyen de ses tenebres nous priue non seülement du bien & contentement
de ceste belleiumicre du iour, dont rien nc peut estre de plüs agreable à l’homme, ains de la
moitié presque de touces nos ioyes& plaisirs,si nous-nous en voulÔs rapporter au mesme P line
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