Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior>   [Hrsg.]; Callistratus <Sophista>   [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas   [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

Seite: 639
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S O P H O C L E.

V e differes-tu, ô diuin Sophocle, de receuoir
icylesdons delaMuseMelpomené, Ny pour-
quoy baisses-tuainsi lesyeuxverslaterre? Cer- ,
tes^ ie ne sçay bonnement qu en penser, si ce
n estou que tumedites à part-toy aucunebelie
fantasie, ou que tu sbis cdmme esbloiiy de la
presence de ceste Deesse. Mais r asseure-toy, ô
gentii Sophocle, ô£ accepte ce qsson te donne:

Car tü as peu apprendre d’vn des plus fauo-
ris nourrissons de Cailiopé, Oue les dons des IIiaa** ;
Dieux ne fedoiuent point reietter. Et voids-tu pas bien comme ces gayes
mouches à miel volletent tout autour de toy, &bourdonnent ie ne sçay
quoy demelodieux & diuin, t arroulàns des secrettes inuisibles gouttes de
ieurparticuliereliqueur?Defaid:quelquVnviendra sexclamerdetoy tost
apresquecestemeliissuëdoucêur se recueilliraprincipaiementde tes poë-
siès, t appeliant 1 agreable sseurondesMuses à toy propices 5c fauorables :
Etperiuadera aisémentà vn autre qu’il sc donne garde que ssauenture i’vne
desesauettesnefe ietteàladesrobéehorsde tabouche pourle venir piquer
a 1 improuiste. Car tu vois bien ceste Deesse ayant ie ne sçay quoy de graue
&subiimeimprimé dedans iàpenséeaiendroitde toyàceste heure, &qui
cl vn gracieux sous-rire monstre de t"en vouloir faire vn present. Ceiuy qui
est icy aupres au reste, est à mon aduis? Esculape, lequel finuite descrire
qucîque bel hymneà ApoIIon: carcet excellent Conièillcr nedesdaignera
point de t oiiyr : aussl la majesté de sà fàcemessée dVnegaye serenité denote
assez la familiere accointance qui doit estre bien-tost entre vous.

ANNOTATION,

O vt ie contexte du present tabieau ne bat que pour exprimes iafecondîté&
douceurdesdiuinsercrits de Sophocle, qui pour ceste occahon fut desGrecs
surnommé mouchc à miei, & jutAifêotç, mielîé, oudoux commemiel s

Philostrate lercprcsentant icy par vn singuîier & tres-deiicat artihceï Comme (1
sa teste cusl seruy de ruche, ou les auettes voltigeoient autourde sa bouche qui
cn estoit i’entrce5&y cspandoient leursuaue liqueursur sesleures". Comme ondisoit qu’en
celies de Pericîes soncontemporain resldoit laDeesse Pytho oupersuasion. Etpourtât a esté
choilie icy Melpomené entre ies autres Muses, qui luy veut faire des presens, pour raffînité
quc ce mot de fjÀXi y a, à quoy il sembîe vouloir faireailuhon, nonobstâc qu’ii vienne de sÀA-
7jvpcis, chanter, pource qu’eiie fut inuentrice dcs Odes & chansons : C’est ponrquoy on feint
ies Sereinesestrefillesde Meîpomené, àcausedeieursdoux chants,&de laTragedie, selon
mesme cetEpigramme des Muses quonattribuë àVirgile , Mehomcne tragicoproclamatmæsia
boatu. Outre-plus comme escrit Pausanias en ses Bœotiqucs, aucuns ne mettoient que trois
Muses filies d’Aioens, Meiite, Mnimé,& Aoede:, dont la premiere pourroit venir du micl, ou
de /^As^,cure,soinsmeditation,corame tasche Fulgece detirer rcthimologicde cemotMei-
pomené,quasi /u,îXzrluu Ticio/ufyjr, faisant la meditation, parce qu’en premier lieu, ce dic~iî, est lcf
vouloir, en apreslé desir, &tiercemenr, ce qu’on veut & desire, il le fautpoursuiure & mettr#
à effe(st:par meditation: Cequise conforme aucunementàcequi suit puis-apres au tableauj:
CejleDsejfe ayant ie nefçay quoy degraue (Jfubûme imprimé dedansfapensée. Mais cc qui fait ie plus à
cepropos,est ceque Porphyre cite de Sophocle, lequel accomparelesamesdesdefundsàvn
estaimde mouchesàmielqui bourdonnent&murmurenc indistindement: Caronappelloiç
ics Must«Nymphes, &lcsNyraphes Meiistes, comme o&lles qui causcnt lavolupté cn nous*

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