Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior>   [Hrsg.]; Callistratus <Sophista>   [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas   [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

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66% LES HEROIQVES.

ainsi quevous estes recommandez en cela, l’on vous taxe en recompense
d’estre autrafic de grandsArabes6Ccoursaires,tres-a6i:ifs ingenieuxapres
ie denicr, pour lequel vous escorcheriez volontiers les personnes. Pheni-
cien. Et vous, messieurs les Vignerons, n’aimez-vous pas aussi l’argent, pas-
sans le cours de vostrevieàestrecontinuellemcntdanslesvignes,àguetter
par-aduanture si quelque passant singerera d’y cueillir quelque pauure petit
grapillonauorté, pour iequelvousne ferez point de conscience dele ran-
çonner d’vne realc:car c’est le taux que vous y mettez. Puis quand vous por-
tez en pi;esent quelque peu de moust à la ville, n’exigez-vous rien de cela, ou
? bien quelque bouteille de bon vin vieil odoriferant, que vousaurez, àvostre
Homcre au 9, dire, enfoüy longuement sous terre, comme souloit faire Maron ? Vigneron*
6 Certes si en quelqueendroitdumondeil y ades Cyclopes queIaterrenour-
rissTe, comme lon dit, sans rien faire, ne semans ny ne plantans rien3 il y a bien
apparence que tout doiue là demeurer sans garde, soient les despouïlles SC
fruids de Ceres, soient ceux de Bacchus, &c que rien qui soit ne ly Vende dô
ce que Ie territoire produit > ains que le tout soit exposé en commun, gratis
comme en vn marché sans payer : mais ou il efi question de semer, labourer*
anter5& cultiuer les terres, tantost d vne façon, puis d’vne autre,seIonles sai-
sonsopportunes,làilest besoindacheter S£ vendre. Demanierequelagri-
cultureabesoin dargent3sanslequel vous ne sçauriez entretenir,ny vnla-
boureur, ny vn vigneron, ny vn passtre aussi peu pour garder vostre bestial.
Et ne sçauriez pas mesme auoir vn gobelet ou tasse pour boire, ou faire vos
essfusionsaux Dieux. Nydetout cequiest leplusdelcxftableenlaviecham-
pestre,faire vos vandanges sans pay er les manouuriers qui y trauaillent. Bref
que lans cela on demeureroit oisif Së inutile, tout ainsi que quelque peintu-
re. Cecy doncques, mon bel amy, soit dit de vous à moy, entant que touche
en general le faiâ: du labouragesicdes laboureurs : mais pour monregard
en particulier, les choses doiuent aller auecques vne plus equitable conside-
ration,carie ne trafiquepoint auecques lesmarchands, 6L nesçay quecest
de reales nyde testons,ainsacheptevn bœufauecques dufroment,6cvn
moutonauecquesdu vin -> Ô£semblables chosespar semblablespermutatiôs,
qui son t toute ma maniere dachepter &C de vendre,me contentant, selon ma
bassecondition,dedire SZouyr chosespetites. Phemcien.Vous me designez
icy vn marché SC trafique vrayemêt doré,& plustost d'Heroës que de com~
munshommes. Maisqueveut direce chien icy quitournoye ainsiautour
de mesiambes,& me caresse, se monstrât si doux &C benin? Vigneron. Ievous
declare par là macomplexion, &:comme nousnouscomportonsgracieu-
lement enuers les debonnaires qui abordent icy, despouïllez de toutcs mau-
uaifes intentionsde nousnuire: ne luy permettant pas seuiementde lesab-
horrer,ains de les receuoir doucement, siC s’humilier deuant eux. Phenicien.
Nous sera-il doncques loisible dentrer en cette vostre belle vign&Vigneron.
11 n y a rien qui vous sempesche, &C si il y a fqrce raisins. Phenicten. Et quoy,
decueillirdesfiguesaussi?/ 7/^^^. Etpourquoynon? Celademesme, car
ily-en a grande abondance : ie vous donneray encoresdes noix, Scdespom-
mes, &C infinis autres tels biens que i y recueille côme vne làuce de ma vignea

Pheniciai,
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