Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior> [Hrsg.]; Callistratus <Sophista> [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

Seite: 765
DOI Seite: Zitierlink: 
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/artus1629/0791
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
PALAMEDES. 765

qu il porte aux perlonnes, 6c îe desir qu'il a de les conseruer: Supplions
docques Apollon Lycien,&: le Phry xien autheur de fuitte?6c repousseur de
calamitez&de maux?queparsessagettes il luy pîaise d exterminer ce bestial
pernicieux, & aurestedestournelamaladieiurles chcures. Maisayonssoin
ausiff seigneurs Grecs, de nous-mesmes : car il est besoin à ceux qui veulent
euiterlapeste?d svserdedietce, &d ,vnexercice continuel. De moy, ie n’ay
pointestudiéenlamedecine, mais toutes chosesse comprennentpar la sa-
pience. Cela dit3 il fit ferrner les boucheries au camp des Grecs, & deffendit
qu on y vendist plus de chairs en sorte quelconque, ains quon se contentast
du manger communauxsoldats3reduisant larmée à de petitsmets detarti-
nages, &bignets, desallades, &autres herbes5 tant saüuagesquedomesth
ques, & semblables nourrissemens de legere digestion. Ce qui luy fut facile
d obtenir, car chacun luy obeïssoit, & portoit vne merueilleuse creance : ê£
tout ce qui partoit de sa bouche estoit pris commepour diuin, & procedant
de quelque oracle. De faidt la peste qisil auoit predite enuahit tout soudain
apreslesvillesde rHellesponte,ayantpris son commencemcnt, àceqmon
dit^duPont-Euxin, 6cde làsestoit venuespandredansTroye, maiselle ne
touchapasàvndesGrecs5encoresquilsie fussent campez envn territoire
fort subjed: à la maladie, &ceparlemoyendeladietce à eux prescrite par
Palamedes^&de Fexercicequil leurproposa encestemaniere: De tousles
vaisseaux qui estoient à l’anchre, il en choisit iusques à cent, sur lesquels ii
faiioit embarquer à tour de roolleles soldats, pour voguer à Penuy lesvns
des autrés,tantost à doubler le cap dextrement,sans froisser les auirons cotrc
lesrochersd'aîentoiir, nesyinuestir : tantostàallersaisirquelque prochain
port, plage ouriuage. Etpersiiada à Agamemnonde proposerdes recom-
penses,commeparformede jeuxde prix, àceuxqui rameroient plusdilî-
gemment. A cestecause d’vncœurioyeux,&dVn prompt vouloir,eomme
voyans bien que le tout ne tendoit qu'à la conseruation de leur sànté, ils
sVxercitoient volontiers, car il leur remonstroit que la terre sestant ainlî
corrompue &infe6iéeaccidentellementoutrefordinaire, lamerleurexha-
leroit vn air plus doux & saiubre. Pour toutes lesquelies choses, qui de-
monstroient assezsa grade sagesse, il receuoit aussi defort belles recompeses
desGrecs,tdlement quVlyssessestimoitestresansaucunhonneur ne cre-
dit: &àcesteoccasion tout cequilpouuoitmediterde fraude&malice,il
l’employoit contre Paîamedes. Prothesilaus racontoit encores,que lors que
Achilles senalla guerroyerles Isses5&les villes maritimes prochaines, il de-
mandaPalamedes pour compagnon en ceste entrçprise, parcequ’il com-
battoit&vaillainment&sagemét,làoù Achillessy mostroit trop plusin-
consideré &brutif,d autat que ceste hardie magnanimité qui luy haussoit le
courage,ie precipitoit bien souuent en plusieurs inconueniens & desordres,
parquoyilestoit bien aised’estresecondé en celadePalamedes,qui luyra-
moderoit sa boüillante impetuosité furieuse, &luy remostroklafaçon pîus
seurc dont il falloit ioüer des cousteaux, se monstrant en cela semblable à vn
qu’on auroit comis pour gouuerner vn genereux lyon, lequel tatost il miti-
ge,tâtost il encourage&éguillone. Et ne pratiquoit pas cela en luy mostrant
loading ...