Annales typographiques pour l'Allemagne — 2.1761 [VD18 90309960]

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ANNALES

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nouvelles tcrres dans le vaste pays des idees;
que la hberte de penser qui leur est propre. &
qui a ses avantages & ses inconveniens, fait sor-
tir la verite du choc des opinions j & quenfin,
de quelque facon qu’on en juge, il ne peut
qu’etre beau & utile de considerer, (nefüt-ce
que philosophiquemenr,) le disferent caractere
d’esprit quimprime aux Narions la disference
des meeurs , des coutumes, & du gouvernement.
C’est par ce commerce des esprits, c’est par
la communicarion reciproque des idees entre les
Nations qui pensent, c’est par l’echange de par
la comparaison de leurs rresors litteraires, qu’on
peut häter la marche de l’esprit humain ; com-
merce noble, avantageux pour tous ceux qui
le font, & dont l’efset ne peut etre que de ren-
dre les hommes plus eclaires & plus raisonna-
bles ; car c’est sourent taute de lumieres sür
leurs vrais intcrcts, que les hommes sont injus-
tes & mcchans.
Mais ne les connortront - ils jamais assez
pour ne plus employer le fer qu’ä fertiliser 1c
sein de la terre, cette mere commune des hom-
mes ! Les Peuples de l’Europe au moins ne se
regarderont-ils jamais comme freres ! ou, ti la
voix des passions etouffe celle de l’humanite, ne
voudront-ils jainais voir que la guerre la plus
heureuse est encore funeste; que le prix de la
victoire ne dedommage point de ce qu’il a coü-
te; & que le vainqueur ne recueille souvent
que le plaisir barbare d’avoir fait plus de mal
qu’il n'en a souffert! Je ne pretens point porter
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