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Le Grelot: journal illustré, politique et satirique — 6.1876

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6- ANNÉE. — N° 247.

25 CENTIMES.

DIMANCHE 2 JANVIER 1876

77,

RÉDACTION

r> berne-des-Petits-Champs

PARIS

ABONNEMENTS

°.nai1..........8Ir.

s« mois. ... 4

Trois mois. . . * '. " ', *
ÉDITION DE LUXE

n„ .....• • •» fr.

*n*vntoo.......,5 c.

ADRESSER

ktoei et mandats à M. Madré,
directeur-gérant.

ADMINISTRATION

77, r. Neuve-des-Petits-Champs

paris

ABONNEMENTS

Un an.......... 8 fr.

Six mois......... 4

Trois mois........ S

SUPPLÉMENT LITTÉRAIRE

Un an. . ........ S fr.

Un numéro....... » c.

ADRESSER

Lettres et mandats à M.
directeur-gérant.

Madré

FAITES VOTRE JEU, MESSIEURS !

RIEN NE VA PLUS!...

Grande revue des principaux faits de l'année, embellie des réflexions satiriques, philosophiques, politiques et
supercoquentieuses d'un prince éclairé de l'Orient, mais complètement dépourvue de couplets.
Les personnes qui regretteraient leur absence peuvent s'adresser à M. Çlairville.
maintenant, qu'on laisse entrer le monde.

Prologue

^sj-âpan, ancien fonctionnaire; un

inconnu.

environs i ^assft à deux heures du matin aux
attardé* 'a ^are ^u ^orc'> des promeneur*
""■w /« w c^ez eux> 'êS uns t°laleme/lt
n'en'énn "MIrfs parfiitement à jeun; la situation
Qetirs n ^ ^Uf>- Par te PafSaae de quelques vidan-
counlpiT Ieviennent chargés, en chantant un

ye *( ae Ltairville;
80r' d^1H marche découragé : par moments il
son nez ^ ^oc^e un P^1 centimètre et mesure

vestapan, Seul.

de pins qu'hier ,
ô mes

Ë ne

mon ne-6 ''ln cent'mèire de pins qu'hier,
aPpointpZ Sa"on8e de jour en jour; ô rues
à faire y ents Qu'êtes-vous devenus? Et rien
Une sôc"«s»£S *ae direz <ïU8 Je pourrais fonder
plus I n,! . flnancière, mais cela ne mord
■ vue devenir, ô mon Dieu!

ment enveî™6*11, un^nconnu> levisaqe soigneuse-
Nord. Vesîapa ^l™ avec }'réeaulion de la 9are du

Mons

Et

sieur !

Puis?

vestapan.

l inconnu.

vestapan.

Pournez-vouS (n'indiquer leTivôli-VauxhalI.

r . l'inconnu.
tonnais pas !

vestapan.

étrtniT'61116'je m'fcn Voulais. Sachez, noble
silûplepiéff?.Uvma qU-SUon n'était <i"»
™ide, me v
un bock?

e'iNCONNU

un

--------a raris vous n'a-

. Voulez.v.

ne suis -,
!Voi'ezplulôtma figure

h ne S*™"5 ^e«tae lâcher, maraudeur,
' pas un franger, je suis Cochinal,

VESTAPAN.

McSfl^b en conter à papa;

Pairn^i,- Udl' en conter à r.'
'Cochmat, négrillon de mon

tu

cœur, cesse

de manquer ainsi de confiance, dégoise-moi
la petite aventure, car. aussi vrai que le bud-
get n'a plus de douceurs pour mon cœur at-
tristé, je ne t'abandonnerai jamais.

l'inconnu.

Eh! bien soit, mais promets-moi le secret.

vestapan.

Je serai discret comme un journaliste.
l'inconnu.

J'aimerais mieu'i autre chose, mais enfin je
me contenterai de cela, d'ailleurs si tu dis un
mot je te coupe la tête (U sort de son para-
pluie un cimeterre gigantesque et fraîchement
aiguisé.) •

vestapan.

Pas de bêtises ! l'amour, et*vas-y de ton bo-
niment.

l'inconnu.

Tu vois tout bêtement devant toi l'illustre
Zanzibar, goûtez-en, goûtez-y, pendant que je
fais voyager en Europe un marchand de dattes
de mon pays, je viens seul voir ce qui se passe
ici. Chose bizarre, vous qui ne pouvez garder
un souverain vingt ans. sans !e flanquer à la
porte, vous avez pour les monarques étran-
ger? un amour effréné. L'an dernier, vous avez
bêlement jeté de l'argent par les rues pour re-
cevoir' le Sljah de Perse, arcs de triomphe,
feux d'artifice, représentations de gala, gran-
des eau* tout a marché; le Shah ravi faisait
des dettes chez vos fournisseurs et se nouris-
sait ici à l'œil ; vos journaux ne tarissaient pas
d'éloges si,r son compte. C'était à les enten-
dre un souverain éclairé qui venait étudier
votre civilisation pour en faire profitei' ses su-
jets, quand il parlait on trouvait ce qu'il disait
plein'de finesse; gardait-il le silence c'est
qu'il réfléchissait, et son œil alors trahissait
son génie en somme c'était...

vestapan.

Ali! ça mais, monarque au visage culoté,
tu me fais l'effet d'un vulgaire débineur!

zanzibar.

Sévère mais juste comme ton compatriote
Pet-de loup. Laisse-moi continuer. Vous avez
au risque de les enfumer fait voir au Shah les
merveilles de la galerie des antiques, tandis
que des cuirassiers 1 illuminaient avec des tor-
ches. C'était fort laid d'ailleurs, il n'y a que le

peuple le plus artiste du monde pour éclairer
ainsi des statues qui ont besoin de la pleine
lumière. Vous avez encsre conduit Nasd-er-
Eddin aux Invalides, i! a tripoté les reliques
de vos héros comme un singe qui jouerait avec
une noisette, bref vous l'avez traité comme il
ne vous traiterait certainement pas si vous
alliez dans son pays. Et qu'est-il arrivé?

Une fois rentré dans ses Etats il a fait cou-
per une certaine quantité de têtes, histoire de
n'en pas perdre l'habitude, puis il a déclaré
dans des lettres—que vous avez été assez
gâteux pour publier, — que rien dans son
voyage ne l'avait autant amusé que le Cirque.
Voilà tout ce qu'il avait compris, et vous l'a-
vez bien mérité. Pour moi c'est autre chose.

vestapan.

Ton langage est amer, mon cher jus de ré-
glisse, mais je t'écoute.

zanzibar.

Je ne veux pour rien au monde être reçu à
la gare par tous les préfets possibles ou im-
possibles, il me déplaît de ne pouvoir visiter
Paris sans être escorté par deux ou trois gen-
darmes plus ou moins gradés, je viens donc
seul pendant que mon marchand de datl-ss,
déjà nommé, voyage sous mon nom. Tu veux
m' accompagner, soif, tu. porteras mon para-
pluie mais souviens-toi que je neveux pas être
rasé. Prends ces cinquante centimes si tu es
pané et marchons. Où vas-lu me conduire?

vestapan.

L'Opéra ouvre ce soir si tu veux nous pren-
drons deux parterres et nous verrons la comé-
die. En route et au changement.

ACTE I. — SCENE Fe. '

le nouvel opéra.

( Les personnages les plus variés circulent sur
la place.)

gugusse.

Demandez la dernière place sur la balus-
trade des cinquièmes.

zanzibar.

Merci, mon ami.

gugusse.

Tu veux pas de ma place? en v'ià un de ris-
solé ! Faut-il qu'il en ait fumé de ces pipes
pour s'être culotté la trompette comme celà?

m. poiret, bourgeois convaincu.

N'oubliez pas, jeune homme, qse vous in-
sultez un hôte que la France s'honore de re-
cevoir.

gugusse.

la

Des blagues, c'est Cochinatl Demandez

zanzibar.

Voici un bien bel édifice. Mais expliquez-
moi pourquoi il a fallu tant d'années et d'ar-
gent pour le construire"

vestapan.

Suivez-moi, et comprenez si vous pouvez.
Quand on a commencé l'Opéra sur les plans
d'un architecte de beaucoup de talent, on a
commencé par reconnaître que le sol était
mauvais, l'eau venait de toutes parts, et il a
fallu d'abord dépenser une bonne somme à
dessécher le terrain. Premiers frais, première
perte de temps. On se mit au travail, mais
lentement, car l'argent manquait. Vint la
guerre, on arrêta pour tout de bon la con-
struction : on avait bien d'autres chiens à
fouetter. L'empire renversé, besosne impor-
tante, ob efl'aça du monument, on brisa tout
ce qui pouvait rappeler un régime odieux.
Les n et les aigles furent traités de la belle
façon.

zanzibar.

Mais il me semble que dans les dessins que
j'ai vus les aigles étaient une partie importante
de l'ornementation.

vestapan.

Possible, mais cela rappelait ie tyran.

zanzibar.

Peut-être eût-il été sage d'en moins abuser
lors de la construction?

VESTAPAN.

11 fallait flatter le pouvoir.

zanzibar.

Et on le flatta encore en détruisant tout.
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