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Le Grelot: journal illustré, politique et satirique — 6.1876

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LE GRELOT

PRIME GRATUITE

Toute personne de la province qui s'abon-
nera à un des journaux ci-après, par l'entre-
mise de M. Madré, directeur-gérant du Grelot,
77, rue Neuve-des-Petits-Champs, à Paris,
aura droit à un abonnement gratuit au jour-
nal le. GRELOT; savoir :

Pour un abonnement d'un an : 6 mois an GRÎ&OTi
— — de six mois : 3 mois >-:* .

—■ — de trois — i 1 mois l/ï —

L'abonnement à plusieurs journaux dou-
blera, triplera la durée de l'envoi gratuit du
GRELOT,







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Courrier de France,

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Événement.,........

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Gazette de France..

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Gaulois.............

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Journal des Débats..

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Illustration . f, .<.

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Moniteur universel.

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Opinion nationale...

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Paris-Journal. „.,.,.

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République française

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Revue ors Dkux-Moni>ss

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Siècle ■.......».••,.

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Soir. ..,............

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Union...............

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»

Les prix qui précèdent sont, bien entendu,
les prit fixé? par jes administrations de cha-
cun ils ces journaux.

LA SEMAINE

Il faut, avouer que la question d'Orient, si
elle n'était pas émaillée des pendaisons, des
viols et des égorgements delà Bulgarie, pré-
senterait des situations comiques bien au--
dessus de celles de la Délie Hélène.

Exemple :

L'Europe, semblable à un individu qui en
verrait deux autres se boxer jusqu'au fàng sans
rien dire, s'avise un beau matin dè'trouver
qu'il y'f a assez comiw cela.En conséquence,
elle prévient, par l'organe rie ses agents di-
plomatiques; la Sublime-Porte d'avaîrà mettre
un peu d'eau dans son vin.

Le Divan se rassemble et écoute, en fumant
d'immenses pipes, les propositions desdits
agents. S^^^^^m^Uvj^. . , '^"§,$ %j

— Voyons, murmurent doucement ceux-ci
à l'oreille des pachas somnolents, qu'est-ce
que vous diriez d'un petit armistice !

— Un armistice ?

— Oui.

— Eh bien ?

— Nous aimerions mieux la paix tout de
suite.

— Mais, vous savez bien, mes enfants,
qu'avant d'attaquer le gigot, on mange les
hors-d'eeuvre.

— Nous n'aimons pas les hors-d'œuvre, ici.

— Mais enfin...

— Nous sommes de braves gens qu'on ca-
lomnie... nous voulons la paix tout, de suite.

— Mais vous ne comprenez donc pas qu'il
est difficile de causer de la paix pendant que
vos bachï-BOUZOuks continuent à empaler avec
le plus grand soin les malheureux Bulgares et
à couper la.lête aux prisonniers Serbes.

— Des blagueurs de journaux!

— Farceurs, va I... enfin, oui ou non , vou-
h-z-vous un armistice ?

— Jamais !...

— Alors, la guerre va continuer.

— Ce sera votre faute.

— Ah 1 elle est bien bonne, celle-là !...

— C'est à prendre où a laisser.

- Alors, nous allons écrire eeia à nos gou-
\ nemenU.

_Ecrivez... et dites-leur bien que nous

sommes pleins de conciliation et de désir de
'•ur être agréable, mais...

— Mais?...

— Que le Prophète ne serait pas content si
nous taisions quelque chose qui fut agréable
à ces chiens de chrétiens.

ist donc pour-j^la qU4bitofc[M,fJe,ir
l'argent qu'ils vous ont prêté?

— Ah! très-bien !... en ce ras, nous avons
l'honneur de vous saluer.

— Bien le bonjour.v ':!;

— A demain? Sfc

—. A demain, mes enfant-.

— Et nous redirons la même chose?

— Parbleu!

Ça dure comme ça depuis un moisi.
Quelle belle chose que la diplomatie!

:jt^ * - •- KJ /%

Parmi les grands événements qm ont mar-
qué cette semaine, je citerai l'ouverture des
Folies-Bergères.

Paris s'ennuyait,

Paris était triste, e \<

Pourquoi?

Parce que les Folies-Bergères étaient fer-
mé es.

Les Fo]i»s-Bergères rouvrent, la gaieté re-
paraît sur tous les visages.

Mais les gens les plus heureux de cette
réouverture sont certainement les sergents de
ville de M. Voisin, lesquels pataugeaient de-
puis quelques jours dans le macadam à la
chasse des maquillées du boulevard et qui,
maintenant, peuvent trouver leur gibier.

Opérant lui-même dans un promenoir bien
chauffé où ils le cueilleront sans douleur et
sans salir leurg bottes.

Quelle veine que les Folies-Bergères aient
rallumé leur gaz !

Sauf ce malheureux Saint-Genest que
MM. Erkmaun-Chatrian feront mourir de
maie rage, la France est parfaitement tran-
quille et le commerce va... surtout celui des
marchands de parapluies/.

Et dire que nous sommes en république 1

C'est cela qui est vexajkf

Les bons conservateurs avaient un instant
espéré que l'incident de Lyon... mais, va Le
faire fiche!... Voilà que tout s'arrange.

Pas de chance, tout d.e même!

Et l'on ce parle pas encore de l'ouverture
des Chambres !

Pas moyen de s'amu er, alors.

Heureusement, nous avons la réouverture
des Folies-Bergères !

Sans cela, que deviendrions-nous, Grand
Dieu !

Je sais bien qu'il nous resterait les articles
de S.»iiit-Geue«t'.
Mais, l'raqcîir nient, ce serait maigre!

«COLAS FLAMMÈCHE.

ZIGZAGS

Un voyage accidenté, c'est à coup sûr le
voyage du maréchal-président.

ïl est aussi impossible de trouver,, dans sà
tournée départementale deux jours qui se
ressemblent, que le mol de République dans
un de ses discours.

Aujourd'hui, à Lyon, le conseil municipal
lui fait sentir que, si on l'accueille bien, ce
n'est pas parce qu'il est le Président, — titre
sans signification, s'il n'est pas suivi d'un
complément,— mais parce qu'il est le Prési-
dent de la République.

Le. lendemain, en Franche-Comté, un évêque
vient le remercier d'avoir terrasse l'Hydre de
l'anarchie, cette cousine germaine du Spectre
rouge, que les conservateurs rencontrent vingt
fois par jour, à tous les coins de rue, bras-
dessus, bras-dessous avec le Péril social. . .

—o—

Je. m'étais toujours figuré qu il n'y avait rien
de plus ennuyeux que d'entendre les haran-
gues officielles.

Je plaignais même beaucoup le maréchal
d'être obligé de subir journellement cinq ou
six de ces rengaines abrutissantes comme la
le ci ure d'un des bons livres publiés chez Marne,
avec l'autorisation de son éminence le cardi-
nal un tel.

Ja me trompais.

Ces harangues sont souvent aussi réjouis-
santes qu'une poésie de Lorgeril.

Jugez-en d'après celle-ci, qui vient.du pré-
sident de la Cour d'appel de Besançon :
« Monsieur le Président, ',

» Vous venez de franchir les monts Jura,
» dont les cimes arriérés tracent nos limite?,
» tout en respectant les liens d'amitié séeu-
» laire qni nous unissent à nos voisins.

» ... Vous êtes toujours l'honneur, vous êtes
y> ie devoir, le sang plus héroïquement
» versé au plus fort de nos désastres... »

Que pensez-vous de ces cimes qui tracent
des limites, et qui respectent des liens d'a-
mitié séculaire?

C'estisgenti! de leur part, de ne pas semer
la zizanie entie deux peuples.

O u: difes-vou's 'di'i maréchal, qui esîThon-
nèur et en môme temps le devoir, le sang
versé, que sais-je encore 1...

Pour moi, certainement, si j'avais été à la
place tiU maréchal, j'aurais eu une peine in-
finie à ne pas rire comme un fou au nez du
président de la Cour d'appel.

Et en même temps, je n'aurais pas été
tranquille,

Car j'aurais craint, en faisant des efforts pour
comprimer mon envie de rire, de laisser par
mégarrie échapper cet horrible mot de Répu-
blique, qui est Je croquemitaine des gens sé-
rieux et conservateurs.

Je lis dans une tirade de l'Univers) contre
les ouvriers impies et athées, cette phrase :

« Si r es gens-là travaillent, >.'est pour man-
ger... »

Hein !... Est assez effrayant cela, est-ce
assez odieux et méprisable.

' Les gjghs de YUift'érs et fours .pareils n'a-
gissent pas ainsi. Ils travaillent pour être uti-
les à la société, pour être agréables à Dieu et.
à leur concierge, qui n'aime pas les gens dé-
sœuvrés, mais ce n'est pas pour manger !...

Manger!... Fi donc!... la vilaine passion,
l'horrible défaut ! li n'y a que les démago-
gues de la plus sinistre espèce et les pour-
ceaux qui nient d'aussi abominables vices!...

—o—

Dernièrement, le roi de Belgique, Léo-
pold II, avait fait cadeau d'un drapeau à la
société de la Grande-Harmonie de Bruxelles.

Pour célébrer cet acte de la munificence
royale, la société invita le roi à une fête de
gala.

Accueilli au son de la B mbançatme, Sa Ma-
jesté belge fut bombardée d'un interminable
discours du président. Pendant ce temps-là,
l'un des commissaires ployait souple poids du
drapeau, dont la hampe solide était surmon-
tée d'un énorme lion auréolé de nombreuses
médailles.

Le speech terminé, le roi se tourne vers le
porte-dràpeau, qui est toujours au port d'ar-
mes : > ;' : '•":;,.-,;.

— Vous devez être bien fatigué, monsieur !
L'antre, croyant répondre par une flatterie,

lanee au peu prodigue monarque ce pavé de
l'ours :

— Oh, sire!... ce que donne.Voire Majesté
n'est jamais bien lourd !.., (Historique^) .

Non moins historique.

Roger de Beauvoir affectait de prononcer
toujours dé huissiers en aspirant forment l'h.

il parlait d'ailleurs de cette intéressante
classe dé bipèdes avec un mépris et une ani-
mosité que tous les gens de lettres compren-
dront facilement. '

— Ah ça, lui dit un jour un de ses amis,
pourquoi ne dis-tu pas comme tout le monde,
pourquoi, ne prononces-tu pas les z'huissiers?

— Des z'huissitrsf dire dès z'huissiers l...
Jamais! s'écria Beauvoir avec un geste d'hor-
reur, jamais de liaisons avec ces gens-là!...

GR1NGOIRE.

FEUILLES AU VENT

Lorsque, dans sa sagesse, le Conseil muni-
cipal de Paris supprima les subventions ac-
cordées jusque-là à un certain nombre de so-
ciétés dites de bienfaisance, — qui n'étaient,
au fond, que des agences de propagande jé-
suitique,

11 n'y eut qu'un cri parmi les gens bien
pemanls. /

« Faisons une/niche au Conseil municipal :
» Cotisons-nous,

» Et, éonfiants dans l'honorabilité bien

connue de J'intègre Villemessant, courons je-
ter dans le giron du Figaro la somme néces-
saire à l'entretien de ces petites sociétés se-
crètes, où désormais, par conséquent, le Con-
seil municipal n'aura plus à fourrer son nez
sous prétexte qu'il leur paye la soupe et le
bœuf ! »

™ ï » * n

Qui fut dit fut fait.

Bien plus, l'Assemblée nationale s'étant
avisée de supprimer certains crédits à quel-
ques-unes des institutions d'un clergé qui ar-
rose les arbres de la liberté avec du vitriol,

Les gens bien pensants recoururent de nou-
veau h leur procédé,

Et il se trouva que les décisions de l'Assem-
blée, qui évidemment avait eu un but en sup-
primant ces crédits, et qui n'avait pas entendu
seulement par-là réaliser une économie, ■— se
trouvèrent annulées,

Et, pour me servir d'une expression popu-
laire, mais juste, que le clergé s'assit dessus.

*

* *

Au commencement, on ne Ht, point trop at-
tention à ces manœuvres, qui n'ont rien à
faire avec la religion ,

lit qui ne sont pas autre chose que des in-
triguar.ilBB

On se disait :

« A la bonne heure !

» C'est un acheminement vers la suppres-
sion du budget des cultes!

» Du moment que les cagots s'habituent à
payer leurs prêtres,

» Et qu'ils ne vont plus de porte en porte
mendier les légumes destinés à leur soupe,

» C'est aéjà un progrès!...

» Ils se Kffseront vite de vider leur porte-
monnaie dans le tronc pour la célébration du
culte I »

* *

Eh bien !

Voilà ce que c'est de voir les faits superfi-
ciellement !

L'économie réalisée est bien quelque chose;

Mais elle n'a plus aucune valeur, si on veut
bien considérer une les crédits supprimés ont
élé pouf le clergé autant d'occasions de se
rébçller contre l'autorité et de narguer ses
décisions.

Voyant qu'on le laissait faire, il s'est cru
louL permis,

Et, sous le couvert, de souscriptions, il a
conquis, seul dans l'Élat, le privilège de déso-
béir à la loi sans tomber sous la main de la
justice.

* *

Voici, par exemple, la suppression par-
tielle des aumôniers militaires.

Assurément, si la Chambre a retranché les
appointements d'une partie de ce personnel,

Ce n'est pas dans le but unique r4c mettre
de côté quelques milliers de francs.

Quand une nation paye un budget de près
de deux milliards sept cent millions comme
fait li France, cent ou cent cinquante mille
francs lui importent peu.

Mais ça élé afin d'éviter ce que j'appellerai
la calothnisation de l'armée, où, depuis quel-
que temps, les généraux dévoués aux jésuites
lèvent comme ries champignons.

En un mot, ce n'est point par avarice, mais
par une prudence bien entendue que l'As-
semblée a pris la mesure en question.

*

* *

Or, que lisons-nous ces jours-ci dans la
Défmsi de M. Dupanioup?

Que « plusieurs évôques viennent de nom-
mer des aumôniers auxiliaires dans plusieurs
villes qui en étaient dépourvues. »

Ainsi, voilà qui est entendu :

La Chambre dit : « L'armée est envahie
par les aumôniers militaires; supprimons leur
traitement, elle en sera débarrassée. »

Les évéques' répondent :

« Ah! vous croyez cela, vous autres !

« Vous ne voulez plus les payer,—eh bien!
vous les aurez pour rien (pour rien, s'en-
tend !), — et, comme vous ne pourrez plus
vous plaindre qu'ils vous ruinent, au lies d'un,
vous en aurez dix; »

O cafards, votre écliirie appelle l'étrivière!
comme disait Hugo.

?MMk.: • -

* •

Quelqu'un qui est en train de se faire pas
mai d'ennemis,
C'est M. Dufaure.

Mais, pour les quelques ennemis qu'il se
fera,

Il lui viendra des amis à n'en pas finir.

Il paraît, en effet, q'ù'on s'occupe au minis-
tère de la justice d'une élude, des plus inté-
ressantes, — d'un projet rie révision de la
fixation des frais judiciaires.

*

* •

ue c'est une des conquêtes
n que la gratuité de la jus-

On dit soui
de notre Révc
tice ;

De sorte que les naïfs peuvenl croire qu'ef-
fectivement, la justice ne coûte rien,

Et que, si l'on a raison, on peut aller de-
vant les tribunaux sans bourse délier.

Mais quand on en vient aux preuves.

On se voit si correctement écorché qu'on
abandonne l'illusion de la gratuité de la jus-
tice avec autant de facilité que celle d« l'éga-
lité devant la loi, — autre conquête de 89.

Et quand on songe que sur un billet de
commerce de cent sous, on peut vous faire
soixante ou quatre-vingts francs de frais,

Sous le prétexte que des messieurs vêtus de
neir ont apporté chez vous des papiers ornés
d'une dame assez laide et tenant des balan-
ces , et intitulés :

Protêt, dénonciation de protêt, commande-
ment, citation au tribunal de commerce, ju-
gement, dénonciation de jugement, somma-
tion., signification de saisie, saisie et le
reste,

Cela donne diablement à réfléchir,
El on se demande comment l'idée n'est
veuue à personne de demander quelques pe-
tites modifications à ce régime.
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