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Le Grelot: journal illustré, politique et satirique — 6.1876

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«»• ANNÉE — IV 296

PARIS ET DÉPARTEMENTS : 15 CENTIMES LE NUMÉRO

10 DÉCEMBRE 1876

11 MBS.

RÉDACTION

77, r. Neuvc-des-Petits Champs

PARIS

ABONNEMENTS

paris KT Df.PABTEVB.NTS

tin an. . .
Six mois.
Trois mois.

. . 8fr.

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I

adhesser

Lettres et mandats à M. Magre,

directeur-gérant,
77, rne Neuve^es-tohj-Champs.

ADMINISTRATION

77, r. Neuve-des-Petits-dhamps

paris

ABONNEMENTS

PAYS de L'UNION POSTALE

Un an . .

Six mois . .
Trois mois.

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ANNONCES

Au bureau du Journal
et chez

M BEAUDOIN, 9, pl. delà Bourse.

PRIME GRATUITE

Toute personne de la province qui s'abon-
nera à on des journaux ci-après, par l'entre-
mise de M. Madré, directeur-gérant du Grelot,
77, rue Neuve-des-Petits-Champs, à Paris,
aura droit à un abonnement graiuit au jour-
nal le GRELOT, savoir :

Pour un abonnement d'un an : * mois an GRKI.OTi
. _ — de lii mois : 3 mois —

_ — de trois — i i mois 1/i —

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blera, triplera la durée de l'envoi gratuit du
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Moniteur universel.

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Revue des Deux-Mondes



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Les prix qui précèdent sont, bien entendu,
les prix fixés par les administrations d* cha-
cun de ces journaux.

Jmr

LA SEMAINE

A'ous somrnes dans le parc dt Versailles. Un
vitjMffr**i*Mfb(e, assis au pied d'un thtnt,
n'awkfêd jeter des miettes de pain aux diseaux.
C'rlU'U Sénat. Après avoir épuisé son pain,
il (Hèles yeux au ciel tt se gratte l'oreills.

LE sénat.

Qn'est-ce que je pourrais bien inventer
aujourd'hui pour contrarier cette petite
péronnelle de Chambre des députés?.. Car,
il n'y a pas à dire... il faut que je la con-
trarie... queje l'asticote... que je la turlu-
pine... car enfin, si je ne faisais pas ce métier-
la, je vous demande nn pen ce que je ferais !..
111 faut avouer quelle est bien insupportable et
bien irrévérencieuse à mon endroit... der<-
aièrement encore, pendant une 'petite pro-
menade que je faisais autour de la fcièce d'eau
ides Suisse», je l'entendis qui disait tout' bas
à son insupportable Gimbeita : regardez-moi
donc un peu cetlevieille panade !... panadel..
moi !.. «jour de Dieu, si je ne m'étais pas
retenu !... mais je me suis , retenu... heureu-
sement... ah! je commente'pourtant à en
avoir assez et si cela devait continuer encore,
je ne me générais pas du tout pour lui flanquer

mon pied au... aïe!., oh I... aïe!., encore
mon satané rhumatisme !.. diable de goutte,
va !.. et mon médecin qui me recommande
de faire du skating !.. il ne me manquerait
plus que celai., enfin, n'empêche qu'il faut
que e> finisse... c'est intolérable !.. ces
gamins-là ne seront contents que lorsque je
serai allé ad patres... atchi !.. allons bien !..
voilà que je m'enrhume... ma bronchite de
tous les hivers... je ne te raterai pas encore
cette année — ce que je crtche ! c'est ça qui
m'épuise!., tt puis Baze n'est pas content...
il crie dans tons les corridors queje salis le»
couloirs... en voilà encore un particulier
insupportable 1 ah I c'est une jolie position
sociale que la mienne !... mais qu'est-»* qui
vient là-bas?., je ne me trompe pas... c'eat-
elle... la Chambre des députés... mon enue-
mie... regardez-moi ua peu ça... danse-t-elle,
hein?.. Saule-t-eile?.. a-t'-elle l'air heureuse?
ou voit bien qu'elle n'est pas inamovible !..

La chambre Dis1 députés, riant comme une
petite folle,

Bonjour, papa Sénal !..

le sénat.

Bonjour, mademoiselle.

(Il éternue.)

la chambre.

A vos souhaits 1

LE SÉNAT.

A mes souhaits !.. à mes souhaits!., si vous
saviez ce que je seùbaite... vous ne seri«z
peut-être pas si guillerette.

la chambre.

Avec ça qn'on ne iit pas dans vos cartes,
vieux farceur 1..

le sénat.

Mademoiselle !..

la chambre.

Vous voudriez bien me voir à tons les
diables, hein.?., m'en faites-vous de ces mi-
sères ?.. m'en faites-vous ?

le sénat.

Moi ? allons donc 1., c'est voasau contraire.

la chambre.

Moi?., ah! elle est bien bonne, par
exemple...

Sitôt que je vote une loi, crac! vous la
flanquez par terre.

m sénat.

Parbleu ! je crois bien! vous ne m'appor-
tez que des lois subversives... de ces lois que.,
de ceâ 'lois qui... enfin je m'entend... suffit...
tenez...'qu'est-ce que vous avez encore là ?..
dans votre portefeuille ?.. je parie que c'est
encore Une de ces lois subversives...

La chambre, riant aux éclat*.
De ces lois qui...

le sénat.

De ces lois que... Ah ! çà mais dites donc...
il me selnble que vous vous moquez de moi ?..
et moi qui vous doune la réplique... Je suis
encore assez bête!... Enfin, qu'est-ce que
vous m'apportez?... Voyous, dépéchex... il
commence à faire frais ici... (Il eternue).

la chambre.

Belcastel vous bénisse I... nous pourrions
entrer dans votre salle...

le sénat.

Merei !.. on y gèle... Baze a mis le bois sous
clef... pas moyen d'avoir un margotin. Al-
lons, voyons... montrez-moi çà... [Impôt sur
les bretelles)...

la ghambre.

Ah ! cette fois !.. j'espère que vous allez me
voter çà comme un seul homme, hein?., çà
n'a rien de destructif, je pense.

LE sénat, levant les bras au ciel 1

Malheureuse t...

la chambre.

Ehjbien ?.. qa'est-ce qu'il vous prend donc ?

le sénat. »

Imposer les bretelles !

la CHAMBRE.

Mais dame !.

le sénat.

Est-il possible de pousser plas loin l'oubli
des plus vulgaires conveuances?...

la chambre, ahurie.
Je ne vois pas...

le sénat.

Vous ne voyez pas ?.. eh bien, je vais vous
faire voir;1 moi ; comme quoi, par cette loi ré-
voltante,' vous poussez à la démoralisation de
la socfftéj (fë cette malheureuse société, déjà
si ébranlée par ses doctrines perverses!

IA CHAMBRE.

Eh bien, si vôiis me laites voir çà, mon
bonhomme ! '

le sénat.

D'abord, je ne suis pas votre bonhomme,
entendez-vous?... je suis le rempart des lois,
le défenseur de la propriété, le sauveur de la
patrie 1 voilà ce queje suis!... Maintenant je
veux bien vous expliquer en quoi votre détes-
table impôt est indigne du vota des honnêtes
gen6...

la chambre.

J'écoute.

lb sénat.

Vous imposez les bretelles,n'est-ce pas?...
bon... eh bien, j'en porte moi... et beaucoup
d'autres... que . va-t-il arriver?.. Pour faire
pièce au gouvernement... qui ne manque pas
d'ennemis, comme vous savez... Je supprimé
mes élastiques... or, qu'esl-cé qu'il vasè pas-
ser?., à chaque instant, dans un salon, à la
tribune, au théâtre, dans la rue, je me verrai
exposé à ce que mon'vêtement indispensable
giiisse, glisse, glisse !.. et alors, je vous le de-
mande, à quel spectacle déplorable n'assiste-
ront pas nos femmes, nos sœurs, nos mères !..
Ail ! tenez, rien qu'à cette pensée!...
AU ! tefic*. «r;-*" !

la chambre.

Mais vous devenez absolument fou !

le senat.

Arrière, madame!., arrière!... je vous dis
que si'la dépravation et le vice n'existaient
pas, vous les auriez inventés (... Remportez
votre loi... je garde mes bretelles !

la chambre.

Encore une fois !

le sénat.

Sortez !

la chambre.

Quel vieux raseur !...

NICOLAS FLAMMÈCHE.

Bon voyage!

Il est parti! Brûlons du sucre!...
Bon voyage, citer Bmholetl
Goe/.man trevmiu valet
Des jésuites amis du lucre!

««H j<*»'.iit«i âi'i1 i i-
Va trouver les épais Buffets
Auprès du croustillant Broglie!
Nous avons assez,bu la lie
De ces vins aigres et surfaits 1

Si nous avions gardé cet homme,
Tartufe eût été roi chez nous;
El couronné,— mais aux genoux,—
Paris serait monti» par Home.

Mais enfin le voilà dehors,
Ce parleur aux gestes sublimes,
De la crotte de vingt régimes
Souillé bien plus haut <pi'à mi-corps!

On se félicite, on respire,
Et quoi qu'il vienne désormais,
On sent qu'on ne pourra jamais
Avoir quelque chose de pire;

Et sans vouloir lui faire tort, .
Chacun croit que pour la patrie
Le plus beau jour de sa viu,
Ce sera celui de sa mort.

R.

FEUILLES AU VENT

Enfin !...

Il y avait déjà pas mal de temps que ça
branlait dans le manche,

Et les moins confiants murmuraient depuis
une quinzaine :

« Espérons que ça va bientôt finir l »

Et ma foi, c'est (ini !

Et bien fini,

Et il faut.espérer que de ce cher M. Dufaure,
ni pour or, ni pour argent, il ne sera plus
question t
Grands dieux I quelle délivrance 1
Car si M. Dufaure est de ces hommes dont
a parlé Victor Hugo,

Selles à tous tyrans, sénateurs omnibus.

Excellents pour les monarchies,
Les républiques en trouveraient difficile-
ment de plus funestes.

Je no sais pas pourquoi on a dit de lui qu'il
était inflexibje :

Jamais au contraire l'homme caoutchouc
n'aucit su se retourner autant de fois qd'il
l'a fait.

Quand on reht la vie de cet homme, on est
près de tomber à'la renverse et on demande
des sels anglais.

Sous Louis-Philippe, ministre thiériste, son
dévouement paraissait acquis à la branche
cadette. ''t Ib»«s

Kn 1848, bien qu'ayant protesté contre
l'agitation réformiste, il n'eut pas plutôt vu
que le peuple était vainqueur aux barricades,
qu'il se mit à crier « Vive la République ! »,
•— à jeter son chapeau en Vair devant la
colonne de Juillet, — et à tantiaire des pieds
et des mains qu'il parvint à se" 'faire nommer
représentant du peuple.

On vit alors une chose curieuse :
La question du bannissement des princes de
la famille d'Orléans étant venue devant la
Chambre, le citoyen Dufaure, leur ancien
ministre et serviteur très-hambley an lieu de
prendre en main leur défense comme c'eût été
son devoir s'il avait gardé ponr eux la moindre
reconnaissance, s'élança un des premiers aux
urnes pour y déposer un voté qui les exilait;
•' ' „ 1 <"!« "•'!* h, <>**lf '

* «

Ayant donné une preuve aussi évidente de
la noblesse de son caractère, M. Dufaure étaf|
mûr pour Cavaignac qui lui offrit Ja succes-
sion de ce loup-cervier qui s'appelait Sirïard.

Ministre de l'intérieur, et toujours de fa
religion des Perses, — c'est-à-dire n'adorant
que le soleil levant, — M. Dufaure, chargé dè
diriger et de surveiller l'élection pré.-iden-
tielle, fît tousses efforts pour maintenir k %
présidence de CavaignaC, son nouveau pat^olf
et poar faire échouer otsw1 » »«!âw»* $ltî§K
que l'Histoire appelle ce drôle
et Troplong Napoléon Trois.

Ses intrigues n'ayant pas réussi, il n'en fut
nullement démâté, et il déclara hauterneat
qu'il se ralliait franchement à la politique du
nouveau président.

Aussi, Louis Bonaparte qui se connaissait
en hommes, voyant qu'il était capable de tant
de tours de force, n'hésita pas à reconnaître
en lui un collaborateur nécessaire.

Et il l'appela de nouveau au mioistère de
l'intérieur, prévoyant qu'il serait nn des plus
beaux ornements de son cirque.

*

m *

i Mais un beau jour, après avoir rendu
cependant des services émiaenta,.

Après avoir fait prendre les mesures les
contre les réunions publiques, et contre la
liberté de l'enseignement,

Ledit sieur Dufaure fut tout surpris de
trouver son congé roulé dans sa serviette.

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