Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

Seite: 15
DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/alembert1779/0019
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
X is X

iités, le crédit qu’ils accordoient aux Prètres
& auxMoines, Flnquisition sous laquelle ils
gémiisoient, & cette déplorable supersiition qui
en est la suite malheureuse. II étoit sur-tout plein
de reconnoiisance du zèle qu’ils avoient nrarqué
potir le Prétendant, quoique ce zèle n’eut été
ni bien entendu , ni bien conduit, ui bien utile.
Enfin son goût pour cette Nation étoit fi dcci-
dé , qu’il en préféroit mème la cuisine à la
nôtre, tvop jusiement célebre dans toute rEurope
pour que le jugement d’un si foible connoilseur
ptiiise bleiser notre amour-ptopre, & allarmer
nos prétentions sur ce grave & important
avantage.

Lorsque PEspagne fit la guerre à l’envpereur
en 1733, Milord Maréchal désira d’ècre em-
ployé. Sa Majesté Catholique le refusa d’abord,
ne voulant que des Catholiques comme elle
dans les troupes destinées à cette guerre , qui
n’étoit pourtant pas une croisade. Mais ce Priii-
ce , serupuleusement religieux , & de la cons-
cience la plus timorée, craignoit sans doute,
qu’en permettant à un Hérétique de se faire
tuer à son service , cette grace , jusqu’alors
inouie dans ses Etats , ne devint pour l’Héréti-
que la cause, au moins occasionnelle, de sa
damnation. Sire, lui dit Milord Maréchal, s'il
ne ni’ejl perrnis de fervir Votre Majejlé qu’ad lio-
nores , je vons prie de m’accorder ma retraite.
II obtint i’emploi qu’il demandoit, & son zèle
l’emporta sur les scrupules du Monarque, qui
se dispensa, dit-011, de consulter son Confeiseur
sior ce cas de conscience, comme il faisoit sur
tous les autres. La pieuse 6t orthodoxe délica-
loading ...