Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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voitêtrebien méritées. Durant plus (îe dix ans il
a recueilli & nourri dans sa maison une pauvre
femme dont la misere & la vertu l’avoient sensi-
blementtouché. Plusieurs fois par jour il deman-
doit : Zl'Li vieille fe -parte-selle bien ? EJl-elle con-
tente ? Me la laijse-t'ou manqner de rien ?

II étoit non-feulement charitable, mais géné-
reux; deux qualités qui ne se trouvent pas tou-
jours ensemble, sur-tout dansles ames pluscom-
patiisantes que nobles, qui n’exercent la charité
que coirime un devoir, & pour qui la libéralité
n’est pas une vertu, parce qu’elle n’est pas un
précepte. Milord Maréchal avoit besoin tout à
îa fois, de faire l’aumône aux malheureux, & des
présensàses amis; & presque jamais ils nesorti-
rent de chez lui les mains vuideS. Plusieursarmoi-
res ( qu’on nous permette ce détail qui est la pein-
ture de son cœur) étoient remplies de ce qu’il
vouloit donner; tout y étoit rangé avec le plus
grandordre, & dansuneabondancedont il plai-
santoit lui-mème d’autant plus volontiers, qu’elie
n’étoitpas pour lui. Je seroisbiencurieux, disoit-
i!, Jêire préfent à mon inventaire, ffj témoin de let
surprise de mes héritiers, quandils verront tant de
chofes inutiles au pojsesseur, qiüils ignoreront
Vusage auquelje les avoit dejlinées.

Ses domestiques étoient ses enfans, & le re-
gardoient comme leur pere. Qiiand ils l’avoienc
servi quelque tems avec fidélité , & qu’iis vou-
loienc revoir leur Patrie, il leur aisuroit des pen-
sions proportionnées à leurs besoins &à iadurée
de leurs services. Ses bienfaits font vivre encore
aujourd’hui plusieurs d’entr’eux qui l’avoient
quicté depuis long-tems , & gui bénissent sa mé-
moire.
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