Ars: časopis Ústavu Dejín Umenia Slovenskej Akadémie Vied — 1.1967

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Tout comme dans le retable de St-Jacques de
Levoča dont il a été question plus haut, il se dégage
du groupe de Betleem un courant d’inspiration
qui est celui que puisa Paul de Levoča dans
l’œuvre à la fois cracovienne et nurembourgeoise
de Stosz, les influences de l’œuvre de Nuremberg
ne concernant que la composition générale du
groupe. Outre les liaisons stylistiques de l’œuvre
de Paul avec l’atelier cracovien de Stosz, l’argument
qui parle en faveur d’un séjour de Paul à Cracovie
et de ses contacts directs avec maître Wit est
celui du milieu qui pouvait dans une grande mesure
jouer un rôle notable sur ce plan. Mis à part
l’important facteur politique que fut l’expansion
des Jagellons au sud qui influa sur les échanges
d’artistes des deux pays, il est une autre circon-
stance importante pour notre question: c’est le rôle
que joua Jan Thurzo, bourgeois cracovien et
kammergraf des villes minières.
Divald supposait que Jan Thurzo avait emmené
Paul de Banská Bystrica à Cracovie où il commen-
ça à travailler dans l’atelier de Stosz.38 Bien que


22. Le projet «cracovien» du retable de Bamberg.


23. St. Jerome du retable St. Barbe à Banská Bystrica.

cette affirmation de Divald semble fantastique,
on ne peut toutefois la rejeter totalement comme
„affirmation menant à une impasse“.39 Le rôle
de Thurzo comme mécène médiateur entre Cracovie
et les villes minières est très probable. Sobieszczan-
ski a, voici déjà 119 ans, attiré l’attention sur la
famille des Thurzo comme médiateurs de la diffu-
sion de l’art de Stosz dans les villes minières.40
Comme on sait, Jan Thurzo fut à la fin du XVe
siècle kammergraf de Kremnica, puis gouverneur
de toute la région minière.41 En même temps en sa
qualité de conseiller de Cracovie, il fut protecteur
de la construction du retable de Notre-Dame de
Cracovie. Thurzo qui s’était construit une maison
de commerce à Banská Bystrica fut certainement
le promoteur du projet et de la réalisation du
retable du maître-autel de la Dormition de Marie
de l’église paroissiale de cette localité. Selon Divald
le remaniement de l’église commença en 1470
déjà, en 1494 on commença à collecter les dons
en vue du retable à l’occasion de la kermesse
du pardon.42 En 1505 ce retable obtint pour sa
finition la somme de 1000 forints du bourgeois
Königsberger de Bystrica. Il se peut que ce retable
ait déjà obtenu le „visierung“ entre 1470 et 1494.
Kampis supposait à juste raison que cette œuvre
devait être une imitation exacte du retable de
Notre-Dame de Cracovie.43 Le schéma de la com-

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