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L'ART.
tifs », cette « e'norme caserne de condottieri toujours prêts à
batailler contre quiconque, et même à se massacrer entre eux à
de'faut d'autres citoyens à se mettre sous la hallebarde ». Aussi
avec quelle joie il s'écrie : « Voilà donc une vraie vieille ville !
une beauté farouche du xive siècle, qui a vu passer bien des
modes, sans essayer de se mettre au goût du jour. Rien de
changé depuis les Guelfes et les Gibelins.....Les grilles en fer et
les toiles d'araignée sont du temps, et bien conservées..... Je
descends bien vite et m'informe dans la ville. Tout à fait les
décors de la Haine, mais assombris, rouillés par les siècles et
est grande ; au temps de sa prospérité, au temps de ses luttes avec
Pise et Florence, elle comptait une population de plus de deux
cent mille âmes ; vingt mille citoyens suivaient son carroccio à
la bataille. — Hélas ! la ruine est complète, la cité commerçante
d'autrefois n'est plus dans le mouvement ; c'est une cité morte,
réduite maintenant à vingt-trois mille habitants. Aussi voit-on
de longues rues désertes, des bâtiments immenses qui paraissent
n'avoir pas été ouverts depuis de nombreuses années, maisons
moussues, portes à lourdes ferrures rouillées, fenêtres grillées
sans vitrage, toiles d'araignée couvertes de poussière, etc.
cent fois plus rébarbatifs ; à « Le farouche moyen âge
ques, maintenant d'un rouge ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ .F^V^y P0"1"^3^ const'tuer une ré-
rU6S. l apPare"Ce dc simples ^^j^ perbe et de plus mélodrama-
épaisseurdes murailles, étroi- ^^^^^^^^^ ,! ténèbres; c'est à peine si
tesse des portes, rareté des Dessin tiré des Vieilles Villes d'Italie. (Paris, Dreyfous.) quelques lumières piquent,
ouvertures, — et toutes sortes par-ci par-là, les masses
de constructions, surplombant sur la rue et interceptant le jour,
déjà bien malingre, dans des voies larges de deux ou trois mètres,
bordées de maisons plus hautes que celles de Paris!... Beaucoup
de maisons communiquent ensemble, par-dessus la rue, par des
ponts ou de simples arcs, jetés en travers à n'importe quelle
hauteur. J'en compte jusqu'à huit dans un petit vicolo de
quinze mètres à peine.
« Au bon temps, quand les guerres ou les révolutions sévis-
saient dans la cité, quand chacun fourbissait gaillardement halle-
bardes et guisarmes dans le doux espoir d'éventrer le plus pos-
sombres des maisons hérissées de cheminées ou de créneaux. »
L'auteur se glisse dans l'ombre, « cherchant les ruelles les
plus noires et les maisons les plus féroces, et redescendant en-
suite à tâtons à la Piazza del Campo, pour savourer à l'aise la
bonne impression de peur, rapportée de ces excursions dans
des rues assez épouvantablement belles pour faire froid dans le
dos de tout honnête voyageur ! »
Il doit avouer cependant que, contrairement à des prévi-
sions suffisamment justifiées par les apparences, il n'a rencontré
aucun Gibelin attardé au coin des rues,
sible de ses concitoyens, Il faudrait en regard de
outre ces ponts permanents, v lÊMk WU& i* ■ cette Peinture poussée au
on jetait aussi des ponts pHPll M|t^jfff  ! ifllk n0'r P'acci" quelques pages
volants par des ouvertures (fff# [ffl^m^lî^WT^&KnltllfilI /'''v'^' !' / \ h».. de la description de Naples.
spéciales, préparées dans les ^^B^KKÊ^k M'OSfi® <m| ai H C'est une antithèse aussi
murailles, établissant ainsi <Qj - "^^^ff 4&l ^psl' IPHé complète qu'on la puisse dé-
des communications de palais J^^^^^^^f^f S"'' '-C > *^5y^s/jp|k F |hBR sirer. Mais cela nous entraî-
;"■ palais ou ,1c maisons à '''Wfw^^'l/i^k /M ( ' (\ ^M^^C 4 lllll ncraît au"delà des limites
maisons, pour la défense des TrrjTTl jr,,/|l!i||P<^iS:[ ' ZT~ ~ ' jmjÊfr- WÊBk fllllIP raisonnables. Nous nous en
quartiers. On rêve dans ces ^lÉW^i^ry.'''^3 / |, ■■'///^^^^SÊfBAt.'' tiendrons aux citations pré-
rues à des égorgements ter- ^^^BdÉ^i^g^^^^p^ ^^^^^^^m^^m^^L^^' cédentes. Elles montrent suf-
ribles entre Guelfes et Gibe- "^^gfifllilIlilMlL H'* —~ Y^ifWA Wùt^SÊBs tÊWÊf^K fisamment que si M. Robida
lins; les acteurs seuls sont "~ ~'ïfliffl a un ,a'We Pour les coins
partis, le cadre est resté. '-^3ffl(8^S^w*' ' ^ — sombres et les vieilles choses,
Parfois la rue se rétrécit en- Dessin tiré des vieilles Villes d'Italie. (Paris, Dreyfous.) les noirceurs de son esthéti-
core et devient une suite de que ne déteignent pas sur
passages casse-cou, voûtés sur une partie de leur longueur ; plus
loin, en raison de la situation escarpée de la ville, la rue se
trouve surmontée d'une autre voie qui la coupe transversalement
à la hauteur d'un quatrième étage, et domine elle-même une
malheureuse petite ruelle noire qui paraît s'enfoncer, par des
séries d'escaliers, dans on ne sait quels souterrains.....
« Les trois quarts des maisons doivent être vides. — La ville
son style. Il aime le rébarbatif dans l'architecture, mais cela
n'ôte rien à la bonne humeur et à la gaieté pleine de verve de
son langage. Ce livre est plus causé qu'écrit, et c'est ce qui en
fait le charme. On peut en dire autant des illustrations. Il y a
là 102 croquis et pochades qui prouvent que la plume de
M. Robida n'est pas moins amusante quand elle dessine que
quand elle écrit. Eugène Véron.
L'ART.
tifs », cette « e'norme caserne de condottieri toujours prêts à
batailler contre quiconque, et même à se massacrer entre eux à
de'faut d'autres citoyens à se mettre sous la hallebarde ». Aussi
avec quelle joie il s'écrie : « Voilà donc une vraie vieille ville !
une beauté farouche du xive siècle, qui a vu passer bien des
modes, sans essayer de se mettre au goût du jour. Rien de
changé depuis les Guelfes et les Gibelins.....Les grilles en fer et
les toiles d'araignée sont du temps, et bien conservées..... Je
descends bien vite et m'informe dans la ville. Tout à fait les
décors de la Haine, mais assombris, rouillés par les siècles et
est grande ; au temps de sa prospérité, au temps de ses luttes avec
Pise et Florence, elle comptait une population de plus de deux
cent mille âmes ; vingt mille citoyens suivaient son carroccio à
la bataille. — Hélas ! la ruine est complète, la cité commerçante
d'autrefois n'est plus dans le mouvement ; c'est une cité morte,
réduite maintenant à vingt-trois mille habitants. Aussi voit-on
de longues rues désertes, des bâtiments immenses qui paraissent
n'avoir pas été ouverts depuis de nombreuses années, maisons
moussues, portes à lourdes ferrures rouillées, fenêtres grillées
sans vitrage, toiles d'araignée couvertes de poussière, etc.
cent fois plus rébarbatifs ; à « Le farouche moyen âge
ques, maintenant d'un rouge ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ .F^V^y P0"1"^3^ const'tuer une ré-
rU6S. l apPare"Ce dc simples ^^j^ perbe et de plus mélodrama-
épaisseurdes murailles, étroi- ^^^^^^^^^ ,! ténèbres; c'est à peine si
tesse des portes, rareté des Dessin tiré des Vieilles Villes d'Italie. (Paris, Dreyfous.) quelques lumières piquent,
ouvertures, — et toutes sortes par-ci par-là, les masses
de constructions, surplombant sur la rue et interceptant le jour,
déjà bien malingre, dans des voies larges de deux ou trois mètres,
bordées de maisons plus hautes que celles de Paris!... Beaucoup
de maisons communiquent ensemble, par-dessus la rue, par des
ponts ou de simples arcs, jetés en travers à n'importe quelle
hauteur. J'en compte jusqu'à huit dans un petit vicolo de
quinze mètres à peine.
« Au bon temps, quand les guerres ou les révolutions sévis-
saient dans la cité, quand chacun fourbissait gaillardement halle-
bardes et guisarmes dans le doux espoir d'éventrer le plus pos-
sombres des maisons hérissées de cheminées ou de créneaux. »
L'auteur se glisse dans l'ombre, « cherchant les ruelles les
plus noires et les maisons les plus féroces, et redescendant en-
suite à tâtons à la Piazza del Campo, pour savourer à l'aise la
bonne impression de peur, rapportée de ces excursions dans
des rues assez épouvantablement belles pour faire froid dans le
dos de tout honnête voyageur ! »
Il doit avouer cependant que, contrairement à des prévi-
sions suffisamment justifiées par les apparences, il n'a rencontré
aucun Gibelin attardé au coin des rues,
sible de ses concitoyens, Il faudrait en regard de
outre ces ponts permanents, v lÊMk WU& i* ■ cette Peinture poussée au
on jetait aussi des ponts pHPll M|t^jfff  ! ifllk n0'r P'acci" quelques pages
volants par des ouvertures (fff# [ffl^m^lî^WT^&KnltllfilI /'''v'^' !' / \ h».. de la description de Naples.
spéciales, préparées dans les ^^B^KKÊ^k M'OSfi® <m| ai H C'est une antithèse aussi
murailles, établissant ainsi <Qj - "^^^ff 4&l ^psl' IPHé complète qu'on la puisse dé-
des communications de palais J^^^^^^^f^f S"'' '-C > *^5y^s/jp|k F |hBR sirer. Mais cela nous entraî-
;"■ palais ou ,1c maisons à '''Wfw^^'l/i^k /M ( ' (\ ^M^^C 4 lllll ncraît au"delà des limites
maisons, pour la défense des TrrjTTl jr,,/|l!i||P<^iS:[ ' ZT~ ~ ' jmjÊfr- WÊBk fllllIP raisonnables. Nous nous en
quartiers. On rêve dans ces ^lÉW^i^ry.'''^3 / |, ■■'///^^^^SÊfBAt.'' tiendrons aux citations pré-
rues à des égorgements ter- ^^^BdÉ^i^g^^^^p^ ^^^^^^^m^^m^^L^^' cédentes. Elles montrent suf-
ribles entre Guelfes et Gibe- "^^gfifllilIlilMlL H'* —~ Y^ifWA Wùt^SÊBs tÊWÊf^K fisamment que si M. Robida
lins; les acteurs seuls sont "~ ~'ïfliffl a un ,a'We Pour les coins
partis, le cadre est resté. '-^3ffl(8^S^w*' ' ^ — sombres et les vieilles choses,
Parfois la rue se rétrécit en- Dessin tiré des vieilles Villes d'Italie. (Paris, Dreyfous.) les noirceurs de son esthéti-
core et devient une suite de que ne déteignent pas sur
passages casse-cou, voûtés sur une partie de leur longueur ; plus
loin, en raison de la situation escarpée de la ville, la rue se
trouve surmontée d'une autre voie qui la coupe transversalement
à la hauteur d'un quatrième étage, et domine elle-même une
malheureuse petite ruelle noire qui paraît s'enfoncer, par des
séries d'escaliers, dans on ne sait quels souterrains.....
« Les trois quarts des maisons doivent être vides. — La ville
son style. Il aime le rébarbatif dans l'architecture, mais cela
n'ôte rien à la bonne humeur et à la gaieté pleine de verve de
son langage. Ce livre est plus causé qu'écrit, et c'est ce qui en
fait le charme. On peut en dire autant des illustrations. Il y a
là 102 croquis et pochades qui prouvent que la plume de
M. Robida n'est pas moins amusante quand elle dessine que
quand elle écrit. Eugène Véron.



