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L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 3)

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Champeaux, Alfred de: Exposition universelle de 1878, [2]: la collection de S. A. R. le prince de Galles
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https://doi.org/10.11588/diglit.16910#0193

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i7o L'ART.

nouvellement découvertes à Hissarlik et à Mycènes par le docteur Schliemann. Ils appartiennent à
cette grande civilisation dont on rencontre les traces dans tout l'Orient, la Grèce, l'Étrurie, et que
les Phéniciens avaient sans doute propagée jusque dans la Scandinavie et les contrées du Nord.

Bien que de peu de valeur au point de vue de la matière, certains de ces bijoux, destinés à
l'usage commun, sont travaillés avec tant d'art et de goût que nos orfèvres modernes sauraient
à peine les égaler. Il est curieux au reste de voir nos artistes industriels revenir à l'étude de ces
monuments d'une époque si reculée et y puiser des motifs nouveaux de parure pour les dames
de notre temps.

A la suite de cette industrie archaïque, on trouve celle qui s'inspire du style hindou pur et
sans mélange. C'est à Sawuntwari, à Mysore,- à Vizianagram et à Vizagapatam que cette fabri-
cation a conservé le plus fidèlement son caractère original développé sous l'influence aryenne.
On peut faire remonter à cette grande période historique, la plus florissante qu'aient connue les
Indes, la recherche de la magnificence et l'emploi des pierreries disposées de manière à donner
un effet de décoration générale, dont les armes nous ont montré de superbes spécimens.

Sans abandonner complètement le procédé du grénetis, les Indiens de l'époque aryenne
adoptèrent surtout le travail au repoussé, l'antique toreutique des Grecs, qui consistait à repro-
duire exactement, au moyen de la frappe, sur une plaque très-mince d'or ou d'argent, les figures
ou les ornements d'un modèle gravé en creux. Les bas-reliefs ainsi obtenus étaient fixés sur un
noyau central, soit par la soudure, soit au moyen d'écrous qui permettaient de détacher les
grandes pièces à volonté. Aujourd'hui, le repoussé n'est plus travaillé avec le même soin artis-
tique; on se contente de battre des plaques de métal jusqu'à ce qu'elles reproduisent le modèle.
La doublure de ce bas-relief est à peu près abandonnée et par suite on est obligé d'augmenter
l'épaisseur de la plaque. C'est à peu près le même travail qu'on obtient par le martelage
du cuivre, et on ne peut songer dans ces conditions à obtenir la même finesse d'exécution
que jadis. La collection du prince renferme une pièce d'orfèvrerie ancienne exécutée par le
repoussé et qui représente des ornements et des animaux fantastiques d'un très-grand style. Cet
ouvrage, provenant de Madras qui a conservé le privilège de cette fabrication, et reproduit par
l'Art \ est un des plus beaux spécimens que l'on puisse trouver de l'art hindou. Un service
d'argent doré, comprenant un pan-dan et un atar-dan, est aussi un remarquable produit de
Mysore, conçu sous la même inspiration.

Dans les États du Nizzam se fabrique une sorte particulière d'orfèvrerie travaillée à jour, qui
rappelle l'ancien terrasile opus des Romains et qui est également contemporaine du point culminant
de la grandeur de l'Inde. A cette époque, les orfèvres commencèrent à donner à leur or une
teinte jaune foncé et brun olive, d'un aspect très-chaud et très-artistique.

La conquête arabe est venue apporter dans les Indes un nouvel élément d'industrie artistique,
mais les produits qu'elle a inspirés, malgré la finesse du travail et la richesse extraordinaire de
l'ornementation, présentent bien plus le caractère oriental que celui propre à l'Hindoustan. Les
principaux centres où cette influence prédomine sont le Punjab et le royaume de Cashmere
(Cachemire).

Le plus grand nombre des pièces d'orfèvrerie du prince provient de ce dernier 'pays
et de Lucknow et appartient à l'influence persane; toutes se distinguent par l'introduction dans
leur composition, du cône que l'on trouve représenté sur les dessins des châles fabriques dans
ces pays. Ces vases sont formés par une pièce en argent fondu et doré; sur la surface on grave
un dessin dont on enlève les traits au moyen du ciseau. Il en résulte un effet général très-harmo-
nieux, le dessin, qui est doré, s'enlevant sur le fond blanc du métal. A côté de ce travail d'une
grande délicatesse il faut citer les ouvrages en filigrane d'or et d'argent de Tonck, de Dakka,
d'Aurengabad et de Bankipore, qui malgré leur légèreté se rapprochent de l'aspect de ceux que
l'on fabrique chez d'autres nations et principalement en Italie. En fait de filigrane d'argent, un
des plus gracieux ouvrages de la collection est un gulab-pash à long col provenant de Bankipore 2.

1. Voir l'Art, 4° année, tome II, page }o8.

2. Voir l'Art, 4* année, tome II, page 509.
 
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