L' art: revue hebdomadaire illustrée — 5.1879 (Teil 4)

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E qui touchait surtout Corot, c'est que Dutilleux avait fait plus
et mieux que de proclamer des premiers le génie du peintre,
c'est que d'après ses tableaux il avait conclu à la fermeté, à la
droiture de l'homme et lui avait ouvert son foyer domestique.
Plus tard, Corot se plaisait à redire aux enfants de son ami
regretté qu'il conservait une constante reconnaissance de cette
confiance, de cette joie qui s'était olFerte à lui en un temps où
il vivait absolument isolé. « Sans me connaître, sans m'avoir
jamais vu, ce cher ami, qui avait des filles, avait jugé sur ma
peinture que j'étais un honnête homme et avait mis sa maison à
Lettre du xn= siMe. Collection i mon entière disposition. » Leur amitié se resserrait chaque jour

par une intimité croissante, par des échanges d'hospitalité tantôt
à Arras, tantôt à Ville-d'Avray, par des excursions dans la forêt de Fontainebleau, par des
voyages faits en commun, notamment le voyage de Hollande où les musées rapidement vus furent
aussitôt désertés pour le travail sur nature.

C'est en allant rejoindre Corot à Paris pour l'emmener à Marlotte, le 14 octobre 186), en
chemin de fer, que Dutilleux fut atteint pour la seconde fois d'une congestion au cerveau. Il en
mourait huit jours après.

Corot, Delacroix, sur ces deux noms dont il avait dès l'origine prévu la gloire future se
concentre toute la passion d'art de sa vie. Il collectionne tout ce qu'on écrit sur eux, toutes les
reproductions de leurs œuvres, parle d'eux sans cesse dans ses conversations, dans ses lettres, les
juge, les compare.

D'Eugène Delacroix, il écrira : « Chose étrange ! celui que chacun s'est plu à proclamer le
chef de l'école romantique, E. Delacroix, s'est trouvé être le seul peintre classique de notre

r. Voir l'Art, 5' année, tome IV, paye 145
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