L' art: revue hebdomadaire illustrée — 6.1880 (Teil 1)

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COURRIER

DES MUSÉES

XXVII

Musée de sculpture comparée. — Nous avons analysé dans
un précédent article le plan indiqué par Viollet-le-l)uc, peu de
temps avant sa mort, pour la création de ce'musée, et nous
avons émis le vœu que la commission instituée par le ministre
ne mît pas trop de lenteur à exécuter la tâche à elle confiée.
Nous sommes heureux d'apprendre aujourd'hui que les travaux
de cette commission, présidée par M. Antonin Proust, sont en
excellente voie. Grâce aux crédits pris sur le budget des monu-
ments historiques, on a pu commencer l'exécution de nombreux
moulages commandés soit en France, soit à l'étranger, et l'on
espère livrerait public, avant la fin de l'année 1880, ce musée à
peu près complètement organisé. Il sera divisé en six salles.
La première comprendra les types assyriens, égyptiens (pre-
mière dynastie), grecs (époque éginétique) et les types de la
statuaire française de la fin du xi° et du milieu du xii° siècle.
La seconde salle contiendra des types de la statuaire grecque
après l'époque hiératique et des types du xm° siècle en France.
Dans la troisième il y aura les types gréco-romains (période de
la décadence) et des types français des xiv° et xvc siècles. La
quatrième et la cinquième seront consacrées aux oeuvres ita-
liennes et françaises, depuis le commencement de la Renais-
sance jusqu'au xvme siècle. Enfin la sixième salle, divisée en
deux parties, renfermera des fragments d'ornementation sculptée,
appliquée à l'architecture, empruntés aux monuments français
de toutes les époques.

Musée de moulages d'après l'antique. — Par arrêté du
C> décembre 1879. rendu sur la proposition du sous-secrétaire
d'État des beaux-arts, une commission a été instituée pour
étudier l'organisation d'un musée historique de moulages d'après
l'antique, qui devra être placé dans l'aile droite du palais du
Trocadéro (côté de Passy), c'est-à-dire, précisément du côté
opposé à celui où est établi le musée de sculpture comparée.
Voici comment est composée cette commission : Président :
M. le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts. —
Vice-présidents : le sous-secrétaire d'Etat et le secrétaire général
du ministère des beaux-arts. — Membres : MM. Charles Blanc,
Chapu, Coquart, Dumont, Ch. Garnier, Eugène Guillaume,
Ileuzey, Mariette-Bey, Perrot, Ravaisson-Mollien, Rayet, Er-
nest Renan. —Secrétaire : M. Georges Lafenestre.

Musée de Cluny. — Quoi que l'on en ait dit, aucune
nouvelle salle n'a été ouverte au musée de Cluny en ces derniers
temps. La grande galerie qui se trouve au-dessus de la salle des
carrosses et qui seule reste à organiser est toujours vide et
attend une magnifique cheminée récemment découverte à Rouen
et qui doit la décorer. M. Du Sommerard se propose d'y mettre
ensuite une série de meubles et d'objets divers de l'époque
Louis XIII. Voici d'ailleurs les plus remarquables acquisitions,
dons ou legs, dont s'est enrichi le musée dans les derniers mois
de 1879. M. Gérard a légué sa collection composée d'objets
de toute nature et comprenant cinq ou six beaux meubles de la
Renaissance française, un grand nombre de bois sculptés des
xvc et xvi° siècles, des horloges, armes de chasse, épées du
moyen âge, et enfin une série de 133 pièces de céramique, com-
prenant notamment des faïences du temps de la Révolution,
extrêmement curieuses. Signalons aussi les objets suivants : une
très belle amphore romaine donnée par le docteur Benard-
Decaïn; des revêtements en faïence émaillés, provenant de Da-
mas, don de M. G. Dreyfus; des céramiques espagnoles, don
de M. le baron Davilliers; une série de briques émaillées,
provenant de l'Alhambra, don de M. Mannheim; une col-
lection de silex, don de M. le baron de Girardot; deux

magnifiques vases de Sèvres et une tapisserie des Gobelins, don
de l'État; enfin la série extrêmement intéressante de galva-
noplastie d'après de nombreuses pièces d'orfèvrerie qu'a envoyée
le gouvernement bavarois, et qui comprend des coupes, des
cannettes, des hanaps, des bronzes, dont les originaux se trou-
vent presque tous au musée de Nuremberg. On remarquera
surtout la cannette en cuivre repoussé représentant les Cinq
Sens et datée 1652, et un hanap du xvic siècle exécuté par Rosner
et représentant le Tir des armes à feu, etc. N'oublions pas les
deux mausolées de Marie de Bourgogne et de Charles le Témé-
raire dont les moulages, envoyés par le gouvernement belge,
ont été placés, il y a quelques semaines, à côté des tombeaux
des chevaliers de Malte.

Parmi les acquisitions faites en 1879 par le musée de Cluny,
nous signalerons : cinq dalles tumulaires de Bruges, fac-similés
peints et dorés, grandes comme les originaux ; diverses faïences
achetées à M. Eug. Piot; et de fort intéressants objets acquis à
la vente Castellani, notamment : trois pots siculo-arabes, d'une
origine tout à fait authentique, achetés 1,200, 1,420 et 1,600 fr.;
un magnifique coffret quadrangulaire en ivoire, du xivc siècle,
510 fr.; une petite châsse en bronze doré et gravé, du xv° siècle,
représentant Y Annonciation, le Calvaire, etc., 410 fr.; un
charmant reliquaire en argent, ayant la forme d'une petite
maison flanquée de tourelles, xvii0 siècle, exécuté par un évèque
d'Avignon, 5 3 5 fr.; diverses faïences italiennes, etc. Pour ter-
miner, ajoutons que le musée de Cluny a reçu une grande
quantité d'objets, vases de verre, bijoux, etc., découverts dans
des sépultures gallo-romaines aux environs de Poitiers, et qui
ont été décrits dans une brochure publiée par le chef de ba-
taillon M. Rhothmann, par les soins duquel les fouilles ont été
faites. Ces objets seront mentionnés dans le catalogue que
M. Du Sommerard compte publier dans le courant de l'année
1880, catalogue qui est absolument indispensable, étant donné
l'accroissement incessant du musée de Cluny.

Musée de Saint-Germain-en-Laye. — Plusieurs salles
nouvelles ont été aménagées au musée des antiquités nationales
de Saint-Germain ; elles sont consacrées au souvenir et aux
objets des époques gauloise et gallo-romaine. Dans l'une d'elles
a été placée la belle mosaïque d'Autun : Bellérophon combattant
la Chimère. Ce médaillon découvert en 1830, acheté par l'État
en 1862, et qui est un véritable chef-d'œuvre de l'art ancien,
date de l'ère des Antonins et peut-être du siècle d'Auguste.
Nous félicitons la direction des musées nationaux d'avoir enfin
rendu au jour cette magnifique mosaïque, objet de l'admiration
de tous les artistes, et qui a été parfaitement restaurée à la ma-
nufacture de Sèvres, par M. Poggesi. Les autres salles ne pré-
sentent pas un moindre intérêt, comme on peut s'en rendre
compte par l'énumération suivante : Salle 7 : Cimetières gaulois
des départements du nord-est (Belgique de César). — Salle i3 :
Siège d'Alésia, la Gaule au moment de la conquête romaine. —
Salle 17 : Voies romaines et bornes militaires. — Salle 18 : Ins-
criptions celtiques et romaines concernant les cités. Les pagi et
les vici de la Gaule sous l'administration romaine. — Salle 1 <j :
Divinités gauloises à l'époque romaine (dont la plupart sont des
divinités topiques, c'est-à-dire locales). —Salle 20 : Les légions
romaines en Gaule. — Salle 21 : Arts et métiers de la Gaule et
costumes gaulois du temps de l'empire romain.

C'est ainsi que, peu à peu, a été exécuté le programme donné
en 1867 au musée de Saint-Germain et qui consistait à « centra-
liser tous les documents relatifs à l'histoire des races qui ont
occupé le territoire des Gaules (de l'Océan au Rhin) depuis les
temps les plus reculés jusqu'à Charlemagne ».

Musée d'artillerie. — On sait avec quel soin et quelle
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