L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 2)

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236 L'ART.

en ce temps. La première feuille représente la création du monde, la dernière le déluge ; en
tout 26 pages, avec tètes d'hommes et d'animaux reproduites avec beaucoup d'art sur parchemin,
et tel qu'aucun prince ou potentat d'Europe n'est capable d'en posséder. D'après une inscription
jointe, il fut acheté en 1619 par une personne de grande noblesse pour la somme de 1,000 ducats...
en un mot, il dépasse dans l'art Joseph Verner(r). »

Ce document ne nous apprend qu'une chose, c'est que le livre dont il s'agit était déjà exécuté
en 1619, et je crois en effet qu'on peut le dater du milieu du xvic siècle. Quant au pays qui l'a
produit, nous sommes réduits aux suppositions. Ce n'est, croyons-nous, ni l'Allemagne, ni la
Flandre. Le style en est plutôt français, avec une certaine imitation de la manière flamande. En
tout cas, le prix de mille ducats auquel il fut acheté fait supposer qu'il était d'un artiste célèbre
en son temps.

Citons encore, parmi les œuvres intéressantes, deux volumes de Psaumes illustrés par Hans
Muelich de grandes enluminures; une Bible, qui, avec un autographe de Mélanchthon, contient
les portraits de Luther, de Mélanchthon et du grand électeur Auguste de Saxe, signés du dragon
ailé de Cranach le fils, avec les dates de i56o et de i562; enfin, un manuscrit français du
xve siècle, le Livre des dix Sibylles, .qui contient une assez belle miniature, représentant six
figures d'hommes et de femmes, avec cette curieuse légende : Comment, après les eaux bessées,
lessa aller le corbeau, lequel s'amusa à la charone et ne retourna pas. N'oublions pas non plus,
bien que nous nous occupions spécialement des miniatures, le magnifique Livre d'Heures de
l'empereur Maximilien, que Durer et Cranach ont illustré d'une foule de merveilleux dessins à la
plume.

Je n'ai parlé jusqu'ici que des ouvrages d'un réel mérite artistique. Au nombre de ceux qui,
moins bien conservés ou d'une époque antérieure, n'ont guère qu'une valeur archéologique, il faut
compter : les Quatre Fils Aymon, de Renauld de Montauban, illustrés de miniatures françaises;
un très ancien manuscrit italien, qui me paraît remonter au xmc siècle; une Chronique des princes
de Clèves, avec des miniatures flamandes, etc.

Tels sont les principaux ouvrages exposés dans le cabinet dit des Curiosités. Toutefois, parmi
les 25,ooo manuscrits que possède la Bibliothèque, il y en a un grand nombre d'illustrés, et je
ne doute pas que de patientes recherches ne fassent découvrir d'autres œuvres intéressantes et
dignes d'être reproduites. Le temps nous a manqué pour cet utile travail. Nous avons pourtant
trouvé, enfoui au milieu d'oeuvres sans importance, un manuscrit italien contenant un joli
frontispice, de la bonne époque, et d'assez curieuses miniatures allemandes, faites pour un évèque
de Salzbourg, et signées Berthold Furchtmeyer (?)

Octave Fidière.
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