L' art: revue hebdomadaire illustrée — 11.1885 (Teil 1)

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FLORENCE

LA LOGE DU BIGALLO

SA CONSTRUCTION, SON HISTOIRE ET SA RESTAURATION

a charmante petite Loge du Bigallo, située au coin de la Via de' Calzaioli et
de la Piazza del Duomo, a déjà été, en 1865, l'objet d'une restauration depuis
longtemps urgente, restauration effectuée sous la direction d'un architecte, le
professeur Mariano Falcini. Malheureusement les ressources étaient insuffi-
santes ; aussi dut-on se borner à renouveler les fondations de la salle, à

rouvrir les arcades murées depuis 1697 et à les garnir
de grilles de fer neuves. Il était tout aussi nécessaire de
USu: .F remettre en état l'étage supérieur, mais on se borna à
g^ffk faire des vœux platoniques en faveur de cette œuvre,
J2jV jusqu'au moment où le professeur Castellazzi, directeur de

/Tji l'Académie des Beaux-Arts, publia de pressants appels au
s'K&v^Êt P ubhc, qui devaient être écoutés, et ont fini par trouver
A-mNoifr» un accueil favorable et rendre certaine une restauration
sérieuse devenue indispensable.
^ fj L'histoire de ce petit édifice est assez peu connue.

Aussi nous y arrêterons-nous un moment. Le professeur
Hans Semper s'est servi avantageusement de l'excellente

petite brochure du comte Luigi Passerini, Curiosita artistiche di Firen\e (1866), pour réfuter,
dans son Aperçu de l'histoire de la sculpture toscane (Zurich, 1869), bon nombre de dates fausses,
jusque-là considérées comme vraies.

En somme, il résulte de ces études que la Loge du Bigallo fut construite par une pieuse
confrérie, la Arciconfraternita di Santa Maria délia Misericordia, et non, comme le crurent
d'abord Landini et autres, par la Compagnia del Bigallo ou Compagnia maggiore. La similitude
des noms a donné lieu à une erreur qui n'a été commise ni par Vasari ni par Baldinucci; ces
deux écrivains ne nomment jamais que la Chiesetta délia Misericordia. Du reste, les écussons
adaptés à l'intérieur des arcades se rapportent uniquement à la Misericordia, dont les droits sont
confirmés encore par une fresque, datant du temps même de la construction, et qui représente
allégoriquement la confrérie. De plus, les documents tirés par Passerini des collections des
Archives ne laissent aucun doute sur l'époque de la construction, et réfutent en même temps
1 opinion hasardée par Vasari que Niccolô Pisano serait l'architecte de la Loge du Bigallo.

Gaetano Milanesi, dans la nouvelle édition des œuvres de Vasari, a rectifié la plupart des
erreurs commises au sujet de Niccolô Pisano et d'Andréa Pisano.

Mais revenons à la Misericordia. Les membres de cette confrérie charitable s'étaient
associés dans le but d'assurer aux morts une sépulture convenable, de recueillir de pauvres
enfants abandonnés, de vêtir les indigents, de délivrer les prisonniers. Ils dépensaient des sommes
considérables pour ces œuvres de bienfaisance. Passerini nous fournit, dans sa Storia degli Stabi-
hmenti di Beneficen\a (Firenze, Le Monnier, r853), les détails les plus complets sur les actes
de la confrérie. Il nous suffira de dire ici que la Misericordia fut fondée, sans doute, par les
Laudesi d'Or San Michèle, lors de la peste qui exerça ses ravages en i32Ô. Dès 1348, de
nombreuses donations lui permirent de songer à acquérir un établissement qui lui appartînt
en propre. La Société possédait alors la somme très importante (même après la découverte des
mines d'or de l'Amérique) de 35,000 florins d'or qui, de nos jours, représenteraient une valeur
au moins quadruple. En 1351, le 16 septembre, un certain Giovanni di Albizzo Pellegrini lui
fait cadeau de sa maison, située au Corso degli Adimari. (Archivio del Bigallo. Lib. II. di Delibe-

Tome XXXVIII.

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