L' art: revue hebdomadaire illustrée — 13.1887 (Teil 2)

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L’ART.

tout d’abord par leur science consommée : un architecte
de profession n’eût pas su calculer plus exactement les
proportions relatives de chaque élément, depuis le pied
jusqu’au couvercle, ni les agencer plus habilement. Mais,
pour faire dès le début la part de la critique, j’ajouterai
que les figures en ronde bosse ornant ce s vases, avec leur
modelé trop sommaire et leurs contours parfois trop heur-
tés, révèlent l’inexpérience de Holbein en matière de
plastique ; il n’avait évidemment jamais manié l’ébauchoir,
jamais abordé ces hautes et fortes études qui ont donné à
la peinture de Léonard, par exemple, sa souveraine per-
fection. Ces vases, tous traités dans l’esprit de la Renais-
sance (sauf peut-être les godrons, rien ne rappelle la lourde
orfèvrerie à laquelle la ville d’Augsbourg a attaché son
nom), renferment néanmoins un élément vivant, qui dès
lors manquait aux décorateurs italiens, de plus en plus
entraînés dans le domaine de l’abstraction, cette dernière
étape des écoles en décadence : à tout instant Holbein y
introduit quelque motif sentant son temps et son pays :
ici, un buste de jeune femme en costume du xvie siècle
pl. XXVI) ; là, un chiffre enlacé ou la couronne d’Angle-
terre .

A côté des compositions pour vases, il faut citer les
esquisses pour pommeaux, poignées et gaines de poi-
gnards. La minutie de l’orfèvre, préoccupé de creuser

jusqu’au moindre rinceau, s’allie avec la fantaisie du
peintre; si rien n’est plus étudié, plus serré que les pom-
meaux du British Muséum (pl. XXXII), rien aussi n’est
plus brillant comme invention : ici, ce sont les admirables
rinceaux, si savoureux et si fiers, que Holbein a perfection-
nés à son usage ; là, une danse des morts ou un cortège
triomphal, dans le goût du Triomphe de Jules César, ou
encore un combat auquel préside une femme assise sur un
char ; enfin Y Histoire de Pyrame et Thisbê et le Jugement
de Paris.

Aux esquisses de poignards succèdent des esquisses de
bijoux, broches, pendants d’oreilles, boucles, de nielles,
de cheminées monumentales, d’horloges, — tout un
monde de motifs d’une parfaite élégance, —pour ne point
parler des marques d’imprimeurs, des alphabets historiés,
de tant d’autres chefs-d’œuvre de l’ornementation (n’ou-
blions pas qu’à côté des dessins d’ornements du maître, il
y a ses gravures d’ornements). Mais je ne pousserai pas
plus loin cette analyse, afin de ne pas diminuer la surprise,
le ravissement qui attendent mes lecteurs lorsqu’ils étu-
dieront le monument véritablement définitif que M. His,
si bien secondé par MM. Boussod et Valadon, vient d’éle-
ver à la gloire de ce maître entre les décorateurs.

Eugène M U n t z.

Spécimen de la dentelle intérieure d’une reliure exécutée par Padeloup en 1744-
(Manuel Historique et Bibliographique de VAmateur de Reliures, par Léon Gruel.)

CDXXXIV

Manuel Historique et Bibliographique de l’Amateur de
Reliures, par Léon Gruel, relieur. Grand in-quarto
de 186 pages, orné de nombreuses planches. Paris,

Gruel et Engelmann, relieurs, 418, rue Saint-Honoré.
MDCCCLXXXVII.

Ce livre, véritable monument typographique qui fait
le plus grand honneur aux presses de M. Robert Engel-

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Fac-similé dans le Manuel Historique et Bibliographique de l'Amateur de Reliures, pal Léon Gruel.

rnann, débute par quelques lignes de préface dans les-
quelles l’auteur expose le plan de son ouvrage. Je tiens à
les reproduire parce qu’elles disent et toute la conscience
et toute la modestie de l’homme, de l’artiste à qui est dû
ce très utile travail. J’aurai plaisir à exposer ensuite com-
bien il a fait œuvre à la fois sérieuse et magnifique.

« Je livre aujourd’hui au public amateur de Reliures
le résultat de longues et minutieuses recherches, nous dit

M. Léon Gruel. J ai réuni dans ce Manuel tout ce qui,
au point de vue historique, touchait à l’art de la Reliure
et pouvait intéresser un collectionneur sérieux, en m’atta-
chant, par-dessus tout, à ne traiter que les sujets indénia-
blement reconnus de tous, ou ceux dont il m’a été possible
de mettre immédiatement sous les yeux une preuve irré-
futable. Il ne faudra pas s’étonner si l’on rencontre quel-
ques lacunes : le plus souvent elles sont volontaires et
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