Universitätsbibliothek HeidelbergUniversitätsbibliothek Heidelberg
Metadaten

L' art: revue hebdomadaire illustrée — 15.1889 (Teil 1)

DOI article: DOI Page / Citation link: 
https://doi.org/10.11588/diglit.25867#0286

DWork-Logo
Overview
loading ...
Facsimile
0.5
1 cm
facsimile
Scroll
OCR fulltext
LES PEINTRES DU CENTENAIRE

1789 — 18891

EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889

GAUFFIER T l8oi.

IV

DUCREUX T 1802. - BRUANDET f l8o3.

LAGRENÉE AINE, GREUZE f l8o5.

CASANOVA,

e 20 octobre 1801 mourait à Florence, à l’âge de quarante ans, un peintre
originaire de La Rochelle, aimable, spirituel, bien doué, qui s’était fait remar-
quer par divers envois au Salon. Il se complaisait dans les sujets héroïques ;
mais il les traitait sans froideur, sans cette solennité prétentieuse qui est le
propre de David, avec une recherche de la simplicité et de la grâce
qui évoquent le souvenir de Prud’hon. C’était Louis Gauffier, dont
le Louvre a conservé Cornélie sollicilée par les dames romaines de
donner ses bijoux à la patrie et les Trois Anges d’Abraham.

Le 24 juillet de l'année suivante, dans un fossé bordant la
route de Paris à Saint-Denis, on relevait foudroyé par une attaque
d’apoplexie un voyageur qui venait de descendre du coche. Il s’ap-
pelait Joseph Ducreux. C’était un élève de De la Tour. Son adresse
dans le portrait, — qu’il exécutait indifféremment à l’huile, au pastel
ou en miniature, — lui avait ouvert rapidement les portes de la cour.
Il était allé à Vienne faire le portrait de Marie-Antoinette, encore
archiduchesse, et à la veille de l’exécution du roi, il avait pu péné-
trer auprès de Louis XVI pour y tracer son portrait d’un crayon rapide,
mais singulièrement observateur. Ses relations avec les chefs de la Mon-
tagne avaient seules pu lui ouvrir ainsi les portes du Temple; elles dataient

de loin.

Marié à une femme très jolie, aimable, spirituelle; père de deux filles
aussi adorables que leur mère, logé au Louvre, il recevait beaucoup et était
lui-même très répandu dans la haute société. Son logement était bientôt devenu le rendez-vous
de ce que tout Paris contenait; de sommités littéraires, scientifiques, artistiques, politiques. F011-
tanes s’y rencontrait avec le vaudevilliste Deschamps, Méhul et Clarke, le futur duc de Feltre ;

Mirabeau et Bailly, Barnave, Vergniaud, puis Couthon, Robespierre et Saint-Just, dont il avait

fait les portraits, paraissaient de temps à autre dans son salon.

Ses dernières années furent marquées par de nombreux chagrins domestiques. En 1798, l’un

1. Voir l’Art, 15° année, tome I", pages 145, 168 et a3i.
 
Annotationen