L' art: revue hebdomadaire illustrée — 15.1889 (Teil 2)

Page: 111
DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1889_2/0129
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.

CENT ANS DE GRAVURE (1789-1889).

11 r

dernières années, en vue de hautes récompenses. Il voulait
se voir désigner par les artistes eux-mêmes les plus vivantes
productions de l’école, et faire de cette sélection d’ensemble
un usage périodique dans l’avenir. L’Institut fut juge et
partie, avec une entière clarté, et composa un rapport
en belle forme. Après lecture, l’empereur ordonna de
mettre sous les yeux du public ces célèbres premiers Prix
Décennaux, peintres, sculpteurs, architectes, graveurs.
Filhol eut raison de voir dans cette Exposition un motif
à volume, car il s’agissait vraiment là de l’essence même
et de l’excellence de l’art contemporain. Un petit in-quarto
fut aussitôt entrepris, avec la collaboration de Quéverdo,
Pigeot, Châtaignier, Oortman, Lerouge, Ribault, Villerey,
Duparc, Bovinet, Duplessis-Bertaux, Laugier, Heina,
Corot, Niquet, et Roger pour un Prud’hon et un Girodet,
et Forster tout jeune encore. La plupart des cuivres, pré-

parés à l’eau-forte de la main de Quéverdo ou de Duples-
sis-Bertaux, puis laissés à finir aux burinistes, sont du
soigneux le plus parfait. Ils se succèdent dans l’ordre sui-
vant : les Sabines et le Sacre, de David; les Pestiférés de
Jaffa et le Champ de bataille d’Eylau, de Gros; le Déluge,
Atala au tombeau et les Clefs de Vienne, de Girodet; les
Trois Ages, de Gérard; le Remords d’Oreste, de Henne-
quin; le Marcus Sextus, Phèdre et Hippolyte et Bona-
parte pardonnant aux révoltés du Caire, de Guérin ; la
Bataille d’Austerlit7, de Carie Vernet; l’Allocution au
pont du Lech, de Gautherot; le Passage du Saint-Bernard,
de Thévenin; Y Arsenal d’Inspruck et les Adieux d’Eucha-
ris et de Télémaque, de Meynier; la Vengeance divine,
de Prud’hon ; la Famille de Priant, de Garnier ; YEmpe-
reur honorant le courage malheureux, de Debret. Dix
grandes œuvres de sculpture viennent après : le Poussin,

L’Enlèvement des Sabines.
Gravure de Girardet, d’après le Poussin.

de Julien; la Patrie, de Moitte; le Napoléon, de Roland;
YAristide, le Vergniaud, la Pudeur, de Cartellier ; du
même Cartellier : la Gloire distribuant des couronnes, le
haut-relief de la colonnade du Louvre, le Napoléon et le
Cyparisse ; de Chaudet : les Muses rendant hommage à
Louis XIV, autre fronton de la colonnade. Pour être
absente de ce recueil, où il lui était d’ailleurs impossible
de figurer en nature sans nécessiter d’invraisemblables
réductions de format et des tirages ruineux pour l’éditeur
et surtout ruineux pour la belle conservation des planches,
la gravure ne faisait pas moins partie de ce concours capi-
tal. Bervic était le beau victorieux avec son Enlèvement
de Déjanire. A la date de 1825, la veuve Filhol proposait
à M. de Forbin, directeur des Musées royaux, la cession
de cet ensemble de cuivres à la Chalcographie, à titre de
« monument historique ». Mais, sur un rapport de Morel
d’Arleux, cette offre fut écartée, non sans raison. « Il

suffit, disait Morel, il suffit d’observer que la Chalcogra-
phie instituée à l’effet de favoriser les progrès de la gra-
vure doit entreprendre une longue suite de travaux en
offrant à de jeunes artistes d’utiles occasions de déve-
lopper leurs talens et a pour but en excitant une heureuse
émulation de ramener parmi nous le bon goût dans cette
partie des beaux-arts. L’acquisition du Concours décennal
loin de coopérer au but proposé éloignera probablement
l’occasion de voir accomplir des vœux formés depuis long-
tems et détournera le Gouvernement de jetter sur la gra-
vure un coup d’œil vivifiant. »

L’iconographie militaire de Napoléon occupait ceux
des graveurs les moins chargés de travaux pacifiques. A
ce moment de grandeur française, pas un artiste, pour
humble fût-il, ne put s’empêcher de traduire en peinture,
en dessin, en bas-relief, les scènes de conquêtes les plus
frappantes pour son imagination. Cela, indépendamment
loading ...