L' art: revue hebdomadaire illustrée — 19.1893 (Teil 2)

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L'ART.

À/y

désirerait un peu moins d'habileté et plus de variété
d'exécution.

Mmc Diéterle née Van Marcke, un Anglais, M. Alfred
Elias, M. Adolphe Marais, M. Edmond Borchard, un
Espagnol, M. A. Seiquer, et M. L. V. Watelin comptaient
seuls en qualité de peintres d'animaux.

XX

Aux dessins, pastels, aquarelles, etc., on retrouvait à
côté de la maîtrise de M. J. J. Bellel, de belles gouaches
de M. Paul Biva et de M. Paul Méry, et de nombreux
et fort intéressants
pastels : Portrait
de Mmc M. du M...,
par M. Félix Brès ;
Une Rose, par Miss
Mary-Helen Car-
lisle ; Coquetterie,
par M. Chantron ;
Fillette des champs
et Enfant de la
terre, par Mllc
Louise de Hem,
qui est brillamment
douée ; le Dessin
à l'école primaire,
composition de
quatre figures très
bien traitée, par
M"c Henriette De-
sauty ; Portrait de
M. R. M..., par
Mmc Marie Jour-
dier ; les Amis du
curé et Occupations
de sœurs, par
M. Henri Laurent-
Desrousseaux ;
Etude, par M.

Edouard-Michel
Lançon ; Fleurs
d'automne et Ava-
lées et anémones,
par M. François
Rivoire, mais par-
dessus tout Femme
couchée, modeste-
ment qualifiée

Porcher, M. Frédéric Régamey et avant tous, bien que
nous le citions le dernier, un peintre suisse, M. Laurent
Sabon, dont les Environs de Genève ont été très remar-
qués ; ce paysage a tous droits à des éloges sans réserve.
M. Sabon est un maître-aquarelliste.

Les raffinés regrettaient vivement l'absence de M. Henri
Courcelles-Dumont, qui traite la peinture à l'eau avec la
plus victorieuse virtuosité.

Mmes Claire Bouchot et Hortense Richard sont d'ha-
biles miniaturistes, et Mme Marie Pinloche, qui habite le
département du Nord, décore la faïence avec beaucoup de
goût.

XXI

Le grand tort
de la sculpture,
c'est de tourner,
elle aussi, à la mo-
notonie, et à la
monotonie d'école,
qui pis est. Le visi-
teur intelligent ne
pouvait s'empêcher
de trouver que,
dans l'ensemble,
cela donnait à nou-
veau l'impression
produite l'an der-
nier, et la réflexion
l'amenait à recon-
naître qu'à bien
des égards, 1892
rappelait égale-
ment par trop 1891.
Il se produisait
toutefois des excep-
tions alors et des
plus brillantes;
elles faisaient en
quelque sorte ou-
blier l'uniformité
du plus grand
nombre. Cette fois,
il n'en est plus de
même, tant les
exceptions se raré-
fient.

C'est que cette
monotonie qui en-

étude, par M. René vahit à son tour la

Gilbert, le plus fort La Préférée. sculpture est la ré-

saris discussion Dessin de Henri Laurcnt-Dcsrousseaux, d'après un de ses pastels. Sllltailte inévitable

possible de tous les , d'un état de médio-

pastellistes contemporains. Cette Etude de nu laissait loin
derrière elle toutes les figures nues du Salon, et par la
science du dessin, et par la souple puissance du modelé,
et par le goût de l'arrangement, et par l'éclat harmonieux
de la tonalité. Rien, cet hiver, à l'Exposition de la Société
de Pastellistes français n'était de force à rivaliser avec
cette Femme couchée, œuvre accomplie de M. René Gil-
bert.

Les aquarelles abondent, mais c'est le cas ou jamais de
répéter: « Beaucoup d'appelés, peu d'élus. » Au nombre
de ces derniers, Mllc Jane Berr de Turique, M. Henri
Biva, Mmc "Marguerite Cresty, MIIes Aurélie et Marie
Dampt, un Anglais, M. John Fraser; un Espagnol,
M. Gumerindo Garcia; M. Gaston Gélibert, M. Hector
Giàcomelli, Mme Marguerite de Kermaingant, M. Albert

crité générale qui tend de plus en plus à s'accentuer en
raison de l'accroissement constant d'amateurs qui se pren-
nent pour des statuaires, et de sculpteurs sortis la plupart
du même moule, qu'ils soient des produits des académies
particulières ou qu'ils nous arrivent de l'Ecole nationale
des Beaux-Arts, cette usine inutile et malsaine dont un
des plus éminents membres de l'Institut, écœuré des avor-
tons artistiques qu'elle engendre, souhaitait dernièrement,
en notre présence, la prompte fermeture et la transforma-
tion en Musée. Ce grand artiste parlait d'or; aussi a-t-il
plus que probablement parlé dans le désert !

Les pauvres figures, hommes et femmes, qui peuplaient
en énorme majorité le Salon, sont tout bonnement des
études d'École agrandies, coulées en plâtre ou en bronze,
voire même taillées en marbre, hélas !
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