Exposition Internationale d'Art Byzantin <1931, Paris> [Hrsg.]
Exposition internationale d'art byzantin: 28 Mai - 9 Juillet 1931, Palais du Louvre — Paris, 1931

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pièce d'argenterie, un émail. Cette fierté de tenue, cette
admirable adaptation de la forme à la matière disent
hautement que l'artiste n'a jamais été opprimé par le sens
de l'infériorité du travail auquel il se livrait. Le signe
distinctif de l'artiste byzantin est précisément sa puissance
à s'exprimer pleinement dans n'importe quelle technique ;
une telle maîtrise, une telle domination de la matière
que la technique, pour l'observateur, n'a plus d'impor-
tance. Ainsi une petite pierre gravée, une soierie attein-
dront à la même intensité d'expression que la plus magni-
fique mosaïque murale.

C'est peut-être à cause de leur conscience de l'égalité,
de l'unité essentielle de l'effort créateur à travers toutes
les techniques que les artistes byzantins ont si rarement
signé leurs œuvres, alors qu'en Occident — plutôt dans
d'autres pays qu'en France, où la recherche des noms
de sculpteurs romans, par exemple, là même où elle est
fructueuse, n'éclaire pas plus que dans le domaine de
l'art byzantin — l'art du haut moyen-âge commence à
peine à s'outiller que les artistes tiennent aussitôt à livrer
leurs noms à la postérité, s'engageant ainsi dans la voie
qui aboutira à la peinture de chevalet.

Malgré la discipline à laquelle l'artiste se soumet, et
qui lui enlève toute tentation de faire admirer son jeu
personnel dans l'ensemble orchestral, l'art byzantin est
extrêmement mobile, d'une variété telle que chaque
nouvelle découverte, — faite soit dans des fouilles, soit
derrière le badigeon d'une mosquée de Damas ou de
Cordoue, soit dans un trésor d'église ou un tiroir d'anti-
quaire, — risque de nous en révéler un aspect insoupçonné.
Nous le connaissons encore mal, le matériel qu'il faudrait
posséder pleinement pour en commencer l'étude n'a pas
été rassemblé, même sous forme de reproductions. Dans
les musées les plus riches en art byzantin, les pièces sont
disséminées à travers les départements ; beaucoup d'entre
elles, et non les moindres, n'ont pas été relevées. Jusqu'à

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