Exposition Internationale d'Art Byzantin <1931, Paris> [Hrsg.]
Exposition internationale d'art byzantin: 28 Mai - 9 Juillet 1931, Palais du Louvre — Paris, 1931

Seite: 28
Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_byzantin1931/0042
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
ce jour, on n'a jamais tenté de faire une exposition géné-
rale d'art byzantin, tandis que l'on en a fait de nombreuses
pour les arts musulmans, l'art d'Extrême-Orient, sans
parler de ceux d'Europe.

L'Exposition actuelle, qui groupe des objets provenant,
grâce à la générosité des autorités qui en ont la garde,
d'une dizaine de pays, pourra en donner une idée assez
complète. Les grandes époques y sont représentées de
façon éclatante. En contemplant les torses impériaux en
porphyre rouge, de Ravenne et de Berlin, la tête d'Im-
pératrice, en marbre, de Milan, les somptueuses soieries
venues de Hollande, d'Allemagne, d'Italie, de Lyon et
de Sens, les danseuses des plaques émaillées de la cou-
ronne de Constantin Monomaque, venues de Budapest
et du Victoria and Albert Muséum, de Londres, la
grande tapisserie et les bijoux d'une collection particu-
lière de Washington, les pages du Codex de Rossano,
les monnaies et camées du Cabinet des Médailles, le disque
d'argent de Théodose (Madrid), le coffret d'ivoire de
Troyes, les peintures du manuscrit d'Oppien de Venise,
on s'apercevra que tout, dans l'art byzantin, n'est pas
hagiographie : ces artistes ont créé dans la joie et la délec-
tation de tout ce que ce monde peut offrir aux sens.

Dans le domaine de l'art à sujet religieux, les grandes
époques ont vu une éclosion également magnifique : les
splendeurs de la cour des basileis, avec tout ce qu'elle
comportait d'étiquette, de règles et de préséance, ont été
transposées dans la cour céleste. Si jamais des hommes
ont pu dire «Domine, dilexi decorem domus tuae » ce sont
bien ceux qui ont fait la plaque en argent repoussé des
Saintes Femmes au Tombeau, du Louvre, le feuillet
d'ivoire de Romain et d'Eudoxie du Cabinet des Médailles,
les mosaïques portatives du Bargello [et du musée
d'Athènes.

Il est évident que l'architecture, peut-être la première
gloire de Byzance, échappe à notre exposition. Les photo-

28
loading ...