L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,1.1898/​1899

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L’ART DÉCORATIF

4m» PRIX :

SmoPRIX


MENTION : M-. RICHARD BAZELEER, A ANVERS

M. HENRY-ANDRÉ
A PARIS

serait, reportée toute l'inti-
: l’une pour les

parents,
les filles,
services

Le groupe bien connu d'artistes,
composé de MM. Ch. Plumet, Félix Aubert,
Alex. Charpentier, Desbois, Moreau-Nélaton,
et Tony Selmerstein, vient d’adresser à la
ville de Paris un rapport (édité en brochure
chez Floury) sur la proposition faite par ces
artistes d’édifier à l’Exposition de 1900 une
maison, type du foyer moderne.
Ces Messieurs demandent à la Ville une
superficie de 250 mètres de terrain dans
l’enceinte de l’Exposition particulière de la
Ville de Paris, et une subvention de 50.000
francs à employer comme suit: 20.000 francs
pour édifier la maison à 800 francs de loyer ;
10.000 francs pour l’aménagement intérieur,
le mobilier et les objets usuels ; et 20.000 francs
pour les frais nécessités par la fabrication des
modèles nouveaux de mobilier, tentures, ferrures,
porcelaine, verrerie, couverts, lingerie, etc. Les
artistes font observer que l’industrie ne peut
changer ses modèles de fabrication qu’à l’aide
d’une direction purement artistique ; ne pouvant
compter sur son concours pour la création de ceux
que nécessite la maison moderne, ils doivent les
faire établir eux-mêmes.
La maison-type de MM. Ch. Plumet et consorts
serait donc, pour le public, l’exemple de ce que
doit être le foyer moderne et la démonstration de
la possibilité de l’établir et de la garnir dans
les conditions de prix ordinaires, et pour l’in-
dustrie, la source d’inspirations pour le rem-
placement de ses modèles surannés par d’autres
répondant aux besoins et aux aspirations de notre
temps.
Il est bien entendu que l’offre est entièrement
désintéressée ; son but n’étant que d’aider ail
triomphe des vues humanitaires et artistiques de
ses auteurs ; ceux-ci n’entendent prélever aucune
rémunération de leurs études, leur temps et leurs
frais personnels.
« Notre but, — dit le rapport, — est de dé-
montrer qu’il est possible de réaliser un type de
maison simple, peu coûteux, ' ' intime
puisse s’écouler douce et
calme. En cette maison,
l’homme qui travaille,
après sa tâche quoti¬
dienne, devra retrouver le
vrai foyer.
« Que serait ce foyer ?
« 11 y aurait d'abord la
vaste salle où les parents,
les amis, les voisins,
pourraient se grouper aux
jours solennels de la fa¬
mille. Cette salle verrait
les joies et les deuils. Avec
sa longue table, ses bancs,
ses chaises, ses larges
baies ouvertes sur la rue
pendant le jour, et, le soir,
parfaitement closes, elle

serait l’endroit des repas et des conver-
sations. De là, on verrait passer la'vie du
dehors au travers des carreaux, on s’y
reposerait du travail du jour en un délas-
sement commun aux heures paisibles de
la veillée.
« Ici, avant de regagner les chambres
des étages, chacun s’occuperait suivant
sa fantaisie : le père lirait les feuilles, la
mère terminerait quelque travail de cou-
ture et le plus jeune des fils parachève-
rait une page d'écriture pour l’école du
lendemain.
« Par une porte entr’ouverte, l’office, la
cuisine apparaîtraient, et peut-être aussi
la buanderie avec ses blancheurs de linge
étendu, où subsiste l’odeur parfumée des
lessives.
« Ainsi conçu et simplifié à l’extrême,
ce rez-de-chaussée répondrait à tous les
besoins de la vie en commun. On n’y
trouverait point, certes, l’orgueilleux et
imbécile salon de la maison dite bour¬
geoise, nonplus que le fauxluxe de mauvais canapés,
de lustres en verroterie et de bronzes informes,
honte des cheminées, qui caractérise la pièce de
réception de l’appartement d’aujourd’hui.
« Mais on y rencontrerait, dès le seuil, la pièce
accueillante où, de- suite, sans hésitation, s’im-
poserait l’utilité de tout détail et la raison d’être
de l’ensemble.
« Au premier étage serait reportée toute l’inti-
mité. On y verrait trois chambres : l’une pour les
•-" l’autre pour les garçons, la dernière pour
La salle de bain, les toilettes, les divers
s’inséreraient entre ces trois pièces prin-
cipales et compléteraient, au mieux de la commo-
dité de chacun, le plan de cet étage réservé par
excellence à la famille.
«Enfin, plus haut,rééditantla disposition de lasalle
inférieure, et pour utiliser par exemple le surplus des
combles, on organiserait le grand atelier de travail
où le père, après son repas du soir, pourrait venir
diriger dans un sens pratique et compléter de
notions techniques l’instruction de ses fils.
« ... Et puis, généreusement ouverte à tout
ami, une chambre compléterait l’étage, chambre
simple mais confortable. Un lit, deux chaises, la
toilette et l’armoire, la lampe sur la table, juste ce
qu'il faut pour que l’étranger qui passera là une
nuit s’endorme avec confiance dans un décor
d’hospitalité sincère et sans phrases. »




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