L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 3,2.1901

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L'ART DÉCORATIF



idéal de simpiicité)). L'idéal de simpiicité
dans une humanité dont l'àme va toujours
se compliquant, cela ne se comprend guère.
La vérité, c'est que le sentiment de la
beauté renfermée dans i'objet, sans concours
extrinsèques, s'éveille en nous. Nous pressen-
tons que Tart de i'avenir, c'est la pureté. Les
tâtonnements de (( i'art moderne )) traduisent
ce sentiment, dont l'expression déhnitive sortira
de ia fusion de i'art et de i'industrie.

A. CHAKPENTIER POIGNÉES (BRONZE DORË)
une boutique de verreries en un quartier quei-
conque et vous prenant à contempier les
ahreuxporte-bouquets à treize sous, de penser:
« Dire qu'on aurait pu faire quelque chose de
très bien avec ceia! )) Vous pensiez juste. Mais
quand vous avez ajouté en vous-même : (( C'eùt
été si facile! )) vous vous trompiez; la preuve,
c'est que depuis un siècie que des fabriques de
verre font des porte-bouquets à treize sous, pas
une n'en a fait un joii. Donc, un homme est
nécessaire pour ieur montrer à le faire bien.
Cet homme est l'artiste. Du bibeiot ie pius inhme
jusqu'au pont jeté sur legrand
fieuve, son aptitude est né-
cessaire pour faire sortir de
ia chose la beauté qu'eiie
renferme : aptitude qui n'est
pas ia création, mais une
sensibiiité particuiière de la
beauté, doublée de ia facuité
de i'exprimer.
Telestieservicequela
chose de i'avenir réciamera,
et par iequei i'(( o?-/ /oMh)
sera.
Qu'on ne dise pas que ce
sont ià des mots. La critique
est unanime à constater que
dans l'art moderne des objets,
la tendance à ia simpiihcation
domine tout. Le fait est mani-
feste. Mais je me sépare de
mes confrères quand iis écri-
vent, pour toute expiication,
que (( i'idéai moderne est un A. CHARPENTiER BOUCLE DE CEiNTURE (ARGENT)

En remettant en honneur ie culte de i'art
dans ies objets, Ruskin et Wiiliam Morris ont
en mème temps répandu un préjugé funeste
dont nous ne faisons que commencer à revenir :
ia haine de la machine. Ces deux grands esprits
ia poussaient jusqu'à ia folie. Pouri'un et l'autre,
ia machine était i'ennemie, ie fiéau d'où sortent
tous les maux de i'humanité d'aujourd'hui, ia
perdition, ia fin de tout. Ruskin, dans son hor-
reur de la iocomotive, se faisait brouetter de
Londres jusqu'en Écosse en carrioie. Morris
n'admettait pas qu'un autre outil que ia main
prît ia moindre part aux travaux de ses coiia-
borateurs. Quand il entreprit d'imprimer de
beaux iivres, ce fut une presse à ia manière de
celles de Gutenberg qu'ii instalia dansles
combles de Kelmscott Manor.
Ainsi ces deux grands hommes en sont
restés à la notion de lMr/ ^7GS073?2^/ dans l'objet,

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