L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 4,1.1901/​1902

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MARS 1902



H s'agit, nous
l'avons dit, d'un art
féminin entre tous,
c'est-à-dire de l'un de
ceux par lesquels l'en-
semble de notre art
gardera à travers les
temps le plus de séduc-
tion, le plus de pmssance d'é-
vocation pour ressusciter ce que
lut, dans ses luxes intimes, l'époque
où nous aurons vécu. Eh bien! pour-
quoi ne verrions-nous pas se produire
pour la dentelle ce qui est arrivé pour la bro-
derie, ou encore pour le bijou? Les femmes ont
voulu avoir le bijou moderne, elles l'ont eu. A la
suite de quelques initiateurs, l'clan vers la fantaisie
^t l'imagination s'est répandu, et nous avons aujourd'-
hui, dans ce domaine, un art très nettement caractérisé,
riche en exemples excellents, qui appartient authentique-
ment à notre époque.
Je sais bien que les belles dentelles sont considérées
comme un capital, qu'on së les transmet de mère à hile, et
que lorsqu'on a des dentelles anciennes dans ses coffrets, on
les reporte sur des toilettes

JACQUES BILLE
CARTON DE DENTELEE

J. BILLE

CARTON DE DENTELLE
POUR CRAVATE n n n n

nouvelles, de même que l'on
donne à remonter d'anciens bijoux.
Mais cette comparaison même nous
indique qu'il y aurait une part à
faire à la dentelle nouvelle: de
même qu'à côté des bijoux anciens
que l'on continue à porter, ta pro-
duction des bijoux nouveaux est in-
cessante, de même les achats de den-
telles n'ont pas cessé de se produire;
les modèles nouveaux sont donc légi-
times. Ou bien si, lorsqu'on fait l'ac-
quisition de dentelles, on n'en veut
que d'anciennes, afin d'être mieux
assuré de leur valeur et du placement
que l'on fait, c'est là un genre de
snobisme analogue à celui de certains collectionneurs qui
ne songeraient ni aux tableaux de nos peintres d'aujourd'-
hui, ni aux tapisseries ni aux objets d'art que l'on produit
de nos jours. Il suffirait de quelques influences notables
pour montrer que l'on peut accorder du prix à ce qui
en a réellement, sans que l'on ait besoin de la consécration
des siècles ; et la vogue deviendrait bien vite aussi vive
que pour le bijou ou la broderie, pour s'en tenir aux arts
de la parure, aux arts féminins.
Il faut reconnaître que nous possédons des modèles
anciens admirables, mais il en est de la dentelle comme
de tout autre domaine de l'art : l'art n'aura jamais
tout dit. Son champ d'inspiration est illimité ; et si

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