L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 4,2.1902

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0.5
1 cm
facsimile
AVRIL 1902

sentimentale ; on peut en avoir un exemple
par Lzz Az-zzzcexxe <H /e Pzzg*e, où la pose de
la Princesse, la tète fortement modelée du
jeune homme, le pli de ses lèvres, la lueur
de ses yeux, ses mains fines et nerveuses,
sont des détails évidemment voulus et com-
binés pour donner la plus grande somme
d'expression possible ; et il n'est pas jusqu'à
cet œillet d'un rouge sombre, émergeant seul
d'un vase étroit, qui ne mette dans un coin
une tache intentionnelle, comme un sceau
sanglant. Sauf ce motif accessoire du vase et
de la Heur, la composition reste très sobre;
la scène est admirablement comprise dans
son ordonnance grave, et l'impression de-

là couleur ; mais son goût pour la
recherche du caractère individuel,
de l'expression profonde, ramène à
la vie véritable les héros qui ne res-
teraient sans cela que des person-
nages de théâtre, n'exprimant qu'un
sentiment bottant, à l'égal du pay-
sage qui les encadre. Ce sont des
figures que M. van Welie veut peindre,
des figures émouvantes par ce qu'elles
reflètent de souffrance ou d'inquiétude
vague devant le mystère des destins,
car son œuvre est toujours portée
vers une belle mélancolie, affirmant
la gravité de la pensée devant la vie.
C'est en des figures réellement vi-
vantes que l'artiste incarne les êtres
qu'il emprunte à la légende, à l'his-
toire ou à la littérature; elles se
précisent avec leur construction forte,
leurs traits propres, car c'est déjà
ici du portrait, et il a choisi et dé-
nommé ses modèles selon la signi-
fication morale que lui semblait com-
porter leur physionomie. Mais cette
expression même, c'est bien par des
lignes, par des plans, par des accents
personnels qu'elle se révèle sur le
visage humain, et le peintre, en les
transcrivant, en leur accordant toute
leur valeur psychologique, pour ainsi
dire, n'outrepasse pas les bornes de
l'art du dessin.
Il est certain que M. van Welie
compose toujours avec grand soin
ses tableaux, et que tous les élé-
ments concourent à l'expression

tour à tour à un poème de Henri Heine Wu
Pzv'zzcexYg e? /e Wzg*eh à un drame de Mau-
rice Maeterlinck (les deux dessins d'Hgduvuzzzg
e? et de seule), à Wagner
f7LAZn7zJ, à Dante Wuo/o W'zzzzce^czz ùz
Az'77tz';zzd, à Shakespeare fO^/zé/i'A, à une
légende de la campagne romaine Wuzzu^z'u),
et en analvsant sa façon de comprendre le
portrait actuel.
Le constant attrait qu'éprouve M. van
Welie pour les créations des poètes, auxquelles
il rêve de donner à son tour une figure, ris-
querait de faire de sa peinture un art trop
préoccupé de pensées littéraires, visant plus
à raconter, à suggérer une anecdote, un
roman, un drame, qu'à satisfaire par
l'expression directe de la forme et de


A. VAN WELIE

AGLAVAINE ET SÉLYSETTE

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