L' art français: revue artistique hebdomadaire — 2.1888-1889 (Nr. 54-105)

Seite: co
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_francais1888_1889/0067
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
L’ART FRANÇAIS

quelles que soiefit pour vous ses bontés et ses manières. Àh !
souvenez-vous du commencement de notre amour ; Dieu me
garde que la cause d’une rupture vienne de moi !

» Le grand mérite que vous avez, la haute puissance qui vous
entoure, me rassurent. Je sais bien qu’aucune dame de ces con-
trées ou des contrées lointaines, si elle veut aimer, fait, en vous
préférant, le choix le plus honorable, mais, ô cher ami, vous
vous connaissez en amour, vous savez quelle est la femme la plus
sincère et la plus tendre ; souvenez-vous de nos accords !

» }e devrais compter sur mon mérite et sur mon rang, sur ma
beauté, encore plus sur mon tendre attachement ; aussi je vous
adresse, cher ami, aux lieux où vous êtes, cette chanson, messa-
gère et interprète d’amour ; oui, mon beau, mon aimable ami,
je veux connaître pourquoi vous me traitez d’une manière si
dure, si barbare ? Est-ce l’effet de la haine ? Est-ce l’effet de
l’orgueil ?

» Je recommande à mon message de vous faire souvenir com-
bien l’orgueil et la dureté deviennent quelquefois nuisibles. »

Raynouard ajoute :

« Je ne crois pas, que jamais l’élégie amoureuse ait mis autant
de grâce et d’abandon à exprimer une affection aussi pas-
sionnée. J’avoue que j’ai essayé vainement d’en offrir une

traduction : le sentiment, la grâce ne se traduisent pas ; ce sont
des fleurs délicates dont il faut aspirer le parfum sur la plante,
leur odeur s’exhale, leur éclat se ternit à l’instant qu’on les
détache de la tige maternelle. »

C’est trop de modestie, en vérité. Et la preuve que le senti-
ment et la grâce se traduisent fort bien, c’est le charme pénétrant
de cette traduction. C’est aussi la saisissante expression de dou-
leur enamourée que Mn,e Clovis Elugues a donnée à sa Comtesse
de Die. F. j.

LES PRIX DE ROME

Scui.ptcre. — Le concours de sculpture était, cette année, comme
toujours, infiniment supérieur au concours de peinture, dont nous avons
dit le résultat négatif.

C’est un très grand succès pour les professeurs et pour les élèves, que
ce concours où trois œuvres ont été primées, toutes trois fort remar-
quables à divers points de vue.

Le sujet était : Or este an tombeau d’Agamemnon.

« De retour à Argos, après le meurtre de son père, O reste s’arrête à la
tombe d’Agamemnon et s’abandonne à sa douleur. »

La question était donc, pour les concurrents, d’exprimer la douleur
filiale, et en même temps de faire deviner les idées de vengeance qui se
traduiront plus tard par le meurtre de Clylemnestrc.

L’œuvre de M. Gonvers devait l’emporter, comme répondant le, plus fi-
dèlement et le plus complètement aux exigences du programme. Dans
cette .composition, 'd'une simplicité qui tourbe au grand style, Oreste
s'est assis, comme écrasé par son désespoir. La partie supérieure du corps
s’est rejetée en arrière, la tète est lourdement retombée sur le bras gauche,
accoudé sur le tombeau d Agamemnon. Il u y a eu qu'une voix, dans
toute la presse, [tour louer ! expression et le caractère de cette ligure, qui
fait le plus grand honneur au jeune artiste, élève de .M. Aimé Millet.

la1 s premier et deuxième seconds grands prix ont été décernés à
MM. Thenissen et Lefebvre, dont les deux compositions présentent '‘ga-
iement de sérieuses qualités.

Giîavi'HE. Le prix de Home, pour la gravure en taille douce, a été
décerné à M. Lericlie (Henri), élève de M.M. Ilenriquel, Levasseur, Dou-
guereau et I b. Ilobert-Kleurv, né le \2 avril 1807, à Grenoble.

Le premier second grand prix, à M . (duquel (Lugèue-.Marie-Louis), élève
de M.M llrnrbpud, Levasseur et Gabamd, né le (S septembre 1803, à
I ,inieray ( 1 ndre-et-l .oire ).

M. (.biquet touchera 1,000 francs de la fondation Gambacérès.

Le deuxième second grand prix, à M. Jules-Alphonse Deturck, né le
'13 lévrier 186ê, a Bailleul (Nord).

Le sujet comportait : Une académie d'homme. Nous n’avons qu’à
approuver sans réserve la décision du jury, l’œuvre de M. Leriche étant
absolument et indiscutablement supérieure à celles de ses concurrents.

Pchos Artistiques

Le nouveau directeur des Beaux-Ar ts, M. Larroumet, signale sort arrivée aux
affaires par plusieurs commandes impor tantes.

.MM. Luc-Olivier Merson et Sediilc, architecte, sont chargés de l'ornemen-
tation et de la décoration de ta porte qui donnera accès dans la section des
manufactures nationales des Gobelins, de Sèvres et de Beauvais, à l’Exposition
universelle.

Cette porte sera exécutée en mosaïque.

M. Gerspach, directeur des Gobelins et de l’Ecole de Mosaïque, s’est entendu
avec les deux artistes sur le projet délimtd, qui comportera deux personnages
symbolisant l'art de la tapisserie et l'art de la mosaïque.

X

M. Dantarr — et non Danton, comine le dit un de nos confrères — a recula
commande d'un grand panneau destiné à la salle des actes de la Faculté de
médecine de Bordeaux et représentant l'inauguration du monument par le
Président de la République.

M. Dantan est aussitôt parti pour Bordeaux, aliu d'y faire, d’après nature,
les études nécessaires à cette composition.

En outre, la direction des Beaux-Arts vient d’offrir à la Faculté de médecine
de Bordeaux le tableau exposé,au dernier Salon, par.M. Dantan : la Consultation,
que Y Art français a reproduit.

X

11 n'y a pas que l’Etat qui donne, en ce moment, du travail à nos artistes.
De riches particuliers « métfénisent » également pour leur compte personnel.

C'est ainsi que nous avons vu, ces jours-ci, dans l’atelier de M. Gabriel Kerner,
trois plafonds, une grande frise de sept mètres et deux panneaux importants
Ce beau travail décoratif va quitter la France, car il a été commandé à
M. Ferrier par M. J’oter Palmer, un des gros capitalistes de Chicago, dont il
doit orner la bibliothèque.

X

Nous disions dernièrement que F offre faite à la Ville de Paris par les héri-
tiers de Minc Dantan jeune, veuve du sculpteur, de modèles originaux et de
reproductions d'une grande partie des œuvres du célèbre statuaire-caricatu-
riste, venait d’être acceptée.

Tout le monde sait que Dantan jeune, mort’en 1809, avait renouvelé, pour
ainsi dire, Fait si français de la caricature.

Ce que l’on sait moins, c'est que Dantan jeune a laissé de très jolies char-
ges lithographiées.

Nous avons eu la bonne fortune de feuilleter un album tiré à très petit nom-
bre, intitulé : les Do-minotiers, et dont chaque page contient un portrait-charge
de Dantan et une épigrainme en vers de L. Jousserandot.

Les portraits de .Iules Gérard, le tueur de lions, de Dressant,de Monrose, d'Al-
phonse Karr, de Edouard Renaud, le regretté architecte de la Ville, sont des
morceaux de premier ordre.

Les collections offertes à la Ville seront placées dans une salle1 spéciale, (pii
portera le nom du grand artiste.

Nous souhaiterions vivement y voir figurer un exemplaire de l'album des
Dominoliers.

X

Notre ami et cher maître, M. Philibert Audebrand, consacre, dans la der-
nière livraison de l’Ar(, une intéressante étude à Théodore Pelloquet, qu'il
considère surtout comme critique d'art.

Le morceau est à lire d’un bout à l’autre.

À une époque où Ton érige, en moyenne, une statue tous les quinze jours,
il n’est jias inutile de rappeler, avec M. Audrebrand, ce qu’écrivait, en 1856,
le critique acerbe, l’impitoyable esthéticien dont il nous restitue la très parti-
culière physionomie:

« 11 y a déjà longtemps qu'on fait voir, à Paris, beaucoup trop de statues. A
la fm, pour exciter dans la foule une lueur d’enthousiasme, il faudrait des
chefs d’œuvre. »

Que dirait donc aujourd'hui Théodore Pelloquet?

X

Le jury de l'exposition des Beaux-Arts de Versailles a décerné ses récom-
penses. ites diplômes d'honneur sont, attribués à MM. Barillot, Bergeref, Bon-
jiefby, Poucet, Lévy, Menait, Savine, Veriiet-I.eeumte.

Des médailles de vermeil à MM. Bénet, Pétillioli.

Des premières médailles à Mmrs Bucliet, de Pesloiran, Houssin, de l.oghadés;
MM. Darion, Ferry, llodeberl.

Des médailles de deuxieme classe à M'r,-S Baubi y-Vaillant, Comerre-Paton,
Gillet, Guérin, Guillot, Homo, Hubert, Jacquemart, Joliet, Bandeau, Fimo/.in-
(l Allièim, Moormuns, Mouillard,Hubert, Roullet, Tristan-Lambert; MM. Fefefvre,
Bouquet, ( Ihrétien.

Lutin, le jury a accordé un grand nombre de mentions honorables.

Le jîeuuit : SII.VKRTHE

I«ui is. — (;iyplugni[ilu.e SILVKSTIiK i C"\ rue Oliei kainpf, 117
loading ...