L' art français: revue artistique hebdomadaire — 3.1889-1890 (Nr. 105-157)

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Troisième année. — N° 124

LE NUMÉRO : 15 CENTIMES

7 Septembre 1889.

L'ART FRANÇAIS

JSlnutc JüLrtistiqut J^diîtomaîiairc

Texte par Firmin Javel

Illustrations de MM. SILVESTRE & Cie, par leur procédé de Glvptographie

Bureaux : 97, rue Oberkampf, à Paris

ABONNEMENTS. — Paris : un an, 9 francs; six mois, 5 francs. — Départements : un an, ÎO francs; six mois, 6 francs.

*

PARFUMS ENVOLÉS

Par Mme Salles- Vagner

Le parfum est d’essence divine, c’est pourquoi les anciens ne l’employèrent
d’abord que dans les cérémonies religieuses. Mais quelles revanches, depuis !

On en usa, ©n en abusa. Aujourd’hui, par un retour aux croyances primitives,
les parfums servent surtout au culte de l’Amour, le seul Dieu peut-être qui
sôit encore debout. C’est sans doute une allusion aux tendresses regret-
tées, qu’il faut deviner

dans le tableau de SALON DE

Mme Salles - Vagner :

« Parfums envolés ».

Quelle que soit, d’ail-
leurs, la subtile spécula-
tion philosophique de
l’artiste, cette figure de
jeune femme, si sincè-
rement rêveuse„ est
agréable à regarder. Elle
nous reporte aux jouis
ensoleillés de la vingtiè-
me année ! Et ce sont
des hémistiches , des
fragments de poésie en-
core qui chantent dans
notre mémoire :

... Esclave, apporte-nous des
froses :

Le parfum des roses est doux t

l’enfant au taureau
Par M. Jl. Roll

M. Roll ne se spécialise
dans aucun genre, c’est-
à-dire qu’il est peintre
dans toute la noblesse
du mot. Il s’enthou-
siasme en présence du
beau moderne quel qu’il
soit ; il le découvre où
nous ne l’aurions jamais
vu. Il met autant de
style dans le portrait d’un
paysan en blouse grise
que dans une figure de
femme nue,et il nous ins-
pire autant d’admiration
avec un taureau ou une
vache qu’avec les sombres
mineurs de la « Grève ».

« L’Enfant au Tau-
reau », montre une fois
de plus, le talent de
M. Roli sous deux de

ses aspects les plus séduisants. Ici encore, comme dans cette jolie « Pasiphaé »
dont tout le monde se souvient, le peintre de nu égale le peintre animalier.

Le torse de l’enfant est traité dans cette manière abréviative qui est la
caractéristique de l’école du plein air. De même, le taureau est peint avec une
magistrale virtuosité. Certes l’art de M. Roi! n’emprunte rien à celui clés
grands animaliers, et le talent d’un Vuillefroy, par exemple, pour ne citer
. tz , . ;• . demeure tout entier et ne perd rien de son incomparable

éclat à côté de ces improvisations superbes. Il n’en est pas moins vrai que
M. Roll fait œuvre de chercheur, et que de toutes ses excursions
hardies, il revient toujours chargé de trouvailles nouvelles.

l’inspection générale des exercices physiques au prytanée militaire

Par M. Crès.

Etant donné le développement incessant de l’enseignement de la
o o ’ gymnastique dans l’édu-

1 ° ° 9 cation moderne, il n’y a

£’~ - ‘ét s WSÊB^ nen de surprenant à ce

qu’un artiste ait demandé
aux exercices physiques
de nos jeunes gens le
sujet d’un tableau inté-
ressant et très actuel.
M. Crès a choisi pour
thème « l’Inspection gé-
nérale de ces exercices
au prytanée militaire »,
et nul doute qu’il n’ait
dessiné , dans cette
réunion de civils et de
militaires, toute une sé-
rie de portraits.

HENRI REGNAULT

Mme Salles - Vagner. —Parfums envolés.

Nous voudrions
reproduire in extenso
le remarquable por-
trait d’Henri Ré-
gnault, que vient de
tracer, dans un dis-
cours de distribution
de prix, au lycée
Henri IV, M. Lar-
roumet , directeur
des Beaux-Arts.

Mais le défaut d’es-
pace ne nous permet
que d’en citer le pas-
sage suivant, c’est-
à-dire la péroraison
d’un discours chaleu-
reusement pensé et
chaleureusement ap-
plaudi :

Régnault emportait donc du lycée, messieurs, cette forte éducation classique et ce
goût de l’antiquité sans lesquels il peut y avoir, je le reconnais, de grands hommes et
de grands artistes, mais qui, jusqu’à présent, est encore un des plus sûr moyens d’aider,
sinon de susciter le talent ou le génie. Il écrivait quelques années après : « Plus je lis
l’antiquité, plus je vois que deux hommes seulement, parmi nos contemporains, l’ont
comprise : Ingres et Delacroix. Presque tous les sujets ont été traités cent fois chacun ;
suivant moi,’ ils sont neufs et toujours neufs, et peuvent être présentés maintenant
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