L' art français: revue artistique hebdomadaire — 3.1889-1890 (Nr. 105-157)

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L’ART FRANÇAIS

Le Monument de Meissonier

On mène grand bruit autour des projets de monument à ériger
à Meissonier présentés par M. Mercié que le Comité a choisi pour
cette œuvre.

Il est juste de dire « des » projets, car le célèbre sculpteur en a
conçu deux.

Le premier représente le peintre assis, la main droite soute-
nant la tête penchée. Au dessous, à gauche, se tient un cuiras-
sier. Sur le devant est assise la figure de l’Art. Elle tient ouvert
sur ses genoux un livre, sur une page duquel est écrit le nom :
Meissonier.

Ce projet a été préféré par le Comité, contre le désir de l’auteur
qui aime mieux le second.

Celui-ci consiste en un Meissonier porté en triomphe par trois
soldats. A gauche, un soldat de la Révolution, à droite, un
lignard contemporain, et au centre un grenadier de la garde
impériale.

Ces trois hommes symbolisent les différentes armées que Meis-
sonier a peintes dans ses tableaux désormais fameux.

Pour compléter l’ensemble, M. Mercié avait déployé un dra-
peau sur lequel le peintre devait se détacher, mais M. le général
de Galliffet, membre du Comité, observa, dit-on, que cet appareil
semblerait bien militaire et qu’il serait plus convenable de le
réserver aux soldats. La remarque était trop juste pour n’être
point écoutée, et le drapeau fut supprimé.

M. Mercié a représenté que Meissonier, peintre militaire, l’em-
portait de beaucoup sur Meissonier, peintre de genre, et qu'il
convenait par conséquent de faire dominer l’élément guerrier sur
le simple sentiment. Ce n’était qu’une opinion personnelle,
mais le Comité, très libéral, a pensé, non sans raison, que le
sculpteur devait suivre son inspiration, et toute latitude lui a été
laissée à ce sujet.

Le second projet deviendra donc vraisemblablement définitif.

L’emplacement choisi est le jardin de l’Infante, à droite de la
colonnade du Louvre, au bord de l’eau. La statue de Prudhon
sera placée symétriquement à celle de Meissonier.

-»..—

LE SALON DES LITTÉRATEURS

Ce n’est pas celui de l’Abbaye-au-Bois ni même ceux de
Mme de Bassanville mais bien un Salon d'Artistes-peintres ou de
dessinateurs ou de sculpteurs ou de graveurs qui tous devront
tenir par quelque chose à la littérature. Le savoir-faire n’étant pas
absolument de rigueur, le jury, s’il existe, se montrera plein de
mansuétude.

Pour être logiques dans le renversement des rôles, les organi-
sateurs de ce Salon, MM. Emile Bergerat, Maurice Montégut et
Ubald Lacaze, confèrent Y éminence à de nouveaux critiques.

Les peintres pour de bon auront, erf effet, à se prononcer sur
les mérites de leurs confrères occasionnels. Alors on connaîtra
les cœurs magnanimes et ceux qui nourrissent contre leurs tom-
beurs de la veille, l’âpre désir de la vengeance.

Espérons que les adeptes du grand Art seront cléments à ceux

du petit et sauront apprécier comme il convient, les fantaisies où
se sont oubliées les plumes illustres ou obscures des écrivains de
tout acabit.

Que la critique leur soit légère ! g. de b.

LES FRISES DU PARTHÉNON

Voici que la question revient sur l’eau et qu’un anglais veut ramener les
choses à leur véritable importance en faisant justice des protestations de Lord
Byron et de celles plus récentes de M. Harrison dont 1 ’iArt Français a parlé
dans un de ses derniers numéros.

La vérité serait qu’en enlevant les sculptures de Phidias, LordElgin a rendu
à l’art le plus grand des services.

En effet, ces métopes demeurant à leur place primitive, étaient vouées à
une destruction certaine et, dans tous les cas, à une dégradation rapide.

Or, au British Muséum, elles sont surveillées avec un soin jaloux. On lésa
environnées d’une vitrine hermétiquement fermée pour empêcher la plus
légère poussière de les effleurer et la salle est maintenue jour et nuit à une
température suffisante pour empêcher toute humidité. Chaque matin, on
enlève avec un soufflet les quelques corpuscules qui auraient pu se loger dans
les replis de la pierre. Puis, tous les trois ans, on pratique un lavage complet,
et les sculptures sont essuyées, séchées, bichonnées avec des précautions infi-
nies.

Aussi, et personne n’en sera surpris, n’a-t-on pas constaté depuis leur séjour
en Angleterre, de détérioration appréciable.

Nous sommes loin, comme on voit, des boulets de Morosini.

C’est égal, dans ce sombre Musée, le cadre manque. En tout cas, l’incident
paraît clos, et moins que jamais, les Panathénées sont disposées à se rembar-
quer pour regagner la ville de Périclès.

L’Exposition des Artistes indépendants s’est ouverte la semaine der-
nière. Les nécessités de la mise en page, nous obligent à reporter à
notre prochain numéro, un compte-rendu plus détaillé.

pCHOs ^Artistiques

Mme veuve Delaplanche vient de donner aux musées nationaux un buste de
femme exécuté par son mari, l’éminent sculpteur mort il y a deux mois à
peine.

Cette oeuvre remarquable sera un heureux complément à la suite d’ouvra-
ges du même artiste que possède déjà le Luxembourg : Eve après le pèche, la
Vierge au Us et l\Aurore.

X

M. Allar, statuaire, grand prix de Rome, vient d’être nommé professeur de
modelage à l’école nationale des Beaux-Arts, en remplacement de M. Dela-
planche, décédé.

X

Le peintre Eugène Boudin vient de faire dans les galeries Durand-Ruel une
exposition intéressante de ses œuvres : peintures, pastels, aquarelles, etc.

X

On doit élever une statue à Bernard-Palissy à Agen, sa ville natale. Il était,
en effet, fort étrange que Bernard-Pr.lissy eut des statues dans différentes
villes où il avait seulement travaillé, et que sa ville natale n’eut pas son
image.

X

M. Bernstamm, sujet russe, statuaire, est nommé chevalier de l’Ordre
national de la Légion d’honneur.

L’Administrateur-Gérant : SILVESTRE

Glyplograpbie SILVESTRE & C", rue Oberkampf, 97, à Paris.
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