L' art français: revue artistique hebdomadaire — 4.1890-1891 (Nr. 158-209)

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L’ART FRANÇAIS

NOS ILLUSTRATIONS

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PORTRAIT, par M. Blanche

Au mois de juillet dernier (n° 170) nous avions la bonne fortune de publier
un autre portrait du jeune auteur. Mon confrère Marzac en digait tout le bien
qu’il en pensait, mais faisait une petite réserve relativement aux figures d’adul-
tes nées de ce pinceau.

C’est à croire que M. Blanche a voulu, cette fois, donner à son apprécia-
teur un aimable démenti. En effet, cette figure de vieille, entourée de fleurs,
est d’une originalité charmante et il se dégage de son expression pensive, je
ne sais quel regret adouci d’autrefois, quelle amertume bienveillante qui
attire d’abord et retient la sympathie.

je conviens cependant avec M. Marzac que toutes les oeuvres de M. Blanche
n’ont pas le même attrait. Cela en tout cas ne servirait qu’à faire aimer
celle-ci davantage.

PROCESSION DE PÉNITENTS EN ESPAGNE AU XVIIe SIÈCLE, par M. Mclida.

M. Mélida semble ici moins heureux que dans le genre plus doux et l’on
voudrait ne voir que dés idylles signées de lui, ou tout au moins des moitiés
d’idylles comme son « Il n'arrive pas » reproduit déjà par YtArt Français
(no 173). A-t-il cherché avec ses pénitents une note terrible? Le côté mys-
tique l’a-t-il au contraire préoccupé ? C’est ce qu’il est malâisé de décider et ce
qui, pour tout dire, ne se dégage pas suffisamment du tableau.

UNE ROUTE EN PROVENCE, par M. ‘Paul Sain

Rien de plus simple que ce paysage. Une route, des cailloux, de la pous-
sière et c’est tout. Il semble qu’aucun effet piçturable (comme on dit aujour-
d’hui pour éviter ce vieux mot poncif de « pittoresque ») n’en puisse sortir.

Pourtant M. Sain est parvenu à le rendre intéressant et, avec une minutie
de miniaturiste, en a noté le moindre détail. Il a compté les cailloux, dénom-
bré les grains de poussière, trié les brindilles, au point que l’exactitude est
complète, si complète même que l’impression y perd. Aussi bien, c’est le
seul défaut et il est tout petit.

LE PREMIER BAIN DE MER, par M. Peyle

C’est une amusante scène d’hydrothérapie primitive et aussi une preuve que
l’homme ne cherche pas d’instinct la propreté et l’hygiène.

M. Beyle réussit à nous divertir. De plus, il nous intéresse par l’habileté
avec laquelle il a développé ce spirituel motif. G. de B.

Les Arts Décoratifs

On a appris avec une vive surprise, ces jours derniers, que
M. Antonin Proust, président de l’Union centrale des Arts déco-
ratifs, venait de donner sa démission. On a refusé de croire à
cette nouvelle, on l’a, en tout cas, beaucoup commentée, mais
on a été forcé de se rendre à l’évidence: la détermination de
M. Proust était irrévocable.

Le véritable motit de cette démission serait une divergence de
vues au sujet du futur emplacement du Musée actuellement ins-
tallé dans une aile du Palais de l’Industrie.

On sait, en effet, que le Musée des Arts décoratifs, tel qu’il
existe aujourd’hui et malgré l’intérêt qu’il présente, ne rend pas
les services attendus. On a, depuis longtemps, résolu de le trans-
porter dans un quartier mieux approprié à sa destination.

Seulement, on ne s’est pas mis d’accord sur le choix de rem-
placement, et c’est ce qui a amené la démission de M, Antonin
Proust.

Ce malentendu survenu entre la majorité des membres de
l’Union centrale et son honorable président est regrettable, et il
faut souhaiter que le conflit s’apaise au plus tôt, dans l’intérêt
même de notre art industriel. Il est indispensable que nos artisans

aient à leur disposition, pour ainsi dire sous la main, des modèles
susceptibles de les guider, de les inspirer dans leurs compositions
originales, ne fût ce que pour leur rappeler sans cesse la néces-
sité d’inventer.

Il y a longtemps que le vœu a été émis de la création d’un
musée des Arts décoratifs. Dès 1796, en effet, Emeric David
écrivait :

» Le musée des artistes vivants, conduirait à une autre insti-
tution du même genre, institution plus vaste, plus neuve, aussi
importante.

» Ce serait une collection de chefs-d’œuvre des habiles ouvriers
vivants dans tous les arts. Là, le charpentier déposerait les
modèles d’une machine dont l’invention ou l’exécution pourrait
l’honorer ; le serrurier montrerait comment il assouplit un métal
revêche ; le menuisier, le fondeur feraient voir, jusqu’à quel
degré de perfection ils savent réunir dans leurs ouvrages et la
plus grande utilité et le charme des formes les plus agréables.

» Un établissement de cette nature honorerait autant la France
qu’il lui serait utile. Egale facilité donnée à tous les artistes de se
faire connaître et au public de les juger, publicité des inventions
ingénieuses, émulation, perfection de l’art et du goût. Combien
l’ouvrier serait justement énorgueilli par l’espoir d’une aussi belle
récompense ! Combien il prendrait de dignité à ses propres yeux
en recevant ainsi le juste tribut de la considération publique !
Ennoblissons tous les états pour ennoblir le caractère de ceux qui
les exercent. »

Pourtant, ce ne fut qu’en 1863 que se constitua l’Union cen-
trale des Arts décoratifs, avec ce programme: Etablissement de
collections, d’une bibliothèque, au centre de la fabrique de Paris ;
— organisation d’expositions, de concours et de conférences.

En outre, l’Union centrale devait faire appel à l’initiative
privée et stimuler le zèle des industriel et des artistes en leur pro-
posant les modèles les plus remarquables de l’art ancien et
moderne.

Ce programme a été réalisé dans la plupart de ses parties. Le
musée actuel renferme d’admirables collections. Malheureu-
sement, elles sont installées assez mal et trop éloignées des inté-
ressés. Le public ne les visite pas.

M. Antonin Proust avait entamé, avec le Conseil municipal,
des négociations au sujet de la location de l’un des palais du
Champ-de-Mars, négociations qui n’ont pas abouti. C’est d’ail-
leurs au sujet du choix de ce palais que la scission s’est produite
entre le président et la majorité des membres de l’Union centrale.

Nous voulons croire encore que tout s’apaisera et qu’avant peu
le musée des Arts décoratifs sera établi dans un centre industriel,
au Marais ou au faubourg St-Antoine, par exemple, de manière à
ce que patrons et ouvriers puissent, sans être obligés de perdre
une journée de tiavail, visiter ces précieuses collections. F. J.

AU CERCLE VOLNEY

L’exposition annuelle est ouverte depuis le 26 janvier. Elle doit fermer ses
portes le 24 février. Il y a au nombre des oeuvres exposées beaucoup de
morceaux intéressants signés Bonnat, Bouguereau , Benner, de Vuillefroy,
Lefebvre, Weerts, etc... L’Art français ayant l’intention d’en reproduire un
certain nombre, trouvera ainsi l’occasion de ramener souvent le lecteur à cette
charmante manifestation artistique.

L’Administrateur-Gérant : SILVESTRE
xOlyptographi. SILVESTRE & C'io, rue Oberkampf, 97, à Paris.
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