L' art français: revue artistique hebdomadaire — 4.1890-1891 (Nr. 158-209)

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L’ART FRANÇAIS

Les Dessins du Cercle Volney

Le cercle de la rue Volney a gardé l’excellente coutume de
faire suivre son exposition annuelle de peinture, d’une exposition
d’aquarelles, dessins, eaux-fortes, etc., et il est rare que celle-ci
soit inférieure à celle-là.

L’exposition de dessins, visible en ce moment au cercle, pré-
sente, par la variété des talents qui y ont contribué, le plus vif
intérêt.

A côté des maîtres, les jeunes artistes s’affirment, ici, non sans
éclat et tous, anciens ou nouveaux, maîtres d’hier ou maîtres de
demain, revendiquent les droits du crayon de couleur, de la pein-
ture à l’eau et même du simple fusain ou de l’eau-forte, si volon-
tiers méconnus.

Parmi les aquarelles, je distingue tout d’abord une Vache cou-
chée, blanche sur le vert tendre d’un pré, et si merveilleusement
modelée, si vraiment vivante et ruminante, que cette page
superbe pourrait ne porter aucune signature, nul n’hésiterait à
l’attribuer au premier de nos animaliers : M. Félix de Vuillefroy.

Nous retrouverons, du reste, le même maître, lorsque nous
examinerons les pastels. Mais il faut nommer encore parmi les
aquarellistes de réelle valeur, M. A. Suasso, qui a su faire tenir
beaucoup d’émotion dans un cadre de six études, où l’on recon-
naît une vue de l’Institut, une vue de Notre-Dame, d’autres
sujets encore, tous dénotant une rare exactitude visuelle.

Une mention également à M. Louis Deschamps, dont la Fille
au châle rouge est pleine de charme.

Je ne saurais, non plus, passer sous silence la Maison de Cicéron
à Pompèi, par M. F.-H. Lucas, les vues algériennes de M. Em-
manuel Benner, les études faites à Capri et à Berne, par M. Jean
Benner, les paysages de MM. Allongé, Abraham, Sembach,
E.-C. Richard, les portraits d’escrimeurs pat'M. F. Régamey, et,
si la gouache peut être confondue avec l’aquarelle, j’insisterai
encore sur l’énergie et la franchise des natures mortes de M. Va-
ladon, aussi bien que sur l’originalité et la finesse de la compo-
sition inspirée à M. Maurice Eliot par les Chansons des rues et des
Bois.

Aux pastels, nous trouvons un remarquable Portrait dePvC.J.-J.
Weerts par M. Rouffio, œuvre sincère d’un ami et admirateur
du jeune maître, lui-même portraitiste fort connu. Nos lecteurs
pourront apprécier en toute connaissance de cause ce portrait que
nous aurons la bonne fortune de reproduire dans un prochain
numéro.

M. Allongé expose dçs paysages au pastel d’un aspect assez
décoratif ; de même M. Iwil.l, M. Desvallières, d’autres encore.

Une vision à peine perceptible, un visage de jeune femme sur
lequel flottent les brumes du rêve, visign suggestive, troublante ;
signée Ffenri Martin.

Un beau Portrait de Mademoiselle L., par M. Laroche.

D’originales études : Lassitude, la Lecture, etc., nous révèlent
un pastelliste de race : M. Thegerstrom.

Nous voici revenus devant les fleu;x ouvrages au pastel de M.
de Vuillefroy : minier de Catalogne et Vaches dans les chardons,
deux maîtresses pages d’un effet superbe obtenu très simple-
ment.

Mais l’espace nous manque pour signaler ici tous les envois
qui méritent l’attention du visiteur, et c’est avec un vif regret
que je me borne à mentionner les spirituelles imaginations de

M. Monginot : un Lmpressionniste et la Boîte à surprise, une jolie
nature morte de M. Attendu, les Portraits et les Types de campagne,
de M. G. Desvallières, les dessins, extrêmement intéressants,
exécutés par M.. Lobrichon aux Enfants assistés, et différents
ouvrages de MM. Veyrassat, Moreau-Néret, Piguet, Pomey,
Melnick, Ad. Guillon, Frappa, Thomas de Barbarin, Umbricht,
Vidal, Gustave Wertheimer, etc.

Mais j’espère avoir occasion de revenir sur les dessins du Cer-
cle Volney. p. j.

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LE MUSÉE CARNAVALET

Le Musée. Carnavalet vient d’acquérir, au prix de soixante mille francs, la
collection des tableaux historiques de M. Baur, comprenant plus de cent-
cinquante toiles ou dessins.

Notre confrère Georges Montorgueil, qui a vu cette collection, en donne,
dans VEclair, une description fort intéressante :

» C’est dit-il, une très belle esquisse de Gros : Le pape bénissant les dra-
peaux de la garde impériale devant Notre-Dame. Le passage du cortège de
Napoléon Ie1" sous l’Arc-de-Triomphe. L’attentat de Fieschi. Une jolie et fraî-
che peinture attribuée à Greuze, représentant d’une façon semi-allégorique,
un massacre sous la Révolution; l’artiste ne montre aucune hostilité à
l’émeute, un groupe emblématique dominant l’action semble justifier la ven-
geance du peuple.

» C’est Georges Cadoudal conduit au supplice et faisant ses adieux à sa
famille. Un vivant Boilly ; une messe solennelle sur la place de la Concorde,
lors de la rentrée des Bourbons, en présence des troupes alliées, en 1813. De
Duplessis-Bertaux, une fête de l’Ètre-Suprême dans le jardin des Tuileries et
une illumination du pont et de la place de la Concorde pour les fêtes de la
Paix le 18 brumaire an X. Il y a de Girardet deux compositions mouvemen-
tées : un incendie du corps de garde du Pont-Neuf en 1788 et le massacre de
Flesselles, sur le perron de l’Hôtel-de-Ville.

» Un grand nombre de tableaux d’incendies, d’ailleurs ; un d’Oudry, qui
n’avait pas l’habitude de ces scènes, et représentant le Petit-Pont et l’Hôtel-
Dieu, après l’incendie de 1712 ; d’un autre peintre, une vue de l’incendie,
avec l’évacuation des malades sous les ponts ; un de Haguenauer, l’incendie
du Château-d’Eau du Palais-Royal, le 24 février 1838; il y en a bien d’autres
pour arriver à un dessin médiocre mais sincère représentant les incendiés de
mai 1871, vus du haut des Buttes-Montmartre.

» Parmi les autres tableaux rappelant des événements historiques, on
remarque une attaque de la barricade de la rue Culture-Sainte-Catherine en
1848; à la même époque, la prise du Panthéon; l’efivahissement de l’Assemblée
le 15 mai 1848; ouverture des* Chambres dans la salle des Etats au Louvre en
1852 ; le roi visitant les postes du Carrousel dans la nuit du 5 juin 1832 ; la
prise du Louvre en juillet 1830.

« Beaucoup plus intéressants encore soùt ceux qui représentent des vues de
Paris ; la plupart sont prises de la Seine, au dessus ou au dessous du Pont-
Neuf. 11 y a dans cet ordre d’idées un charmant Callot, des Demarchy ravis-
sants, qui permettent d'assister au dégagement de la colonnade du Louvre ;
un superbe Saint-Aubin qui représente une visite au chantier de l’Ecole de
Droit. De différents peintres : une inauguration de la statue de Louis XIV,
place des Victoires, en 1686; une intéressante procession de la Ligue sur une
place publique au xvie siècle ; un très important tableau ; le grand Carrousel
de la place Royale pour le mariage de Louis XIII ; une scène curieuse repré-
sentant le transfert de la statue équestre de Louis XIV place Vendôme ; une
vue de Paris prise du côté de la porte Saint-Jacques vers 1640 ; cette dispo-
sition se présente rarement. »

Notre confrère signale encore un dessin en couleur, non gravé, de Lespi-
nasse, représentant le cirque, le jardin et les galeries du Palais-Royal en 1791 ;
trois tableaux d’un pittoresque tout spécial, qui représentent, l’un, l’homme
au petit manteau bleu procédant à ses distributions au marché Saint-Martin,
le second, la parade de Bobèche sur le boulevard du Temple, par Drolling, et,
du dix-huitième siècle, des plombiers réparant les tuyaux d’adduction des eaux
de la petite porte du su4 des Tuileries devant le pavillon de Flore et causant
avec des sentinelles — véritable Meissonier naturaliste.

L’Administrateur-Gérant : S1LVESTRE

GlyptographU SILVESTRE & C’*, rue Oberkampf, 97, à Paris.
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