L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 1.1883

Seite: 13
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_ornemental1883/0041
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
PARIS : 3 3, aï enue de l Opéra. * PciPctisso-nt tous les SctrnGdis. BRUXELLES : A. N. Lebêgue et Gic.
LONDON : i 34, New Bond Street. Cireclear et Rédacteur eil thef. G. DARGENTY NEW-YORK : Brentano Brothers.
Paris^etDep. : Un an, 5 fr. — Six mois, 2 fr. 50 ON S'ABONNE SANS FRAIS DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE Union postale : Un an, 8 fr._Six mois 4 fr.

EXPLICATION DES PLANCHES

SECRETAIRE EN LAQUE 8 BRONZE DORE

Par Riesener et Gouthière.

Provenant de l'appartement de Marie-
Antoinette au palais de Saint-Cloud.

Notre gravure représente un
secrétaire en laque et bronze qui
provient des appartements de la
reine Marie-Antoinette au palais
de Saint-Cloud. Il en porte la
marque. C'est un meuble de la
plus grande élégance et du goût
le plus châtié. Riesener et Gou-
thière y ont marié la délicatesse
des panneaux de laque aux fes-
tons fleuris les plus souples, les
plus artistement fouillés qui aient
jamais été ciselés dans le bronze.
Ce meuble est sans prix : il ré-
sume les suprêmes séductions
décoratives du style auquel le
règne de Louis XVI a donné son
nom.

Nous avons promis à nos
lecteurs, dans notre premier nu-
méro, de leur donner des détails
non seulement sur les œuvres
que nous reproduisons par la
gravure, mais aussi sur les artistes
au talent desquels ces œuvres
sont dues. Nous considérons ces
biographies, qu'il nous faudra
malheureusement trop écourter,
comme une chose absolument
nécessaire pour faire comprendre

livre de M. le baron Ch. Davillier
qui a écrit une fort remarquable
notice sur Gouthière, que nous
emprunterons la majeure partie
des détails biographiques que nos
lecteurs doivent connaître.

Le nom de Gouthière était
tombé dans un tel oubli avant
qu'on se mît à rechercher les
admirables bijoux sortis de ses
mains, que l'orthographe même
de ce nom est à peine connue.
Les uns écrivent Gouthière ,
d'autres Gouthier, d'autres enfin
Gouttières ou Gouttier. Le plus
ancien document que nous con-
naissions sur lui, dit M. le baron
Davillier, remonte à l'année 1766:
« Gouthière avait donné à mon
bisaïeul Jacques Rondot, lisons-
nous dans une note de M. Natalis
Rondot, des dessins de plusieurs
de ses ouvrages ou de ses com-
positions : j'en possède encore
six. Deux sont de la main de
Gouthière et sont signés par
lui : Gouthière ciseleur doreur du
Roy. »

On admet que Gouthière est
né en 1740, mais cette date n'a
rien de précis et M. le baron
Davillier l'accepte pour cette rai-
son que l'artiste ayant reçu dès
1771 de Mmo du Barry la somme
de 36,ooo livres pour travaux
exécutés par lui et prenant dès
la même année le titre de cise-
leur et doreur du Roy, sa répu-
tation devait être déjà considé-

l'esprit qui présidait au mouve- , rable, ce] qui fait supposer qu'il

. . , „, , , Secrétaire en laque et bronze doré. . . . .

ment artistique de 1 époque a la- ne pouvait avoir moins de trente

quelle vivaient les hommes dont ans. 11 y a des trous dans la vie

nous parlerons et la nature particulière de l'art dont ils ont été les créa-
teurs.

En tête de ces artistes il faut placer Pierre Gouthière, sculpteur,
ciseleur et doreur du roi, dont le nom est familier à tous les amateurs de
nos jours, mais à ces amateurs seulement, et qui jouit de son vivant d'une
réputation qui confinait à la célébrité.

On n'a publié que fort peu de choses sur cet artiste, et c'est au précieux

de Gouthière ; il semble disparaître pendant plusieurs années et c'est
par les comptes de Mme Du Barry qu'on peut plus particulièrement le
retrouver quand on L'a perdu. C'est ainsi qu'à partir de 1766, date du vase
exécuté d'après le dessin de Le Barbier, nous perdons pendant quelques
années sa trace et que nous ne le retrouvons qu'en 1771, au moment ou
commencent les travaux du pavillon de Luciennes. On sait quelles
énormes dépenses la Du Barry fit dans ce pavillon et à Versailles. C'était,
loading ...