L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 1.1883

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L'ART ORNEMENTAL.

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Plat en majolique d'Urbino.

Ce plat est peint par Guido Fontana, son diamètre est de 47 centi-
mètres. Il représente l'enlèvement d'Hélène.

Suivant Scaliger, le nom de majolique donné à la faïence italienne
dérive de Majorque, nom d'une des îles Baléares, d'où seraient venus les
ouvriers qui ont introduit en Italie l'art de fabriquer les poteries émaillées.
L'origine du nom a peu d'importance; ce qui en aurait davantage, ce serait
de déterminer quelle influence les faïences hispano-moresques de Majorque

ont eue sur la poterie italienne. Ce n'est pas ici le lieu de le rechercher.
Disons seulement que les faïences d'Urbino peuvent être considérées
comme les produits les plus remarquables de la céramique italienne.
D'après Passeri, faïence d'Urbino ne veut pas dire faïence fabriquée à
Urbino. Le siège des usines où furent cuites ces admirables majoliques
était à Fermignano, château situé sur les bords du Metauro, qui charriait
des argiles utilisables pour cette fabrication. Quoi qu'il en soit, les faïences
d'Urbino étaient considérées comme les objets les plus rares et les plus
précieux, on en faisait des présents aux souverains. Ce fut pendant long-
temps, dit M. Garnier, une opinion assez répandue en Italie, que Raphaël

n'avait pas dédaigné de travailler dans les ateliers d'Urbino, et cette
opinion était fondée non seulement sur le grand nombre de sujets exécutés
d'après ses œuvres, sur les dessins de ses élèves ou sur les gravures que
Marc-Antoine et autres artistes de son époque exécutaient d'après ses
compositions, mais aussi par la perfection avec laquelle ces sujets étaient
reproduits par des peintres céramistes du plus grand mérite. En ce qui
concerne la collaboration de Raphaël, Passeri fait remarquer que presque
toutes les majoliques qui reproduisent ses compositions portent une date
postérieure à celle de sa mort. C'est donc une hypothèse à écarter. A
défaut de Raphaël, il est évident que des artistes de premier ordre fixèrent
leurs œuvres sur la terre émaïlléé. On rencontre, en effet, quelquefois, dit

encore M. Garnier, des faïences extrêmement remarquables, dans la pein-
ture desquelles on ne reconnaît pas le faire habituel, le métier des
faïenciers, mais qui dénotent cependant une science extraordinaire. Ces
peintures, qui ne portent généralement aucune signature, sont d'un art rela-
tivement plus élevé que la plupart des majoliques et peuvent être regardées
comme des exceptions brillantes dans cette belle industrie de la faïence qui
a produit tant de chefs-d'œuvre.

Parmi les artistes qui jetèrent le plus vif éclat sur la faïence d'Urbino,
il faut citer Xanto Avelli da Rovigo, qui vivait au milieu du xvi° siècle et
travailla douze ans a la fabrique d'Urbino. Les œuvres nombreuses de cet
artiste sont des plus remarquables. Elles peuvent rivaliser, d'après M. Darcel,
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