L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 3.1885

Seite: 142
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_ornemental1885/0151
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
142

L'ART ORNEMENTAL.

aujourd'hui certaine. Des traditions soigneusement conservées par les
Indiens, les peintures hiéroglyphiques recueillies après la conquête espa-
gnole, les inscriptions découvertes dans les temples, ont permis de la
fixer.

Partout, sur le sol, on rencontre la même empreinte de la forte race
contre laquelle Cortez et ses compagnons eurent à livrer de si furieux
combats. Les monuments élevés par les indigènes varient dans leurs

formée d'argile et de briques cuites, puis on mit à découvert, encastrée
dans l'argile, une sorte de maison carrée en pierre dont la toiture était
soutenue par des poutres de sapin. A l'intérieur, il y avait deux squelettes
des idoles en basalte et des vases peints et vernis avec art.

On avait taillé en plein dans le teocalli de Cholula.

On prit des mesures exactes, et on reconnut que la pyramide, composée
de quatre assises d'égale hauteur, exactement exécutées aux quatre points

dimensions; mais le type reste invariablement cardinaux, ne comptait pas moins de 43g mètres

le même, c'est le teocalli ou maison de Dieu. sur chaque côté et 54 mètres d'élévation. ,

Le teocalli est une pyramide triangulaire &%É&fa Cent vingt gradins conduisaient à la plate-
tronquée, composée de quatre ou six assises VfcSM forme, d'une superficie de 4,200 mètres carrés,
superposées. Les côtés en sont orientés avec i^wKk ^ur cette plate-forme, s'élève aujourd'hui
soin. Sur chaque face, de larges escaliers iïïïmÊlNr une chapelle dédiée à la Virgen de los Reme-
donnent accès à la plate-forme supérieure, dios. [.es Indiens, toujours superstitieux, con-
couronnée par des tours où sont renfermées -^w*HPk fondent dans un même culte et l'édifice catho-
les idoles et surmontée d'une table en por- f'JjlttflM lique, et le temple vénéré de leurs ancêtres,
phyre ou en basalte, qui sert aux sacrifices ''^■'wÊ^n^ que recouvre maintenant un gazon éternelle-
Des cavités sont ménagées à l'intérieur pour la ;^'^HB||Hfc ment vert, semé de bouquets d'arbres,
sépulture des rois. |fj;CTBBMMA dix lieues au sud d'Oaxaca, sur la route

Tout autour, règne une vaste enceinte i'S^mÊÊ^aÊWSL Tehuantepec, quand, après avoir traversé
renfermant des jardins, des logements de 1 'P'"jSf^^Ê\|jM une végétation luxuriante, on débouche subi-
prêtres, des magasins et des arsenaux. Le ' a/if]ÊÊÊSÊÊMWttL tement dans une gorge aride, enserrée dans
teocalli servira donc, au besoin, de place ' M'mB^^^ HH ^eS masses ^e Sran>t, on se trouve en face de
forte. Nous sommes en plein gouvernement , '■&/''rÊ/ÊÊÊtÊffijHj ruines imposantes, qui affectent la forme d'un
théocratique : l'union du pouvoir spirituel et du /,"M MnÊMmÊÊt 7mHm temple grec avec ses lignes pures et ses pro-
mouvoir îem[K)rel est aussi intime que possible. 1j.m.,-. j'J9ffi||l|H|ff$ffl|| portions harmonieuses. Les murs sont cou-

Le peuple ne pénètre jamais dans l'en- / If j| WmmWwSÊm verts, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, de
ceinte sacrée, mais il aperçoit, du dehors, la ^ ijjÈM^^Êi PB||fPffHB hiéroglyphes d'un dessin très intéressant,
longue file des teopixqui (prêtres) gravissant les ^'m^W^ÊlBPf^'flBi L'édifice a une longueur totale de 40 mètres ;
escaliers de la pyramide. Il les voit se proster- j^K^^^^^f wÈÊÊft^ilXtÈt il est large de 12 et haut de 6 mètres. La toiture,
ner devant l'astre qui symbolise, à leurs yeux, i^P^^^^^ÊÊm^mwfBSm formée de poutres de cèdre, recouvertes elles-
la toute-puissance créatrice, et lui immoler des ^p^^^^^^J^^^ÉHHR mêmes de larges dalles de basalte, est soute-
victimes humaines. É^Ê^^^^^^^^^wÊÊSk nue Par six colonnes monolithes de granit por-

Quelles étaient, maintenant, les dimensions iM^Ê^Ê^^^^^^^^^^^BÊL phyrique.

des principaux teocallis ? mS^^H^^^^^^WtoSÊSf^^BL. Est-ce une sépulture de chefs, est-ce une

Les derniers venus sur le plateau d'Ana- W^ÊÊm^^^M^^Sw^BmÊÊÊk résidence des princes tzapotèques, cela est

huac, c'est-à-dire les Aztèques, prirent pour "^^^X^f^^^^^Êtlj^^^mj^MUn difficile à déterminer. Peu importe, du reste,

modèles les constructions des Toltèques. Mais, ('~^^^^p^^^^vflfwP^^SÊwm ('C qu' ^raPPe> c'est l'ordonnance nouvelle, la

soit qu'ils aient reculé devant des travaux ^'^^^^^^^^^^^^^WmBfflB^ parfaite élégance du monument; c'est l'ingé-

excessifs, soit qu'un goût plus épuré leur ait '^f^^^^^^^^^^^^^^jHffl^^m nieuse disposition de ses ornementations; c'est

fait préférer une certaine harmonie des pro- '^^^^^^^^^^^^l^^'imUÊBB l'harmonie de son ensemble ; c'est, enfin, cette

portions aux œuvres colossales de leurs devan- l'^^^^^W^^n^t^Êj^gK^BÊn architecture délicate et raffinée, perdue au

ciers, ils donnèrent à leurs temples des dimen- l% ^ÊS^^^^Ê^B^^^BÊÊm milieu de ce paysage désolé, dans ces contrées

sions beaucoup plus restreintes. 'j ' i'j^^^pHjÉ^igBp^ "feMwulffll perdues, si longtemps ignorées.

Les deux pyramides de Téotihuacan, \',"^' ^^^^^^&^^^^HBl

dédiées l'une au soleil, l'autre à la lune, avaient *13WlnB3pHm3fr||ft.fc

208 mètres de base sur 55 et 44 mètres de / v5 + W^B^i%[[^^W^mm\

hauteur. Le noyau en était formé d'argile \v:âPfi^W^vS-' ' ^WÊK^^T PETITE CHRONIQUE

mêlée de petites pierres et revêtu d'amygda- ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^8^8™

La pyramide de Papautia, exceptionnelle- ^^^^^^W \^PSv^BB8^m1 — ' a ^ornm'ss'on ^es M°numcnts histo-

ment construite en pierre de taille, avait ^^SÏÎÉ^^sSài^isl^ê^it^l^^^mSBm riques vient d'aviser la Ville de Paris d'avoir à

18 mètres de hauteur sur 25 de base. ^SSf^^^^^^^^^^^^^^^^ÊMÊSf' prendre d'urgence des mesures pour assurer la

Malheureusement, de tout cela, il ne reste ''±i^MmttKSj2x?:' ^^^^ÊBf conservation de la vieille tour dite des ducs de

plus que des ruines informes. La fureur reli- i&ÊSgSBœ&S&iÈ Bourgogne.

gieuse des Espagnols du xvie siècle les poussait à '™**$|t|J Située en bordure de la rue Etienne-

détruire tout ce qui rappelait un culte abhorré, . Marcel, cette tour, qui a résisté aux intem-

, . , ,, . , , LivfiE de PiuÉaÈfi, , •

et c est a grand peine qu on a pu opérer la pênes des saisons pendant tant de siècles,

. ,,. . garni de fermoirs et de coins en bronze, style ccthiqne. . . . ... . , , ■•

reconstruction graphique du teocalli de ' ' 'p .™ demande aujourd hui des travaux de consoli-

Tehuacan reproduit ici. dation d'une certaine importance.

Seuls, les gigantesques travaux des Toltèques devaient défier et les
injures du temps et la rage de destruction des vainqueurs.

Des teocallis construits par eux, le plus célèbre est celui de
Cholula, la colline faite de mains d'hommes, comme l'appellent les
Indiens.

A quatre lieues de Puebla, au milieu de la plaine aride qui s'étend du
pied de la Sierra Madré au sommet des Cumbres, s'élève une colline
verdoyante. Vers 1808, comme on voulait rectifier la route qui va de
Cholula à Mexico, on fut obligé de creuser une tranchée dans l'une des'
extrémités de cette colline. On rencontra d'abord une masse compacte

Il y a une quinzaine d'années, elle fut déjà l'objet d'une restauration
complète, et c'est au cours de ces derniers travaux, en détruisant la maçon-
nerie qui bouchait une fenêtre à ogive du deuxième étage, qu'on retrouva,
gravées sur la pierre, les armes des ducs de Bourgogne. C'est donc bien le
fameux donjon de Jean-sans-Peur que l'on voit encore, au milieu de Paris,
non loin des Halles centrales.

Par la fenêtre où sont gravées les armes ducales, on voit une voûte
à nervures serrées et nombreuses, partant des angles, en forme de
gerbes.

Une particularité assez piquante, au point de vue historique : au
loading ...