L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 4.1886-1887

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L'ART ORNEMENTAL.

Titus sauvant les Juifs échappés de Jérusalem.

C'est une tapisserie des Flandres du temps de Louis XIV.

toujours montant de celle des ateliers de Bruxelles, subissant en cela le
sort des produits de Valenciennes, de Lille, de Douai, de Bruges, etc.
Quelques noms de tapissiers ont pourtant surnagé. Nous dirons seulement
que Middelbourg posse'dait des métiers de tapisserie dès i5Ô2 et que Delft
compta un peu plus tard parmi les ouvriers
de ses fabriques l'habile tapissier François

Spierinck. 1 PETITE CHRONIQUE

Terre cuite de Clodion. '1 — On vient d'enlever des salles du pre-

| mier étage du Palais de l'Industrie les derniers
Clodion naquit à Nancy le 20 [décembre il ouvrages de la section de peinture qui ont
1738 et mourut en 1814. La vie de cet artiste l| figuré au Salon de 1886. Ces ouvrages, au
charmant dont on se dispute aujourd'hui les ul nombre de 167, resteront déposés provisoire-
œuvres était complètement ignorée avant les l| ment au Palais de l'Industrie; mais, au cas où
recherches si intéressantes de M. Jal. Voici 1| les artistes ne les auraient pas réclamés avant
ce qu'en dit le sagace auteur du1 Dictionnaire l| la fin du mois, l'administration de la Société
critique de biographie et d'histoire: « Clodion !| des Artistes se verrait forcée de faire trans-
n'était pas le nom véritable de l'homme de al i ( j porter tableaux, dessins et œuvres de sculpture
talent qui a rendu célèbre ce pseudonyme : le | J%stÉ. ' i \ dans un magasin en ville, où le tout resterait
sculpteur aimé des curieux se nommait Michel "g» wSBËL fer» en consigne aux frais de leurs propriétaires,
et avait pour prénom Claude. Pourquoi Claude /il? wïïKi ^e déménagement du Salon terminé, M. Vigne-
Michel se fit-il appeler Clodion ? Probablement nKwf J^s/ ron, sous-commissaire aux Expositions des
pour un de ces motifs qui ont fait prendre à llfiflHk'HlL Beaux-Arts, a cédé son bureau à l'administra-
d'autres artistes, à des gens de lettres, à des Tglffl^TBBÉH«lfflB^. i tion de la nouvelle Exposition en voie d'orga-
comédiens, des noms ou moins communs ou W^^^ÊSBBÊLrmm^^'^Êl nisation.
moins sonores que les leurs. Peut-être aussi 1^

notre Claude s'était-il fait un nom de son iÈÈÈ0gtËÊ — Société des Artistes français va

prénom un peu altéré, mais qu'importe ! Ses apporter une très juste modification dans la

contemporains ne connurent guère bien son ÊlnÊÊwÉÊB réception et le classement des œuvres soumises

nouveau nom. Claude Michel n'était point pari- WmXLimBÊËŒÊwIL aux u>'^rcnts jurys. On s'est aperçu, dit la

sien mais lorrain : il naquit à Nancy le 20 dé- m vLj%lKËjl A Liberté, mais trop tard, d'après les livrets des

cembre 1738 et fut baptisé le même jour à lÉ^ilsF^fiâBr Salons précédents, que tels artistes ajoutaient

Saint-Roch, iils légitime de Thomas Michel, WSoSêÊ dSÊÊr ;l 'eur cnvo' l'annotation : exempt ou hors

marchand traiteur, et d'Anne Adam, son épouse. lolIBi «wL. concours, tandis qu'ils n'avaient jamais obtenu

Michel ayant grandi abandonna les fourneaux j^^Ê^^-^BÊ ^^L^ la moindre récompense. En faisant cesser de

paternels et ambitionna la gloire des arts. ^S^S^^^^^^^BSêS^L. tC'S a^us' Pas raa" L'e Placcs Pourront être

A quelle époque? Je n'ai pu l'apprendre et f fin ^^JBBjÉHSSfclfc attribuées à de plus méritants,

je ne sais pourquoi, je suis tenté de croire V/ rsSjwHS^^^SJBPl' •■^ÊÊÛ^^^':

que c'est à celle de Lambert-Sigisbert Adam. ■- 1 "^^gjÉBBSÉS" , ? "A'- — L'ordre du jour de la séance du 19 juillet

Alla-t-il à Rome ? Rien ne le prouve. Ce qui ^^^^^^j^^^^^^p^J'".^"'*""**'*'^^SiM^^*iyjE^^^^S:'^~~~ du Conseil municipal de Paris appelle la dis-

est certain, c'est qu'âgé de trente-quatre ans, ^^!^^^^^S^^^^SBSÊÊK^Sg^^^^''"^: ••• cussion du rapport de M. Dépasse sur les

en 1 773. il se présenta à l'Académie qui l'admit —À'^^S^S^Êf^1 diverses propositions relatives à la construction

au titre d'agréé et que, cette année, il produisit _ d'un monument commémoratif de la Révolu-

_ , , _ , , Chandelier italien de la fin du xvi' siècle.

au Salon du Louvre onze morceaux de sculp- tion.

ture. Il en exposa treize en 1779, entre lesquels M. le rapporteur expose que le projeta

une statue en plâtre de Montesquieu. Il ne reparut plus au Louvre qu'en
1783, puis en 1793 et en 1801, où, avec six autres ouvrages, il montra un
groupe de ronde bosse représentant une scène du déluge, composition
qui ne fut pas louée sans restriction, mais qui fut déclarée le 2 frimaire

pour but de glorifier la Révolution française comme la révolution la plus
idéale, la plus spontanée et la plus universelle qui se soit faite dans le
monde. L'orateur dit qu'il s'agit d'ériger un monument de paix, de liberté
et de raison.

an X par le critique du Moni- En conséquence, il dépose

teur, « malgré des défauts, faire ..... ^^p-^ ^^^^^^^___zzu m ~i un projet de délibération stipu-

d'autant plus d'honneur à Clo- ImPffiff^plM lant le principe de l'érection à

dion que cet artiste sexagénaire ipllzMjgM '.1 -:h Paris d'un monument commé-

n'avait rien fait encore dans l^^l^^ml&a^S '3^MBBaM—«IM moratif de la Révolution fran-

d'aussi grandes proportions ». ''^ÊBSt^ÊKBsSÊ^SÊBÊ^SÊÊi çaise et une entente avec 1 Etat

Le critique reconnaissait que '*"Tlf^jri?M pour fixer sa part contributive,
deux sujets bachiques et deux celle de la Ville et l'e m place-
petits groupes en terre cuite ' l^^^SÊKÊÊKÊm^SS^t \ •'V^*- ment du monument,
étaient «agréables et touchés "^^f^^^&twÉ Après une longue discus-
avec esprit ». Les Salons de 'S*- sion à laquelle prennent part
1806 et 1810 furent les der- „ , 7T M. Monteil qui répond à M. Ga-

" ' ,. fragment de bordure dune tapisserie de Hoi. lande du temps de L.0u1s XIV. . r- t-»

mers ou se fit voir Clodion. mard, MM. Strauss, Dépasse,

Il avait alors soixante - douze Cernesson, Viguier, Rousselle,

ans. Il mourut à la Sorbonne le 28 mars 1814.

Les œuvres de Clodion sont empreintes d'une grâce exquise et
pétillent d'esprit. Comme tous les petits maîtres du xvin° siècle, que l'école
de David affecta d'ignorer et de mépriser, il est resté longtemps dans
un oubli profond. Notre génération l'a vengé de cette injustice et tout ce
qu'il a produit est aujourd'hui fort recherché.

Stupuy, Hattat, Boué, Gaston Carie et Ernest Hamel, le conseil repousse
un projet proposé par M. Gamard et adopte le projet de la commission
amendé par M. Strauss en ce qui concerne l'article 3 :

Article premier. — Un monument commémoratif de la Révolution
française sera érigé à Paris.

Art. 2. — Des pourparlers seront engagés avec les ministres compétents
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