L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 4.1886-1887

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L'ART ORNEMENTAL.

remarquables du style byzantin, tels, par exemple, que le monastère de
San Eugenio, fondé par Warnefried, gastalde ou lieutenant du roi lombard
Luitprand. Aujourd'hui même, on peut encore voir des restes byzantins
plus ou moins bien conservés dans les églises des villages environnants :
San Antimo, Fogliano, Corsano, etc.

Puis vint le temps où, en dépit de tous les obstacles créés par le
climat, la tradition antique, le génie du peuple même, l'art gothique s'im-
planta en^Italie. L'architecture gothique en Italie diffère, on le sait, gran-

dement de sa sœur de l'autre côté des Alpes. Les maîtres italiens ne purent
jamais se résoudre à oublier entièrement les traditions nationales et
surtout à accepter le principe fondamental du gothique, qui est un élance-
ment de l'édifice vers les hauteurs célestes, tandis que l'architecture
italienne, de concert avec celle des Grecs et des Romains, a toujours
conservé la ligne horizontale comme point de départ de toute construction.
Cette différence de principe aurait pu engendrer de grandes imperfections
et des désaccords choquants, elle eût pu donner aux monuments de

l'époque un caractère hybride qui eût détruit toutes autres qualités. Il n'en
a pas été ainsi. Les dômes de Sienne, de Florence, d'Orvieto, sont de fort
belles œuvres, chez lesquelles la variété des moyens artistiques employés
à leur ornementation fait oublier facilement les défauts dont elles sont
remplies.

La plus ancienne partie du dôme de Sienne paraît dater du xnc siècle.
Mais déjà, vers la première moitié du siècle suivant, sa capacité était
devenue insuffisante, eu égard au nombre croissant des habitants. On
décida de l'agrandir. Vers i25g, selon Vasari et Milanesi, on avait terminé
le chœur; puis on éleva la coupole, et on acheva la décoration de l'inté-

rieur. En 1284, la commune de Sienne prit à son service le célèbre archi-
tecte et sculpteur Giovanni Pisano, fils de Nicolà Pisano, qui aurait
travaillé au dôme, avec quelques interruptions, jusqu'en 1299, et auquel
Vasari et quelques biographes italiens attribuent le dessin de la façade,
qui, d'ailleurs, ne fut terminée qu'en 1372. Vers i33o, le gouvernement
siennois conçut le plan d'un agrandissement gigantesque du dôme, auquel
le bâtiment existant alors aurait servi de nef transversale et qui serait
devenu la plus grande œuvre gothique du monde entier. Mais on ne fit
qu'entreprendre les travaux. L'architecte Lando mourut d'une fièvre per-
nicieuse, et les symptômes les plus alarmants se manifestèrent relativement
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