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Artaud de Montor, Alexis François; Gigault de LaSalle, Achille Etienne
Italie — Paris, 1835

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https://doi.org/10.11588/diglit.10180#0533
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SICILE.

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efficaces pour assurer son autorité.
Plusieurs citoyens distingués devinrent
ses victimes ;' la clameur publique ef-
fraya le tyran ; il prit des étrangers à
sa solde ; mais Syracuse avait horreur
de son joug. Le peuple courut aux ar-
P-ies et choisit des généraux. Thrasy-
bule, de son côté, fit venir des trou-
pes de Catane et se retrancha dans l'île
Ç'Ortygie et dans le quartier d'Achra-
dine. Les insurgés se fortifièrent dans
Tyché, qui touchait aux précédents.
On voit que les trois principaux quar-
tiers de Syracuse existaient dès cette
époque. Les Syracusains , trop faibles
Pour lutter contre les troupes réglées
de Thrasybule, demandèrent des se-
cours aux habitants d'Agrigente , de
Sélinunte et d'Himère, qui leur en
accordèrent. Alors le succès ne fut
Plus douteux. Thrasybule, défait dans
deux combats sanglants, l'un sur mer
et l'autre livré sous les murs de Sy-
racuse , consentit à abdiquer et se re-
tira à Locres ; Syracuse signala sa dé-
livrance par des fêtes pompeuses.

REPUBLIQUES SICILIENNES.

L'exemple de Syracuse fut suivi par
'a plupart des villes siciliennes, qui se-
couèrent le joug des chefs auxquels
elles obéissaient. Bientôt, comme
dans toutes les révolutions , les vieil-
les haines se réveillèrent, une réac-
tion terrible atteignit les étrangers
que Hiéron avait appelés en Sicile, et
pour lesquels il avait dépouillé tant
de Siciliens et d'anciens colons. Mais
a leur tour, les peuplades originaires
de la Sicile, les Sieules, que"les co-
lonies grecques avaient repoussés dans
les montagnes, crurent aussi que l'in-
stant de rentrer dans leurs droits était
venu. Deucetas, un chef audacieux,
se mit à leur tête , il s'assura de plu-
sieurs villes, qu'il fortifia. Les Agrigen-
tins et les Siciliens s'alarmèrent de ses
Progrès, s'unirent pour attaquer ce dan-
gereux voisin; ils essuyèrent plusieurs
défaites, mais enfin Deucetas fut vain-
I ÇU; harcelé, poursuivi, sans ressource,
d vint se réfugier dans un temple de
Syracuse. La sainteté de cet asile fut

3" Livraison. (Sicile.)

respectée; les Syracusains l'exilèrent
à Gorinthë, d'où il s'échappa pour ve-
nir fomenter de nouveaux troubles en
Sicile ; mais la mort mit lin à ses pro-
jets.

La liberté dont jouissaient les vil-
les siciliennes fut favorable à leur ri-
chesse , à leur population, à leur in-
dustrie; mais elle fut quelquefois dan-
gereuse pour la tranquillité publique ;
des citoyens ambitieux ourdirent des
complots; des villes voisines se brouil-
lèrent , tournèrent leurs armes les
unes contre les autres, sans que ces
discordes obscures aient présenté au-
cun intérêt historique, ni causé de
changement notable dans la situation
de la Sicile pendant une période de 50
ans. Ce fut dans cet intervalle que fut
introduite à Syracuse la loi du péta-
lisme, imitée de l'ostracisme des
Athéniens. Elle avait pour but d'ar-
rêter l'ambition des citoyens que leurs
richesses, leurs talents, ou même
leurs services, mettraient à même
d'asservir leur patrie. Au moindre
soupçon élevé contre un de ces hom-
mes puissants, chaque Syracusain écri-
vait le nom suspect sur une feuille
préparée pour cet usage, et l'exil, pro-
noncé pour cinq ans , arrêtait les pro-
jets ambitieux et calmait l'inquiétude
publique. Comme cette loi servit aussi
la haine et l'injustice, elle fut bien-
tôt abandonnée.

La puissance de Syracuse commen-
çait à exciter la jalousie et la crainte
des autres villes siciliennes dont elle
menaçait l'indépendance et sur les-
quelles elle exerçait souvent un patro-
nage presque tyrannique. Léontium,
l'une des plus voisines et la plus ex-
posée aux exigences des Syracusains,
ne se sentant pas assez forte pour leur
résister, réclama le secours des Athé-
niens. Ces derniers convoitaient de-
puis long-temps la possession de la
Sicile. Ils se hâtèrent d'envoyer une
Hotte et une armée au secours des
Léontins. La guerre n'avait point en-
core de résultat, lorsque les villes si-
ciliennes s'alarmèrent de la présence
d'étrangers aussi puissants, et se ren-
dirent médiatrices entre Syracuse et

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