Philostratus, Flavius [Hrsg.]; Philostratus <Iunior> [Hrsg.]; Callistratus <Sophista> [Hrsg.]; Vigenère, Blaise de [Übers.]; Artus, Thomas [Übers.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara Nr. 1933-2]

Seite: 908
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poS L A STATVE

c E s TE narrationnc s’esloigne guercsde ce que Pausanias enses Corinthiaques met, que
Nicao-ore mere d’Agahcles,&femmed’Echetion, apportad’Epidaure Esculape auecsoy en la
villedeSicyone dont elleestoitnatifue,enforme d’vngrand serpentenvie dans vne littiere
attelléededcuxmulets. II mesemble aussiauoirleuquelquepart , que ce serpent auoit esté
iadis nourry d’Esculape5ieune encore,au mont Pelion, & peu à peu appriuoisé , comme nous
verrons cy apres és Heroïques , de celuy qui suiuoit par tout Aiax Locrien comme vn
bracque: mais cestui-cy d’Esculape estoit de couleur noire, & Ie ventre verdastre, auec triplcs
dents, neantmoins petites à guise presque de cclles d’vn rat, si qu’elles ne pouuoient pas faire
beaucoup d’osfence : gras aureste dessus la teste,& vers lessourcils,d’où luy pendoient de gros-
ses peauxsoubs la gorge en façon de barbe,de couleur liuide & plombasse,approchant de cellc
delapocheousachetdufiel. Finablcment quant à ce qu’on pcut allegoriser en cét endroit,
Macrobe liurepremierdes Saturn.chapitrevingt, dit qu’aux Images d’Esculape oude la Santé
on approprioit vn serpcnt,qu’on attribuë à la nature du Soleil, & de la Lune, à cause dc leurs
coursqu’ilsparfontobliquementenrond commeles serpents : & qu’Esculape est l’eflicace ÔC
vertu salubreprouenantdelasubstanceduSoleilpour subucnir aux esprits, & aux corps des
hommesmortels:& lasantéestl’vndesefFeds delanature Lunaire,doncles membres des ani-
maux viennent à cstre renforcez d’vn salutaire temperament icy bas. Parquoy on applique
communementà leurs imagesdeseffigiesdeserpents,pour-autant qu’ils sont&la cause&le
moyen que les corps humains,comme s’ils se despoüilloient d’vnc peau d’infirmité & de mala-
diejretournentàleurpremiereconualcscence & vigueur,de la mesme sorce quc les serpents
se renouuellent par chacun an,lcur vieillcsse despoüillée & mise bas. Apollodore au liure des
Dieux, met qu’Esculape preside aufîi aux deuinements & predidions, pource qu’il faut que le
Medecin selon Hîppocrate en son trai&é du Prognostic, sçache rendre compte de ses mala-
des,ce que c’est de leurs maladies,& ce qui en a esté,& sera, ainfî qu’Homere au premier de 1*1-
liadc dit du diuin Calchas, oçüJb tx r’ tovSt, tot ‘zspor 'zovQl , qtufunt ,quœ suerint > &qu&

rventura trahuntur> a rcndu de mot à mot Virgile. Tellement que cét art est fort difficile, comme
le tesmoigne le mesme Hippocrate à l’entréc de ses Aphorismes: ce qui est denoté par le baston
noüeuds qu'Esculapetienten sa main. Les chiensqu’on entretenoit ordinàîrement dansson
temple, monstrent qu’il auoit esté alaidcd’vne chienne, & ce que ces tcmples sont par touc
horsdes villes&en lieu haut,est àcausc que les anciens selon Plutarque en la^. qucstion
Romaine,reputoientla'demcure des champs estrepluslàine quecelledcs villes : àproposde-
quoy Plineliurez^.chapitre premicr. Non remantiquidamnabant>sidartcm ( parlant de laMede-
cine) maxime •vero qtuftumejse tmmampreûo viu recufàbant, ideo tcmplum Aefculapÿ, etiam cum recipe-
returIsDetcs> extra vrbem fecisfe >iterimquein infulatradumur. Et ce cn memoire que le serpenc
estoit desccndu en ceste Isse.

No v s croyons bicn quelafameufebarqueArgostttparticipantede voïx,&cdïiowtceîaaestedefîacy-
deuant vuidésur le tableau de Glaucus.Suitpuis apres vn autrepoind,duquel puis que nous v
sommesrencontrezicyàpropos, iln’y aura point demal detoucher quelquechofeyNousne
croy&nsyas quelimagea iaquclle Bfculape a conftgnédefigrandes vertus, &c. A sçauoir de l’cfficace &
facuîte qui peutcstre és choses inanimées & mortes dc soy,ie ne parle pas desproprietezoccul-
tes comme és mcdicamens,& en i'aymant plus admirablement qu’en nulle autre chose tanten-
uers le fer que le pol artique,ains comme en des images faites de bois, pierre, ou metal, soubs
certaines constellationsappliquéeS à des charaderes,auec des exorcismes,encensemens,Tacri-
fices,&sembIablessuperstitieusesceremonies,dcpendantestoutesdelaMagie.Quantauxima-
ges de nosSain£ts,& à leurs reliqucs,c’est vn cas à part,& quidepend immediatcmentdelagra-
ce qu’il a pleu à Dieu leur impartir,comme on void que lanature met de plus fortes facultez&
vertus en dessimplesque non pas end’autres:&qu’ellesy demeurentimprimées bienlonguc-
ment apres leur mort,c’est à dire apres leur arrachement de la terre dont iîs prenoientleurestre
& maintenement.Orlapluspartdes Philosophes,&mesmementles Platoniciens conuiennent
en cecy,que les choseS infcrieures de cc monde elementaire correspondent parcertaineAnalo-
gie aux celestes, & quc tout ce qui se fait icy bas, comme le specifie Auiccnne, il faut premie-
rement qu’il ait esté comme esbauché, voire preformé és mouucmens & conceptions des astres,
ôc deleursSpheres.-àquoy lesCabalistes quiles ontsurmontezcn cas despeculationsmentales,
ontpasseoutre, queletoutcorrespond demesmeau monde intelligible, où sont les Idées de
touteslesformesdumondesensibIe,auquelellesse deriuent & attirentdelà ainfî quepar des
canauxqu’on fcroitvenir dc fortloin d’vneviuesourcesoubs terrepouren arrouser vniardin:
& ce par Ie moyen des dix Sephirots qui procedent tous de la source de la diuine cssence., quc
Rabbi Eliezer& lesautresDodeursHebrieux appellent le throsne de la gloire de Dieu,lequel
parl’entre-moyende ses Anges,&desCieux,& des Estoilles, espandtoutesles vertusicy bas
qu’on peut voir és trois genres des indiuidus animaux, vcgetaux, mineraux : &non seulcment
cs choses procrcées de lanature, mais encore en ccllcs qui sont sai&es par artifiçe, pourueu

qu’on
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