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%S CEREMONIES, MŒURS ET COUTUMES
décrire ici les Cérémonies & Coutumes Religicuses, après avoir exposé en peu de mots
l'Etat présent des Eglises qui suivent le Rit Grec, & donné une idée générale de leur
Croïance.

CHAPITRE PREMIER.
Histoire du Schisme des Grecs.
NOtre dessein n'est point de nous engager ici dans ces vastes champs de controver*
ses, où chaque parti trouve ordinairement de quoi nourrir Tes préjugés , & satis-
faire les idées & Tes pallions. Le Lc&eur ne demande de nous qu'une Relation historique
des Dogmes des Eglises Grecques, & la deseription des pratiques, des cérémonies & des usa-
ges qui accompagnent le culte qu'on y rend à Dieu. Si cette manière d'écrire déplaît aux
Sçavans, par une {implicite qui est au dclTous de leurs lumières, elle conviendra peut-être
à ceux qui ne le sont pas. Du moins on ne pourra se plaindre, qu'on tend des pièges aux
Jtmplcs , que par de faujfes vues, ou par de faux raifonnemens on faseine les yeux de ceux
qui ne font pas en état de pénétrer dans les ténèbres de l'Antiquité ; qu'on sait illusion aux
Teuples par des exportions, ou peu sincéres , ou infultantes d'une Religion étrangère s qu'on
explique & réfute les dogmes d'autrui, sélon fes propres idées, ejr conformément aux no-
tions dans le (quelles on a été élevé; qu'enfin dans le détail dune réfutation travaillée, on
a bien moins pensé à la gloire de Dieu qu'à sa propre gloire, & à lui faire des Elus, qu'à
montrer beaucoup d'csprit &; d'adresse dans les raisonnemens dont on se sert pour apuier
ou renverser les matières controversées. On sçait allez que ces défauts ne sont que trop or-
dinaires aux Livres de controverse. Oserons-nous dire que de la manière dont nous sbm-
mes faits, ils y sont presque inévitables ? Toutes ces disputcs ne se font pas sans obstina-
tion , & conduisent ordinairement à la haine entre les difFérens partis, qui se trouvent
toujours moins raprochés à mesure qu'ils ont disputé davantage. Dc-là ces éloignemens volon-
taires & prémédités; cette aversion mutuelle des Peuples, qui se regardent, ou peu s'en
faut, les uns les autres comme des Etres d'une eipéce différente ; ces difficultés &c ces
incertitudes insuportables à ceux qui voudroient s'élever au dessus de leurs préjugés ; en
un mot cette foi chancelante, qui dans quelques-uns se termine à l'indifférence ou à l'in-
dolence, souvent aussi à l'irréligion, toujours à une opiniâtreté qui devient l'obilacle le
plus opposé à la réconciliation.
A voir du premier coup d'œil l'ancien Paganiimc, ne dira-t-on pas qu'il a été plus pa-
cifique , &C plus tolérant que la Religion Chrétienne î Les Païens s'cntrccommuniquoienc
leurs Dieux, & leurs dogmes. Il se faisoit entr'eux une espéce de commerce d'idées &r
d'opinions , qui ne les exposa jamais au danger d'être frapés par les soudres de leur Egli-
Je, ou par les Anathémes de leurs Conciles. Dans le culte qu'ils rendoient à leurs Dieux
ces Dieux si différens les uns des autres dans leurs fondions & leurs attributs, ils sem-
bloient aller d'assez bonne foi au même but, & n'excluoient des Champs Elisées que les
impies &: ceux qui renonçoient aux devoirs moraux, en s'abandonnant au crime &: au
vice. Les différentes manières de servir les Dieux n'empêchèrent jamais l'union & la fra-
ternité des Païens de différens cultes. Pourquoi faut-il, dira-t-on , que le Christianisme nous
prive d'un si noble privilège ? Je répons que bien loin de nous 1 oter, il nous le donne dans
toute son étendue. A Dieu ne plaise, qu'être Chrétien soit autre chose » qu'être humain, cha-
» ritablc &: pacifique, conformément aux régies & aux principes que la Morale de J. C.
» nous donne de l'humanité, de la charité & de la paix, à quoi la Religion ajoute la con-
.« fiance & une foi simp le, que la dignité, la vertu, 6V: la supériorité du Légissateur exi-
>, gent de nous « sans y mêler ces idées complexes- & embarrassées , ces définitions subti-
les, qui peu à peu ont multiplié les opinions, formé les scètes, & détruit quelquefois la
charité envers ceux qu'il ne plaisoit pas à Dieu d'éclairer de ses lumières. C'est à cela que
sè termine le véritable Christianisme. J. C. prêchant l'Evangile n'a demandé d'autre rai-
sonncmer.t à ses disciples, que celui qu'ils dévoient faire pour comparer sa doétrine avec
sa conduite, & la million avec les anciennes Prophéties : pour les mystéres il n'a voulu
que (a) de la docilité, parce qu'il n'y a point de proportion entre les mystéres & notre
raison. C'est en vain qu'on a cherché à les lui proportionner par de nouveaux termes &:
par des définitions recherchées, que la Théologie a reçus de siécle en siécie &: à la nais-
( a ) Vefcire ■velle qut, Mxvister optimus
Doctre non vult, trudita eft inseitia.
 
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