Barthélemy, Jean Jacques
Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (Band 1) — Paris: Ledoux, 1824

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SUR J. J. BARTHELEMY.

XV

Là, des lois de Lycurgue embrassant la défense,
Vous opposez son peuple à celui de Solon ,
Et l’œil observateur aux grâces de l’enfance
Croit voir de l’âge mur succéder la raison.
De Socrate, plus loin, l’éloquent interprète,
Xénophon , vient m’ouvrir sa modeste retraite;
Écrivain doux et pur, philosophe et soldat,
Il semble à Fénélon réunir Catinat.
Pythagore en secret m’explique son système :
De Cérès , d’Éleusis les temples sont ouverts ;
La vérité pour moi s’y montre sans emblème.
Platon, assis aux bords des mers,
Dans un style divin m’annonce un Dieu suprême.
Aristote m’appelle aux jardins d’Acadême ;
Des sciences, des arts, qui s’y donnent la main ,
Toutes les voix se font entendre ;
Révélant leurs secrets, le maître d’Alexandre
Devient celui du genre humain.
Hélas ! l’homme est trop tôt fatigué de s’instruire ,
Et qui veut l’éclairer doit surtout le séduire.
A Délos, à Tempé, guidez-moi tour à tour !
Des fêtes de l’Hymen montrez-moi le retour !
Et que, parant de fleurs la couche nuptiale,
Les filles de Corinthe, au déclin d’un beau jour,
Chantent ces doux combats, cette lutte inégale
De la pudeur et de l’amour !
Soit que vous rappelliez les jugemens coupables
Où la haine envieuse immola des héros,
Soit que vous m’attiriez dans ces cercles aimables
Où les Grecs au bon sens préféraient les bons mots ;
Je retrouve Paris , et vos crayons sincères
Dans les Athéniens me peignent les Français.
Chez nous les Anitus, comme au temps de nos pères ,
Calomniront encore avec quelques succès ;
Et la jeune Phryné , chez nos juges austères ,
Gagnerait toujours son procès.
Les Grecs nous ont transmis leurs divers caractères.
Peignez-vous leur audace et leurs grâces légères,
Je crois lire Hamilton, je crois voir Richelieu;
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