Blouet, Abel [Editor]; Ravoisié, Amable [Editor]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 2) — Paris, 1833

Page: 31
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( 3i )

ROUTE DU TEMPLE D'APOLLON A OLYMPIE.

Les nuages qui s'étaient amoncelés depuis deux jours autour de nous, quoique le temps fût fort beau
dans le bas des montagnes, nous tinrent au milieu de brouillards tellement épais et humides , qu'il nous
fut impossible de continuer notre travail; et comme la matinée du i" juin annonçait une journée sem-
blable aux précédentes, nous nous décidâmes à partir pour retourner à Olympie.

Le chemin, au nord, passe sur une crête de montagne couverte de rochers, au milieu desquels sont
quelques chênes qui ombragent ça et là le sommet du mont Cotylius. On descend ensuite vers une petite
fontaine, après laquelle il faut franchir un torrent, et puis on retrouve la route de Phigalie à
Andritzena. Après avoir remonté par une partie de cette route, que nous avons décrite plus haut, on
arrive à la ville. D'Andritzena pour rejoindre l'Alphée, près de l'embouchure du Ladon, il n'est pas
nécessaire de suivre la route de Phanarie; on peut, en continuant de se diriger au nord vers Olympie,
laisser Phanarie à gauche et traverser les vallées qui sont au-dessous, et que coupent des coteaux qui
forment les premiers échelons des hautes montagnes de PArcadie. Toute cette campagne, en partie
cultivée, est d'un aspect riant: on y rencontre des bosquets d'arbres, des fontaines, et quelques habi-
tations. Après avoir presque constamment descendu, depuis le temple jusqu'à l'Alphée, on arrive par les
coteaux qui bordent ce fleuve auprès d'un ruisseau, non loin duquel on traverse la petite rivière de Ron-
gogio; et ensuite on eu traverse une autre près de son embouchure. Après on gravit une éminence, au
haut de laquelle est un hameau en ruine, et d'où on aperçoit le village d'Agiani de l'autre côté de
l'Alphée. Nous traversâmes le fleuve, comme nous avions déjà fait quelques jours auparavant, et nous
regagnâmes Olympie par la route que nous avions suivie pour aller à Phigalie.

ROUTE PAR DISTANCES DU TEMPLE D APOLLON A OLYMPIE.

Après une montague, à 16 minutes, on descend; mauvais chemin. A 20 m. une fontaine. A 46 m. un torrent. A 16 m. on retrouve la
route de Phigalie à Andritzena. A 8 m. un torrent. A :*] m. une fontaine. A l3 m. Andritzena. A 39 minutes un hameau dans une vallée
cultivée. A 25 m. fontaine et réservoir; fragment de route pavée. A 88 m. coteaux coupés par de riches vallées. A 48 m. coteaux qui
bordent la vallée de l'Alphée. A 17 m. rivière de Rongogio. A 28 m. autre petite rivière. A 5 m. hameau ruiné sur un coteau.
A 4 heures 5y m., après avoir traversé l'Alphée, le Ladon et l'Érymanthe, on arrive à Olympie par la route décrite page ire du
deuxième volume.

Total de la route, \ 1 heures a3 minutes,



ROUTE D'OLYMPIEA AGIANI (HEROEA) PAR LALA.

La route passe au pied du mont Saturne, et se dirige au nord-est dans la vallée du Cladée. A peu de
distance on entre dans les montagnes, en remontant le cours du torrent, dans une gorge ombragée de
platanes et de buissons de lentisques. Après avoir rencontré, sur cette route montueuse, qui offre des
accidents assez pittoresques, le village de Stavro Refalo, et deux fontaines appelées Lalakivrisi, on arrive
sur un plateau où se voient quelques arbres et les ruines de Lala.

Cette ville, qui avait été fondée par une colonie albanaise, et qui était considérable lors du voyage de
M. Pouqueville, était, lorsque nous la vîmes, presque anéantie : il n'y restait plus que les ruines de
quelques châteaux. D'après l'indication des auteurs modernes, nous étions allés à Lala afin de retrouver
des fragments du temple d'Olympie, qui, suivant eux, y avaient été apportés pour bâtir. Nous retrou-
vâmes eu effet des pierres provenant de cet édifice, mais, ayant été réduites en moellons, elles n'avaient
plus aucune forme architecturale.

L'air de Lala passe pour être le meilleur de la Morée. Au rapport des habitants, c'est dans cet endroit
que s'est livré le premier combat de la révolution grecque ; 6000 Turcs y ont été défaits par 400 Grecs.
En sortant de la ville, la route continue à travers une plaine que couvrent d'épaisses fougères et quelques
chênes, jusqu'à un défilé où l'on descend en côtoyant le lit d'une petite rivière; on se trouve alors dans une
gorge bordée de rochers et couverte de platanes énormes, ombragés par une forêt de chênes verts. Cet

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