(63 )
et qu'à notre grand étonnement nous avons presque toujours rencontré de nombreux témoins de son ancienne
existence.
Il ne faut cependant pas croire que l'on retrouve sur l'emplacement de Sparte, ainsi qu'on le voit à Athènes et dans
d'autres lieux de la Grèce, des ruines présentant des élévations riches et imposantes; au contraire, rien ne sort de
terre, à quelques exceptions près pourtant, et celles qui ont maintenant le plus d'importance comme aspect, appartenaient
à une époque qui les a vu construire avec d'autres ruines plus précieuses sous le rapport du goût et de l'art. Il est donc
facile à un œil exercé de reconnaître par un examen attentif des lieux et des divers débris qu'on y retrouve, les
différentes existences de Sparte.
Un théâtre, des restes d'un style pur et sévère faisaient partie de la Sparte antique avant l'occupation romaine,
qui elle-même a laissé des preuves de son passage dans des fragments de sculpture appartenant à des temples, dans
des inscriptions, aussi bien que dans ces grandes ruines en briques qui couvrent une étendue de terrain considérable.
La Sparte du moyen âge est incontestablement indiquée par ces nombreuses églises grecques et vénitiennes, et par
ces restes de monuments qui n'ont de remarquable que le peu de soin qu'on a mis dans leur exécution, ce qui forme un
contraste si choquant lorsqu'on les compare aux constructions des deux époques qui ont précédé cette dernière.
Avant de passer à la description des lieux indiqués sur le plan général ( voir planche 46 ), nous citerons sommairement
les différents monuments dont parle Pausanias, et nous tâcherons, d'après la description qu'il en donne, de reconnaître
plusieurs d'entre eux quand il sera question des ruines que nous avons mesurées et dessinées avec le plus grand soin. La
place publique où se tient le sénat, dit cet auteur, est ornée par le portique des Perses, avec les statues en marbre
blanc de tous les chefs de l'armée des Barbares, et par deux temples, l'un consacré à César, l'autre à Auguste. On y voit
encore la statue d'Apollon Pythius, celle de Diane et celle de Latone. L'endroit où sont ces statues est une enceinte
qu'ils appellent Chœur, parce que toute la jeunesse de Sparte va là et forme des chœurs de musique en l'honneur
d'Apollon. Auprès, sont plusieurs temples, l'un consacré à la Terre, l'autre à Jupiter Agoréas, un autre à Minerve
Agoréa, et un quatrième à Neptune Asphalius. Apollon et Junon ont aussi chacun le leur. Une grande statue représente
le peuple de Sparte; un peu plus bas sont le temple des Parques, et tout auprès, le tombeau d'Oreste, ainsi que ces
salles où les Lacédémoniens prenaient ces repas publics appelés Phiditia.
Au sortir de la place, en prenant par la rue des Barrières, on trouve le Boonete, ou maison du roi Polydore, et le
temple de Minerve Celeuthéa : au bout de la rue des Barrières, une sépulture de héros, entre autres celle d'Jops et
Lelex; assez près de là, le temple de Neptune Ténarius. Du même côté, la place Hellénie; auprès, le tombeau de
Talthybius, un autel dédié à Apollon Acritas, un temple de la Terre Gosepton, celui d'Apollon Maléates, et un autre
d'Arsinoé.
Quand on a passé la rue des Barrières, tout contre les murs de la ville, on remarque une chapelle dédiée à Dictynna,
et les tombeaux des rois Eurypontides.
Du côté des remparts, on trouve le temple de Diane, et, un peu plus loin, la sépulture des devins appelés Jamides.
Maron et Alphée ont aussi là leurs temples, et auprès est celui de Jupiter Tropéus. Le temple de la mère des dieux,
les monuments héroïques d'Hippolyte et d'Aulon sont à côté de ce dernier.
La grande place de Sparte a encore une autre issue, et de ce côté-là se trouve le Socias, édifice où les habitants vont
prendre le frais; une rotonde où l'on voit la statue de Jupiter Olympien et celle de Vénus Olympienne, ensuite le
tombeau de Cynortas, celui de Castor avec son temple, celui de Proserpine conservatrice, celui d'Apollon Carnéus;
les portiques de figures carrées, trois autels dédiés à Jupiter Ambulius, à Minerve Ambulia et aux Dioscures. Vis-à-vis
est l'éminence appelée Colona, où il y a un temple à Bacchus Colonate, et non loin delà, celui de Jupiter Eranemus,
le monument héroïque de Pleuron, et auprès, sur une colline, le temple de Junon Argiva.
Après être sorti de la place, au couchant, est le cénotaphe de Brasidas, et ensuite le théâtre, bâti en marbre blanc;
vis-à-vis, le tombeau du roi Pausanias, et auprès, celui de Léonidas.
Il y a un quartier de la ville, nommé Tkéomelide, où sont les tombeaux des rois Agides; auprès on voit le Lesché
portique où les Crotanes s'assemblaient, ensuite le temple d'Esculape Enopadon, le tombeau de Ténarus, le temple de
Neptune Hippocurius, celui de Diane Eginéa et celui de Diane Issoria, le temple de Sérapis, et un autre de Jupiter
Olympien. En cet endroit se trouvent le Dromos et ses deux Gymnases, la maison de Ménélas, les temples des Dioscures
des Grâces, de Lucine et de Diane Hégémaque. A droite du Dromos, le temple d'Esculape Agnitas, le trophée de Pollux
les statues des Dioscures, etc. Plus loin, le Plataniste : on y passe sur deux ponts; à l'entrée de l'un, il y a une statue
d'Hercule, et à l'entrée de l'autre, celle de Lycurgue.
Le collège est hors de la ville et près du quartier appelé Thérapné; près du Plataniste, sont le monument héroïque
de Cynisca, un portique derrière lequel se trouvent d'autres monuments héroïques, le temple d'Hélène celui d'Hercule
situé tout auprès des murs de la ville.
En sortant du Dromos du côté de l'orient, est le temple de Minerve Axiopœnas; ensuite on voit celui d'Hippo-
sthène.
Un autre Lesché se trouve encore à Sparte, on le nomme Pcecile; auprès, plusieurs monuments héroïques.
En reprenant le chemin du théâtre, on voit le temple de Neptune Généthlius et les deux monuments héroïques de
Cléodée et d'OEbalus. Esculape a aussi plusieurs temples à Sparte; mais le plus célèbre est celui qui est auprès du
Boonete, et à la droite duquel est le monument héroïque de Téléclus.
Plus avant sur une petite colline, on voit le temple de Vénus dans lequel est une statue de la déesse armée- c'est
un temple singulier par sa forme et le seul que Pausanias ait vu bâti de cette manière, car, à proprement parler ce
sont deux temples l'un sur l'autre; celui de dessus est dédié à Mospho, qui est un surnom de Vénus. Le temple le plus
proche de ce dernier est celui d'Hilaire et de Phœbé. " "
32
et qu'à notre grand étonnement nous avons presque toujours rencontré de nombreux témoins de son ancienne
existence.
Il ne faut cependant pas croire que l'on retrouve sur l'emplacement de Sparte, ainsi qu'on le voit à Athènes et dans
d'autres lieux de la Grèce, des ruines présentant des élévations riches et imposantes; au contraire, rien ne sort de
terre, à quelques exceptions près pourtant, et celles qui ont maintenant le plus d'importance comme aspect, appartenaient
à une époque qui les a vu construire avec d'autres ruines plus précieuses sous le rapport du goût et de l'art. Il est donc
facile à un œil exercé de reconnaître par un examen attentif des lieux et des divers débris qu'on y retrouve, les
différentes existences de Sparte.
Un théâtre, des restes d'un style pur et sévère faisaient partie de la Sparte antique avant l'occupation romaine,
qui elle-même a laissé des preuves de son passage dans des fragments de sculpture appartenant à des temples, dans
des inscriptions, aussi bien que dans ces grandes ruines en briques qui couvrent une étendue de terrain considérable.
La Sparte du moyen âge est incontestablement indiquée par ces nombreuses églises grecques et vénitiennes, et par
ces restes de monuments qui n'ont de remarquable que le peu de soin qu'on a mis dans leur exécution, ce qui forme un
contraste si choquant lorsqu'on les compare aux constructions des deux époques qui ont précédé cette dernière.
Avant de passer à la description des lieux indiqués sur le plan général ( voir planche 46 ), nous citerons sommairement
les différents monuments dont parle Pausanias, et nous tâcherons, d'après la description qu'il en donne, de reconnaître
plusieurs d'entre eux quand il sera question des ruines que nous avons mesurées et dessinées avec le plus grand soin. La
place publique où se tient le sénat, dit cet auteur, est ornée par le portique des Perses, avec les statues en marbre
blanc de tous les chefs de l'armée des Barbares, et par deux temples, l'un consacré à César, l'autre à Auguste. On y voit
encore la statue d'Apollon Pythius, celle de Diane et celle de Latone. L'endroit où sont ces statues est une enceinte
qu'ils appellent Chœur, parce que toute la jeunesse de Sparte va là et forme des chœurs de musique en l'honneur
d'Apollon. Auprès, sont plusieurs temples, l'un consacré à la Terre, l'autre à Jupiter Agoréas, un autre à Minerve
Agoréa, et un quatrième à Neptune Asphalius. Apollon et Junon ont aussi chacun le leur. Une grande statue représente
le peuple de Sparte; un peu plus bas sont le temple des Parques, et tout auprès, le tombeau d'Oreste, ainsi que ces
salles où les Lacédémoniens prenaient ces repas publics appelés Phiditia.
Au sortir de la place, en prenant par la rue des Barrières, on trouve le Boonete, ou maison du roi Polydore, et le
temple de Minerve Celeuthéa : au bout de la rue des Barrières, une sépulture de héros, entre autres celle d'Jops et
Lelex; assez près de là, le temple de Neptune Ténarius. Du même côté, la place Hellénie; auprès, le tombeau de
Talthybius, un autel dédié à Apollon Acritas, un temple de la Terre Gosepton, celui d'Apollon Maléates, et un autre
d'Arsinoé.
Quand on a passé la rue des Barrières, tout contre les murs de la ville, on remarque une chapelle dédiée à Dictynna,
et les tombeaux des rois Eurypontides.
Du côté des remparts, on trouve le temple de Diane, et, un peu plus loin, la sépulture des devins appelés Jamides.
Maron et Alphée ont aussi là leurs temples, et auprès est celui de Jupiter Tropéus. Le temple de la mère des dieux,
les monuments héroïques d'Hippolyte et d'Aulon sont à côté de ce dernier.
La grande place de Sparte a encore une autre issue, et de ce côté-là se trouve le Socias, édifice où les habitants vont
prendre le frais; une rotonde où l'on voit la statue de Jupiter Olympien et celle de Vénus Olympienne, ensuite le
tombeau de Cynortas, celui de Castor avec son temple, celui de Proserpine conservatrice, celui d'Apollon Carnéus;
les portiques de figures carrées, trois autels dédiés à Jupiter Ambulius, à Minerve Ambulia et aux Dioscures. Vis-à-vis
est l'éminence appelée Colona, où il y a un temple à Bacchus Colonate, et non loin delà, celui de Jupiter Eranemus,
le monument héroïque de Pleuron, et auprès, sur une colline, le temple de Junon Argiva.
Après être sorti de la place, au couchant, est le cénotaphe de Brasidas, et ensuite le théâtre, bâti en marbre blanc;
vis-à-vis, le tombeau du roi Pausanias, et auprès, celui de Léonidas.
Il y a un quartier de la ville, nommé Tkéomelide, où sont les tombeaux des rois Agides; auprès on voit le Lesché
portique où les Crotanes s'assemblaient, ensuite le temple d'Esculape Enopadon, le tombeau de Ténarus, le temple de
Neptune Hippocurius, celui de Diane Eginéa et celui de Diane Issoria, le temple de Sérapis, et un autre de Jupiter
Olympien. En cet endroit se trouvent le Dromos et ses deux Gymnases, la maison de Ménélas, les temples des Dioscures
des Grâces, de Lucine et de Diane Hégémaque. A droite du Dromos, le temple d'Esculape Agnitas, le trophée de Pollux
les statues des Dioscures, etc. Plus loin, le Plataniste : on y passe sur deux ponts; à l'entrée de l'un, il y a une statue
d'Hercule, et à l'entrée de l'autre, celle de Lycurgue.
Le collège est hors de la ville et près du quartier appelé Thérapné; près du Plataniste, sont le monument héroïque
de Cynisca, un portique derrière lequel se trouvent d'autres monuments héroïques, le temple d'Hélène celui d'Hercule
situé tout auprès des murs de la ville.
En sortant du Dromos du côté de l'orient, est le temple de Minerve Axiopœnas; ensuite on voit celui d'Hippo-
sthène.
Un autre Lesché se trouve encore à Sparte, on le nomme Pcecile; auprès, plusieurs monuments héroïques.
En reprenant le chemin du théâtre, on voit le temple de Neptune Généthlius et les deux monuments héroïques de
Cléodée et d'OEbalus. Esculape a aussi plusieurs temples à Sparte; mais le plus célèbre est celui qui est auprès du
Boonete, et à la droite duquel est le monument héroïque de Téléclus.
Plus avant sur une petite colline, on voit le temple de Vénus dans lequel est une statue de la déesse armée- c'est
un temple singulier par sa forme et le seul que Pausanias ait vu bâti de cette manière, car, à proprement parler ce
sont deux temples l'un sur l'autre; celui de dessus est dédié à Mospho, qui est un surnom de Vénus. Le temple le plus
proche de ce dernier est celui d'Hilaire et de Phœbé. " "
32



