Blouet, Abel [Hrsg.]; Ravoisié, Amable [Hrsg.]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 3) — Paris, 1838

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DÉPART DE NAUPLIE.

Le jour même où nous nous embarquâmes à Nauplie pour nous rendre à Syra, le 7 août 1829,
le vaisseau français le Trident, commandé par le vice-amiral de Rosamel, avait fait son entrée dans
la rade de Nauplie, et avait été reçu par le vaisseau grec l'Hellas, sous les ordres de Miolis, par la
frégate française la Fleur de Lis, et par un bâtiment russe alors en station. Tous trois avaient salué
de leurs bordées l'arrivée de notre amiral.

Sortis, le soir, du port de Nauplie par un temps calme, nous fîmes très-peu de chemin pendant
la nuit, et le lendemain matin nous n'étions encore que devant l'île de Spetzia (Terapenus), dont
l'aspect est âpre et aride. La ville de Spetzia est bâtie sur le penchant de l'île, vis-à-vis de la pointe
qui forme l'extrémité de l'Argolide ; les maisons en sont bien construites et élevées de plusieurs étages.
Un petit port que nous vîmes rempli de bâtiments grecs, nous donna une idée avantageuse de
l'activité des habitants et de celle de leur commerce. Sur la partie de l'île qui domine la ville ;
nous aperçûmes un assez grand nombre de moulins à vent, construits en pierre; ils ont chacun
huit ou dix ailes. — L'île d'Hydra (Hydrea), devant laquelle nous passâmes ensuite, est de toutes les
îles environnantes celle dont la ville a le plus d'importance. Elle est bien bâtie et disposée en
amphithéâtre. Sur les hauteurs qui la dominent on remarque plusieurs couvents, et, comme à Spetzia,
une grande quantité de moulins ; mais l'aridité de toute cette île est telle qu'on a peine à concevoir
comment une ville a pu devenir florissante sur un sol aussi ingrat.

Le 9, au matin, nous étions au delà de l'île déserte de Saint-Georges, et en vue du cap Sunium,
sur lequel on aperçoit encore les ruines du temple de Minerve— Poussés ensuite par un vent assez
favorable, nous passâmes entre les îles de Zéa ( Céos ) et de Thermia ( Cythnos ), et nous allâmes
bientôt après mouiller dans le port de Syra (Syros).

SYRA (SYROS).

La ville de Syros, qu'il ne faut pas confondre avec Scyros, située près de l'île de Négrepont,
était sur le bord de la mer. Elle contribua aussi pour sa part à l'honneur de la Grèce, non-pas qu'elle
fût célèbre par sa puissance ou par son commerce, mais parce qu'elle donna le jour à Phérécyde,
un des premiers philosophes de l'antiquité.

La ville de Syra, située à l'est de l'île, occupe l'emplacement de l'ancienne Syros. Elle se distingue
en ville haute et en ville basse; la ville haute est le séjour de la bourgeoisie et des administrateurs
et la ville basse est celui des marchands. Les habitants, en grande partie, sont des réfugiés ou
des pirates5 qui furent obligés de quitter la Grèce pour se soustraire à l'oppression des Turcs; et
cette population, par son industrie et son commerce, a donné à la ville une importance qu'elle
était loin d'avoir avant les dernières guerres. Munis d'une lettre de recommandation du docteur
Bailly, nous reçûmes de M. Calergi, gouverneur de l'île, une généreuse hospitalité, et grâce aux
soins qu'il nous prodigua, nous fûmes bientôt entièrement rétablis de nos fièvres d'Argos.

Pendant sept jours que nous restâmes à Syra, nous eûmes le temps d'en visiter les environs, qui
nous parurent d'une grande stérilité. Toutes les parties de la côte qui sont exposées au vent sont
couvertes de moulins dont quelques-uns tournent horizontalement. Sur le bord de la mer, à l'extrémité
de la ville, est un petit lazaret que les nombreuses relations de Syra avec tous les ports de l'Orient
ont rendu nécessaire. Dans le haut de la ville, une église neuve, ornée dans l'intérieur d'arcades
soutenues par des colonnes de marbre, se fait encore remarquer par sa richesse et par des peintures
grecques d'un assez bon style. Au dehors est une vasque moderne en marbre, sur le pied de laquelle
on lit une inscription grecque. Cette vasque a été taillée dans un bloc venant probablement d'un
monument ancien. On voit aussi dans la partie basse de la ville, près du port, un autel antique en
marbre, lequel sans doute a été apporté de Délos. {Voy. pi. i5, fig. I.)

La ville haute est construite sur une montagne conique et entièrement isolée. On n'y arrive que par
une pente rapide et difficile à gravir; les rues en sont fort étroites et fort sales. A la cime est une petite
église catholique grecque avec une terrasse, d'où l'on découvre une partie des îles environnantes,
ce qui forme un coup d'oeil admirable. Sur le mur de la terrasse on remarque un bas-relief représentant
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