Blouet, Abel [Editor]; Ravoisié, Amable [Editor]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 3) — Paris, 1838

Page: 33
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Après un long séjour fait à Égine et consacré aux travaux considérables que nous y avions exécutés,
nous partîmes de cette ville pour retourner dans le Péloponèse. Nous étant donc embarqués au port
d'Ëgine nous fîmes voile vers Epidaure où nous débarquâmes. Lorsque nous eûmes visité cette dernière
ville , nous gagnâmes Nauplie, et de là Argos, pour nous rendre à Mycènes '.

ROUTE DE MYCÈNES A NEMÉE.

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»

Ayant quitté cette ville, en descendant vers le N.-O., nous arrivâmes dans une plaine arrosée par une
petite rivière dont nous suivîmes à intervalle les détours, et qu'il fallut traverser plusieurs fois. Lorsque
nous vînmes à nous éloigner de ses bords, laissant vers le N.-E. la route de Corinthe, nos regards se por-
tèrent sur des montagnes couvertes de buissons : sur la cime de l'une d'elles et vers le N.-O., nous aper-
çûmes une grotte à laquelle nous nous rendîmes; elle nous parut devoir être l'antique repaire du lion de
Némée, à en juger par l'espace parcouru pour aller de la grotte au temple, lequel coïncide avec le
nombre de stades que, d'après Pausanias, on comptait entre le temple et ce lieu célèbre dans la Fable.

En descendant de la montagne, on aperçoit les ruines du temple de Némée. Il était bâti au milieu
d'une plaine peu étendue, entourée de montagnes de médiocre élévation, et couverte de houx : la plus
haute vers l'extrémité N.-E. de la plaine est couronnée par un rocher qui a l'aspect d'une forteresse.
A gauche, près de la route, on voit les ruines d'une chapelle construite avec les fragments d'un monu-
ment antique, dont la proportion est trop petite pour faire supposer que ces débris aient pu appartenir
au temple. Il existait sans doute dans le lieu même qu'occupe la chapelle, un édifice dont les ruines ont
servi à sa construction *.

NÉMÉE.

Pausanias fait mention du temple de Jupiter Néméen, comme d'un monument digne d'être vu, quoique
de son temps déjà ce temple n'eût plus de toit, et qu'il n'y restât plus de statue. Dans le voisinage était
la fontaine Adrastée, ainsi nommée sans doute parce qu'Adraste l'avait découverte. On montrait encore
à quinze stades du temple l'antre du lion de Némée. Le mont Apesas, où Persée sacrifia pour la première
fois' à Jupiter Apesantius, dominait la ville \

Trois colonnes du temple restent encore debout : deux, appartenant au pronaos, sont surmontées de
l'architrave et de la frise dans laquelle on remarque un triglyphe. Devant les deux colonnes, il en est une
troisième faisant partie du portique d'entrée ; les autres sont renversées ainsi que les murs de la cella.
On retrouve seulement en place quelques pierres de la première assise : toutes ces pierres sont calcaires.
Les divers débris sont d'un très-beau caractère, et en y joignant les fragments de corniches, d'archi-
traves, de frises et de chapiteaux assez bien conservés et qui sont épars çà et là en fort grand nombre, il
est très-facile de rétablir l'ensemble du temple.

A l'E. de la plaine où se voient ces ruines, et au pied d'une montagne qui abritait notre campement,
est une fontaine dont l'eau est excellente. Cette fontaine ne serait-elle point celle d'Adraste dont parle
Pausanias ?



1 Voyez, pour ces routes, les pages 161, 167, i55, 147 du 2e volume.

2 Pausanias, chap. XV.

DISTANCE DE MYCENES A NEMEE.

Partis de Mycènes on trouve, à 8 m., une plaine; 12 m., une petite rivière; 68 m., un défilé; 9 m., une route portée par un mur de
soutènement; 18 m., la grotte du lion de Némée; 12m., une plaine; 3 m., on aperçoit Couzomati, village; 10 m., le temple de Némée.
Total de la distance, 2 h. 20 m.

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