Brugsch, Heinrich
Grammaire démotique: contenant les principes généraux de la langue et de l'écriture populaires des anciens Égyptiens — Berlin, 1855

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PREFACE.

En livrant à la publicité cette grammaire démotique, nous nous flattons de l'espoir que
les savants qui se vouent à l'étude spéciale de cette science difficile, voudront bien l'ho-
norer de leur attention bienveillante, et la juger avec une équitable et sérieuse impartialité.

Toute critique consciencieuse, juste et inspirée en vue du progrès de la science,
aura toujours des droits à notre gratitude, mais sans prétendre nous en faire un titre à
l'indulgence de nos lecteurs, nous croyons cependant qu'ils voudront bien prendre en
considération, que dans nos études et nos recherches, nous avons été privés du précieux
avantage cle pouvoir suivre les traces d'écrivains qui aient, avant nous, traité cette ma-
tière, comme par exemple leségyptologues qui, pour les hiéroglyphes, n'ont qu'à suivre
les préceptes de notre maître à tous, Champollion le jeune.

Ainsi malgré toute la modestie que nous impose notre faible talent, nous osons re-
vendiquer ici le mérite d'avoir, le premier, abordé le vaste champ de la littérature dé-
motique, en ajoutant que toutes les découvertes que nous y avons faites, ont été par
nous commentées, étudiées, comparées et classées avec un soin religieux dans notre
ouvrage.

Quant à l'histoire de cet ouvrage, en voici le résumé succinct.

Ce fut après avoir publié, en 1848, un précis sous le titre de : Scriptura Aegyptiorum
demotica ex papyris et inscriptionibus explanata, que l'année suivante, nous traçâmes les pre-
mières esquisses de notre grammaire démotique. Grâce à la munificence toute royale
de S. M. Frédéric Guillaume IV, roi cle Prusse, il nous fut possible cle visiter et d'étu-
dier les monuments de la langue démotique existant dans tous les musées cle l'Europe.
Au retour de ces pérégrinations scientifiques, nous mîmes la dernière main à notre ouvrage,
avant de le confier à l'impression.

Nous avons eu le bonheur cle rencontrer dans les directeurs cle la librairie Dùmmler,
MM. les Dr. Harrwitz & Gossmann, deux hommes pénétrés des services qu'un tel travail
pouvait rendre au monde savant, et disposés à se charger de la grande et difficulteuse
entreprise de son impression, bien moins par un sentiment d'intérêt mercantile, que par
un louable dévouement aux progrès et à l'honneur des sciences.

Déjà vers la fin cle 1852, les quatre premières feuilles cle cet ouvrage étaient sorties
de la presse, lorsque S. M. le Roi de Prusse, dont la protection éclairée ne fait jamais
défaut aux besoins des belles lettres et des sciences, daigna nous confier une mission scien-
tifique en Egypte.

Le grand nombre de stèles et d'inscriptions démotiques que le zèle infatigable du
savant archéologue français, M. Mariette, avait rendues à la lumière clans les ruines du
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