Brugsch, Heinrich
Grammaire démotique: contenant les principes généraux de la langue et de l'écriture populaires des anciens Égyptiens — Berlin, 1855

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GRAMMAIRE DÉMOTIQUE, CHAP. II.

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CHAPITRE DEUXIEME.

30. En poursuivant notre but proposé de donner un aperçu détaillé de l'écriture démotique
nous commencerons la partie phonétique par une représentation des signes phonétiques, qui se
divisent:

a) en signes purement phonétiques ou alphabétiques,

b) en signes syllabiques.

Des signes phonétiques de l'alphabet démotique.

31. Je donne dans le tableau suivant la série des signes alphabétiques de l'écriture popu-
laire des Egyptiens, d'après les formes les plus régulières sous lesquelles ils se présentent dans les
différents textes démotiques. Comme il est important de connaître aussi les variantes de ces formes
normales, j'ai réuni celles-ci dans le tableau comparatif des trois écritures égyptiennes à la fin de
cette grammaire. Dans la série des signes alphabétiques, on en verra plusieurs servant à former
une seule articulation; cependant cette particularité est due au système des hiéroglyphes qui, le
premier, a introduit cette variété dans l'écriture. Je présume que l'invention de plusieurs signes
graphiques pour un seul son, repose sur la nécessité d'avoir dans l'arrangement pittoresque des
groupes, quelques signes de la même valeur qui pouvaient remplir, à volonté, l'espace vide d'un
groupe, à qui l'on choisissait un signe tantôt debout, tantôt couché, pour satisfaire à l'arrangement
général. Cependant en démotique, ce choix de signes n'était pas tout-à-fait laissé à l'arbitraire; il
était réglé par l'ancien usus qui provenait à son tour du caractère hiératique. On voit de nouveau
par cette difficulté, que l'écriture démotique devait être étudiée par les jeunes hommes, comme
St. Clément nous l'assure, pour pouvoir connaître précisément quel signe il était convenable d'em-
ployer, et de quels caractères un certain groupe se composait, d'après l'analogie de l'écriture hié-
ratique et hiéroglyphique.

32. Ce tableau contient d'abord les signes démotiques, puis leur prononciation. Quant à
ce qui concerne cette dernière, je dois me borner à une remarque qui a rapport à la transcription
donnée par moi dans la suite de cet ouvrage. Dans ma dissertation sur la nature de la langue
démotique des anciens Egyptiens, en différant des opinions d'autres savants sur ce point, j'ai cherché
à prouver que la lettre o_ ne se prononçait pas P, mais B, ^_ comme D, et <s comme S. Ce-
pendant pour ne pas blesser les yeux des lecteurs trop accoutumés à reconnaître dans les signes
«_, .£_ les transcriptions répondantes au copte n et t, je me suis décidé à conserver la manière la
plus usitée, et seulement à transcrire la lettre i— par P, ^_ par T; quant à <a, j'y reconnais main-
tenant l'articulation Ch (=#). Dans les deux dernières, colonnes j'ai disposé en parallèle les lettres
de l'alphabet grec et copte qui dans les mots transcrits ou répondants sont les équivalents du dé-
motique. J'ajoute encore la remarque que les signes munis d'un astérisque doivent être regardés
comme antiques, tandis que ceux notés de deux astérisques, se rapportent au papyrus gnostique
si curieux conservé au musée égyptien de Leide. L'alphabet du papyrus datant du temps des Psam-
métiques, qui ne diffère presque en rien de la série purement phonétique de l'écriture hiératique,
est reproduit sur le grand tableau synoptique à la fin de cette grammaire.
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